Conflit au Moyen-Orient

Des militaires libanais et israéliens à Washington, nouvelles frappes israéliennes

La réunion se tient en pleines négociations entre les États-Unis et l’Iran.

Publié le 

Des habitants inspectent un immeuble endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne survenue la veille à Choueifat, dans la Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le vendredi 29 mai 2026. Photo AP Des habitants inspectent un immeuble endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne survenue la veille à Choueifat, dans la Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le vendredi 29 mai 2026. Photo AP (Hassan Ammar/AP Photo/Hassan Ammar)

Des militaires libanais et israéliens tiennent vendredi une première réunion à Washington, au cours de laquelle Beyrouth va réclamer en priorité l’arrêt des frappes d’Israël qui s’intensifient dans le sud du pays, parallèlement à l’offensive terrestre.

La réunion se tient en pleines négociations entre les États-Unis et l’Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

L’armée israélienne a lancé vendredi un ordre d’évacuation pour sept localités, dont au moins deux situées à une quarantaine de km au nord de la frontière, provoquant un exode massif des habitants, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).

Dans le même temps, les frappes se sont poursuivies sur plusieurs localités du sud, selon l’Ani et des correspondants de l’AFP, Israël affirmant viser le Hezbollah pro-iranien.

Des proches prient devant les dépouilles de membres de leur famille tués mercredi lorsque leur voiture a été touchée par une frappe aérienne israélienne sur une autoroute alors qu'ils fuyaient leur village, lors d'un cortège funèbre dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban, le vendredi 29 mai 2026. Des proches prient devant les dépouilles de membres de leur famille tués mercredi lorsque leur voiture a été touchée par une frappe aérienne israélienne sur une autoroute alors qu'ils fuyaient leur village, lors d'un cortège funèbre dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban, le vendredi 29 mai 2026. (Mohammed Zaatari/AP Photo/Mohammed Zaatari)

La veille, des bombardements avaient visé une zone proche de la capitale libanaise, ainsi que la grande ville de Saïda et la cité millénaire de Tyr, faisant au moins 17 morts.

Les frappes israéliennes sur le sud du Liban mettent en «danger sérieux» d’importants sites archéologiques, dont les ruines de Tyr et la forteresse médiévale de Beaufort, a alerté vendredi le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé.

Depuis le début du conflit le 2 mars, les frappes ont tué au Liban 3 324 personnes et fait plus d’un million de déplacés, selon les autorités.

Sur la seule semaine écoulée, 15 enfants ont été tués et 62 blessés, d’après le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), et depuis le début le 17 avril du cessez-le-feu, ils sont 55 à avoir péri dans des bombardements.

Messages aux habitants

Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne au Liban, avertissant qu’il considérait comme une «zone de combat» le territoire au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de km de la frontière.

À Marjayoun, les habitants ont reçu des messages sur leurs téléphones jeudi soir de l’armée israélienne, leur ordonnant de rester dans le périmètre de cette ville chrétienne, alors que les troupes avancent vers le village voisin de Debbine.

Un correspondant de l’AFP a vu des chars israéliens sur la route entre Marjayoun et Debbine.

À Washington, la délégation militaire libanaise va «insister sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l’armée visant à étendre l’autorité de l’État sur le territoire libanais», a indiqué une source militaire à l’AFP.

L’Iran et les États-Unis ont établi un cadre d’accord, en attente de validation par Trump Les États-Unis et l’Iran ont établi un cadre d’accord en vue de mettre fin au conflit au Moyen-Orient, entrée dans son quatrième mois, mais qui n’a pas encore été validé par Donald Trump.

La délégation libanaise à la réunion, qui se tient au Pentagone, est dirigée par le chef des opérations au sein de l’armée, le général Georges Rizkallah, et comprend six membres de «différentes spécialités», a-t-elle précisé.

Côté israélien, le général de brigade Amichaï Levin, chef de la division stratégique au sein de la direction de la planification de l’armée, est présent à Washington pour ces pourparlers, selon un porte-parole militaire israélien.

Les deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, ont entamé en avril sous l’égide des États-Unis des négociations pour parvenir à un accord de sécurité.

Une nouvelle session est prévue les 2 et 3 juin à Washington.

Le Hezbollah est opposé à ces pourparlers et son bloc parlementaire a à nouveau appelé jeudi le Liban à se retirer des négociations, accusant Israël de vouloir «imposer une coordination sécuritaire» dirigée contre la formation pro-iranienne.