Des familles iraniennes ont procédé mardi dans la ville de Minab aux funérailles des victimes d’une frappe sur une école que l’Iran accuse Israël et les États-Unis d’avoir commise, ont rapporté les médias d’État iraniens.
Ni les États-Unis ni Israël n’ont admis avoir commis une telle frappe, et le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est contenté de dire que le Pentagone menait une enquête.
Selon les autorités, l’explosion à Minab, dans le sud du pays, s’est produite au premier jour du conflit, samedi, et présente à ce jour le bilan humain le plus lourd du conflit, les autorités iraniennes parlant de 150 morts.
L’AFP n’a pas été en mesure d’accéder au site pour vérifier de manière indépendante le bilan ou les circonstances des faits.
Les médias étrangers doivent obtenir une autorisation des autorités iraniennes pour tout reportage en dehors de Téhéran.
Voici ce que l’on sait:
Ce que l’on peut vérifier
Les images filmées depuis un stationnement montrent de la fumée noire s’échappant d’un bâtiment éventré, orné de fresques représentant des crayons de couleur, des enfants et une pomme.
L’AFP a géolocalisé la vidéo: le site correspond à un bâtiment à Minab, dans la province d’Hormozgan, qui semble être une école — bien qu’il ne soit pas possible d’en vérifier la nature de source indépendante.
L’AFP a établi que le bâtiment était proche de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime.
La clinique Shahid Absalan, qui se trouve sous la direction de la marine des Gardiens de la Révolution, se trouve à 238 mètres du site bombardé. Le complexe culturel Seyed al-Shohada de l’IRGC se trouve à 286 mètres.
La ville de Minab est située en un point stratégique, proche du détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus importants pour le commerce mondial des hydrocarbures.
L’AFP n’a pas pu vérifier de manière indépendante la date à laquelle les images ont été tournées.
La télévision publique iranienne et un média local ont identifié le site comme étant celui de l’école élémentaire de filles Shajare Tayyebeh, à Minab.
Ce que dit l’Iran
L’Iran a affirmé que plus de 150 personnes avaient été tuées sur ce site, dans ce que le président Massoud Pezeshkian a décrit comme une frappe israélo-américaine sur une école.
Selon les médias d’État, les funérailles d’au moins 165 personnes ont eu lieu mardi en Iran, dont celles d’élèves tuées dans la frappe présumée.
La télévision a diffusé des images montrant une foule rassemblée autour de corps enveloppés dans des linceuls blancs.
D’autres images montraient des cercueils ornés de drapeaux iraniens, certains portant la photographie d’un enfant.
Une troisième séquence diffusée par les médias d’État montrait une foule importante entourant des cercueils identiques avec une inscription en persan : «Funérailles des enfants morts à Minab».
Des images aériennes montraient des excavateurs creusant au moins une centaine de tombes sur un site non précisé.
L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante la date à laquelle ces images ont été filmées, ni les géolocaliser.
Une enquête du Pentagone
«Nous tenons à préciser que les États-Unis ne viseraient jamais délibérément une école», a dit lundi Marco Rubio à la presse. «Nos objectifs sont les missiles, à la fois la capacité de les produire et la capacité de les lancer».
Il a ajouté que le Pentagone ouvrait une enquête.
Israël «pas au courant»
De son côté, l’armée israélienne a déclaré dimanche «ne pas être au courant» d’une frappe américaine ou israélienne contre une école.
«À ce stade, nous n’avons pas connaissance d’une frappe israélienne ou américaine à cet endroit (…) Nous opérons de manière extrêmement précise», a assuré le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, lors d’un point presse en réponse à des questions sur la frappe.
Organisation de défense des droits humains
L’organisation de défense des droits humains Hengaw, dont le siège est en Norvège, a annoncé enquêter sur l’identité des élèves qui auraient été tués dans ce bombardement.
Dans un communiqué, elle a expliqué que les cours du matin se déroulaient à l’école Shajare Tayyebeh au moment de l’incident et qu’environ 170 élèves auraient pu alors être présents.
Selon cette ONG, la cible des frappes était les sites des Gardiens de la Révolution voisins — une affirmation que l’AFP n’a pas été en mesure de vérifier.