Bombardements américains sur l’Iran, représailles de la République islamique contre des bases et des alliés des États-Unis, infrastructures touchées des deux côtés: le Moyen-Orient a continué à s’enfoncer dans le conflit dimanche, sans perspective d’issue diplomatique après l’effondrement d’un protocole d’accord.
Les États-Unis ont affirmé avoir voulu «punir» la mort de deux militaires américains et la disparition d’un troisième vendredi dans des frappes iraniennes en Jordanie, en menant une huitième nuit consécutive de frappes.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a indiqué dimanche que des restes humains non identifiés avaient été retrouvés sur les lieux de cette attaque.
Il a également annoncé la mort d’un militaire américain en Irak, lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d’un drone iranien abattu dans le nord du pays.
Ce décès porte à 17 le nombre de militaires américains tués depuis le début du conflit fin février.
De son côté, l’Iran a fait état de frappes sur la ville portuaire de Sirik, donnant sur le détroit d’Ormuz, et d’autres dans la même province méridionale d’Hormozgan.
Des frappes ont aussi visé une centrale nucléaire en construction à Darkhovin (sud-ouest), selon l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.
Défense des intérêts
Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a appelé à la «retenue militaire à proximité de tous les sites liés au nucléaire», tout en soulignant que l’attaque ne présentait pas de «risque radiologique».
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi a affirmé sur X que Téhéran allait «prendre les mesures qui s’imposent pour défendre ses intérêts nationaux et sa sécurité» après cette attaque.
Côté alliés des États-Unis, l’armée israélienne a annoncé qu’un missile visant Aqaba, port jordanien proche de la ville israélienne d’Eilat, sur la mer Rouge, avait été intercepté par les forces israéliennes et jordaniennes.
Ces dernières ont dit avoir «intercepté et abattu trois missiles iraniens» visant le royaume, un quatrième étant «tombé dans une zone désertique». Pour sa part, Amman a dit avoir convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a prévenu que son pays riposterait de «toutes (ses) forces» s’il était visé par des missiles iraniens, alors qu’Israël n’a pas été impliqué dans la reprise des hostilités, par contraste avec le début du conflit.
«Grande détermination»
«Nous sommes prêts à reprendre immédiatement le combat et agirons avec une grande détermination contre quiconque s’en prendra à nous», a renchéri le chef de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir.
Dans le Golfe, le Koweït et Bahreïn ont aussi dit avoir été visés par des attaques iraniennes dimanche.
Selon les autorités koweïtiennes, une centrale électrique et de dessalement d’eau a été frappée, provoquant un incendie.
C’est la troisième journée consécutive que de telles installations sont visées dans ce pays, les autorités ayant appelé la population à économiser l’électricité.
Les sirènes d’alerte ont aussi retenti à Bahreïn, également visé par l’Iran depuis que le protocole d’accord signé le 17 juin pour mener à la paix au Moyen-Orient a volé en éclats. Ce pays du Golfe, qui abrite la cinquième flotte de la marine américaine, a accusé Téhéran de s’en prendre à des cibles civiles.
L’Iran a évoqué des frappes sur des bases militaires utilisées par les Américains.
Les bombardements ont atteint un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin au conflit déclenché par l’offensive israélo-américaine sur l’Iran le 28 février.
Selon le gouvernement iranien, qui a aussi dénoncé des attaques contre des infrastructures civiles, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.
Incidents dans le détroit d’Ormuz
Parallèlement à ces bombardements, des incidents maritimes se succèdent dans le stratégique détroit d’Ormuz. Son déverrouillage par l’Iran était le principal acquis du protocole d’accord censé mener à la paix, mais le trafic maritime y est désormais à nouveau pratiquement à l’arrêt.
Près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures y transitait avant le conflit.
Les États-Unis ont réimposé leur blocus des ports iraniens, qu’ils avaient levé après la signature du protocole d’accord.
