L’aéroport de Najaf a annoncé vendredi la suspension de tous les vols des compagnies aériennes iraniennes, qui desservent massivement cette ville sainte irakienne, en application des nouvelles sanctions imposées par les États-Unis dans leur conflit avec Téhéran.
«Tous les vols entre l’Iran et l’aéroport de Najaf ont été arrêtés à la suite d’une directive adressée par le bureau du premier ministre au gouverneur» de la province, a déclaré à l’AFP le responsable de l’aéroport, Hussein Muhanna.
Les vols ont été suspendus jeudi à 23h GMT, a-t-il ajouté, laissant beaucoup de voyageurs en quête de solutions alternatives.
«Tous les aéroports irakiens, y compris au Kurdistan, ont appliqué l’interdiction cette semaine», a précisé une source gouvernementale à l’AFP, mais celui de Najaf, ville qui abrite un des sanctuaires chiites les plus vénérés au monde, constitue un hub majeur pour les vols iraniens.
Il est principalement utilisé par les pèlerins iraniens qui se rendent en Irak, mais est aussi fréquenté par des Irakiens allant dans des lieux saints en Iran, des étudiants suivant des cours dans ce pays ou encore des patients voulant s’y faire soigner.
Parmi ces derniers, Haidar Mansour, 50 ans, comptait se rendre en Iran ce mois-ci pour une greffe de rein après trois années de dialyse.
«Des vies sont en danger», déplore-t-il auprès de l’AFP. «Il m’est impossible de voyager par la route».
Au lieu d’un vol de quelques heures, les passagers devront entreprendre un voyage terrestre d’au moins 12 heures, selon leur destination.
De l’autre côté de la frontière, le doctorant irakien Assad Jabar est bloqué dans la ville sainte de Qom, refoulé à l’aéroport alors qu’il devait rentrer chez lui vendredi.
Les taxis et les bus pour rallier l’Irak sont déjà «bondés et les prix augmentent», relate-t-il au téléphone.
Les États-Unis ont placé sous sanctions début septembre l’ensemble du secteur aérien de l’Iran et juré d’être intraitables à l’égard des entreprises étrangères qui lui prêteraient assistance, sous peine d’être à leur tour placées sur liste noire.
Lundi, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent avait annoncé qu’elles avaient jusqu’à mercredi pour se mettre en conformité.
Plusieurs sources, dont un haut responsable gouvernemental irakien, avaient indiqué à l’AFP plus tôt cette semaine que le pays répercuterait l’interdiction américaine.
Mardi, le porte-parole de l’aviation civile iranienne avait pourtant assuré que des négociations étaient en cours pour que «les vols à destination de Bagdad puissent être redirigés vers Najaf».
L’Irak est l’une des principales destinations des compagnies aériennes iraniennes, d’autant plus que les compagnies irakiennes ont cessé de desservir l’Iran au début du conflit au Moyen-Orient, en février.
