Des frappes de l’armée de l’air et de l’artillerie israéliennes ont été signalées samedi près du site montagneux stratégique d’un château construit par les croisés dans le sud du Liban alors que les combats faisaient rage dans des villages proches de la ville de Nabatieh.
L’Agence nationale d’information libanaise, gérée par l’État, a fait état de frappes aériennes et de tirs d’artillerie près de la forteresse de Beaufort, construit au XIIIe siècle par les croisés, situé à environ 15 kilomètres de la frontière israélienne. Ce vieux château surplombe une grande partie du sud du Liban. Il a été occupé par les troupes israéliennes pendant 18 ans, jusqu’à leur retrait du Liban en mai 2000.
L’armée israélienne a lancé des avis d’évacuation pour plus d’une dizaine de villages du sud du Liban, au lendemain des premiers pourparlers directs entre responsables militaires libanais et israéliens depuis des décennies, qui se sont tenus au Pentagone.
La situation dans le sud du Liban a été abordée lors d’une réunion samedi entre le président et le premier ministre libanais, qui ont déclaré par la suite dans un communiqué qu’ils intensifieraient leurs contacts pour amener Israël à mettre fin à la démolition et au rasage des maisons et des sites historiques, ainsi qu’à ses avis d’évacuation.
Plus tard dans la journée de samedi, le premier ministre Nawaf Salam a profité d’un discours télévisé pour critiquer les frappes aériennes israéliennes et l’invasion du Liban. Il a accusé Israël de «mettre en œuvre une politique de destruction totale des villes et des villages» et de procéder à des déplacements massifs de population.
Il a déclaré qu’Israël tentait de «d’effacer la mémoire des lieux et l’histoire de leurs habitants», ajoutant que le gouvernement ferait tout son possible pour parvenir à un cessez-le-feu, au retrait israélien du Liban et au retour des personnes déplacées dans leurs foyers.
M. Salam a déclaré que les négociations directes ne conduiraient pas automatiquement à la fin des hostilités. Il a avancé qu’elles ne signifiaient pas pour autant une capitulation du Liban. «Elles constituent actuellement l’option la moins coûteuse.»
Une nouvelle série de pourparlers est prévue mardi à Washington.
Israël ne gagnera ni sécurité ni stabilité grâce à la «politique de la terre brûlée», a souligné M. Salam.
Les troupes israéliennes avancent depuis plusieurs jours dans des villages proches de la forteresse de Beaufort, notamment Yohmor et Zaoutar al-Charqiyé, près de la ville de Nabatieh, après avoir franchi le fleuve Litani, que l’armée israélienne utilise comme frontière de facto.
Cette incursion est la plus profonde menée par les troupes israéliennes depuis le retrait du Liban en 2000.
De vastes zones au sud sont sous contrôle militaire israélien, malgré un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 17 avril.
L’Agence nationale d’information a fait état de frappes aériennes sur différentes parties du sud du Liban, notamment dans le village d’Ansar, qui ont fait trois morts. Une frappe de drone sur une route reliant le village d’Ebba à Nabatieh a blessé deux soldats libanais, a indiqué l’armée dans un communiqué.
Le Hezbollah a déclaré que ses combattants avaient tiré des roquettes sur la plus grande ville du nord d’Israël, Kiryat Shmona, à la frontière avec le Liban. Le groupe a affirmé que son attaque était une riposte aux frappes aériennes qui ont tué des civils au Liban. Il a ensuite déclaré avoir également tiré des roquettes en direction de la ville de Safed, au nord.
La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah a débuté le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d’Israël, deux jours après l’attaque menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran.
Elle a fait 3350 morts au Liban et plus d’un million de déplacés.
