Conflit au Moyen-Orient

Le Hezbollah mène des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud du Liban

L’armée israélienne a averti mercredi soir qu’elle considérait comme une «zone de combat» toute la zone du territoire libanais située au sud du Zahrani.

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Un homme se tient sur le toit d'un bâtiment détruit, touché par une frappe aérienne israélienne dans le village de Burj al-Shemali, près de la ville portuaire de Tyr, au Liban, le mardi 26 mai 2026. Photo AP Un homme se tient sur le toit d'un bâtiment détruit, touché par une frappe aérienne israélienne dans le village de Burj al-Shemali, près de la ville portuaire de Tyr, au Liban, le mardi 26 mai 2026. Photo AP (Mohammed Zaatari/AP Photo/Mohammed Zaatari)

Israël a de nouveau frappé le Liban mercredi, dont les abords de la ville côtière méridionale de Tyr, après un appel à évacuer, le Hezbollah pro-iranien faisant lui état de combats «directs» avec l’armée israélienne dans le sud.

Malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël a annoncé lundi intensifier ses opérations au Liban, avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

L’armée israélienne a averti mercredi soir qu’elle considérait comme une «zone de combat» toute la zone du territoire libanais située au sud du Zahrani, fleuve s’écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Selon l’Agence nationale d’information ANI, média d’État, des frappes israéliennes ont été menées dans le sud et la vallée de la Bekaa, dans l’est, deux régions où l’armée israélienne a indiqué viser des «sites d’infrastructure du Hezbollah» pro-iranien, alors que de nombreux Libanais tentaient de célébrer l’Aïd al-Adha, la grande fête musulmane.

Les États-Unis annoncent avoir frappé des sites de lancement de missiles en Iran L’armée américaine a annoncé lundi avoir mené des frappes dans le sud de l’Iran, visant des sites de lancement de missiles et des navires qui tentaient de placer des mines, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans le conflit opposant les deux pays.

Des raids israéliens ont notamment touché les abords de Tyr, selon l’ANI et un correspondant de l’AFP.

L’armée israélienne avait auparavant appelé à évacuer de larges zones de cette ville, et répété pour la deuxième journée consécutive son ordre d’évacuation de Nabatiyé, grande ville méridionale.

Selon le correspondant de l’AFP, des habitants des zones menacées de Tyr ont fui vers d’autres quartiers. Les autorités ont toutefois averti que les abris étaient débordés, exhortant les déplacés à se diriger plutôt vers Beyrouth.

Mardi, les frappes israéliennes sur le sud et l’est du Liban ont fait au moins 31 morts, selon les autorités libanaises.

«Affrontements directs»

Des combattants «se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies» à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, à près de 10 km du point de la frontière israélienne le plus proche, au delà de la zone contrôlée par Israël dans le sud du Liban, a annoncé de son côté le Hezbollah.

Il a aussi revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s’infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la «ligne jaune» délimitant la bande d’une dizaine de km dont l’armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l’accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.

L’armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de la «ligne jaune».

Le Liban a été aspiré dans le conflit au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l’Iran attaqué le 28 février par les États-Unis et Israël.

Depuis, les frappes israéliennes ont tué plus de 3 200 personnes, selon les autorités libanaises, et Israël et le mouvement chiite s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, poursuivant des attaques quotidiennes.

«Étendre l’autorité de l’État»

L’armée libanaise a indiqué mercredi qu’un de ses soldats figurait parmi les personnes tuées mardi dans l’est.

À Burj al-Shemali, près de Tyr, où au moins 15 habitants ont été tués mardi selon le maire, un photographe de l’AFP a vu mercredi des secouristes extraire un corps des décombres, tandis qu’une pelleteuse dégageait des amas de gravats.

Dans l’ouest de la Bekaa, la localité de Machghara qui abritait des centaines de familles déplacées est désormais déserte après pluieurs jours de bombardements israéliens.

Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l’AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, «se transformer en arrière-front».

Le Liban s’emploie malgré tout à consolider le cessez-le-feu.

Une délégation militaire présidée par le directeur des opérations de l’armée, le général Georges Rizkallah, doit rencontrer vendredi des militaires israéliens au Pentagone.

Une source militaire a indiqué à l’AFP qu’elle «insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l’armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l’autorité de l’État sur le territoire libanais».