Selon des images satellites et un responsable américain, le centre opérationnel visé dimanche par une attaque de drone iranien qui a coûté la vie à six soldats américains était situé au cœur d’un port civil au Koweït, à plusieurs kilomètres de la base militaire principale.
Le mari de l’un des soldats tués, qui faisait partie d’une unité d’approvisionnement et de logistique basée dans l’Iowa, a déclaré mardi à l’Associated Press que le centre était un bâtiment de type conteneur maritime et qu’il ne disposait d’aucun système de défense.
Cette information, rapportée plus tôt par CNN et CBS News, soulève des questions sur les mesures de sécurité mises en place par l’armée américaine alors qu’elle lançait, avec Israël, une attaque contre l’Iran, qui a riposté par des frappes contre plusieurs pays de la région, dont le Koweït. Le président Donald Trump et les hauts responsables de la défense affirment que d’autres victimes américaines sont à prévoir.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré lundi que les six soldats avaient été tués dans un «centre d’opérations tactiques» lorsqu’un projectile avait franchi les défenses aériennes. Un jour plus tard, le Pentagone a confirmé qu’il s’agissait d’une frappe de drone à Port Shuaiba en annonçant les noms de quatre des soldats tués.
Une image satellite prise lundi et examinée par l’AP montre le bâtiment principal du complexe détruit, d’où s’élève une traînée de fumée noire. Il est situé au cœur de Port Shuaiba, une zone portuaire et industrielle en activité juste au sud de la ville de Koweït. Le responsable américain, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour discuter d’une affaire faisant l’objet d’une enquête en cours, a confirmé que l’image représentait le lieu de l’attaque de dimanche.
La base militaire, Camp Arifjan, se trouve à plus de 16 km au sud. Le centre des opérations était situé à un peu plus d’un kilomètre de certains des quais où les navires marchands déchargent leurs conteneurs et était entouré de réservoirs d’entreposage de pétrole, de raffineries et d’une centrale électrique.
Joey Amor, mari du sergent de première classe Nicole Amor, a raconté que sa femme avait été transférée hors de la base vers ce qu’il a décrit comme un bâtiment de type conteneur d’expédition une semaine avant l’attaque iranienne. Cette femme de 39 ans, originaire de White Bear Lake, dans le Minnesota, était l’une des soldats tués lors de l’attaque.
«Ils se dispersaient parce qu’ils craignaient que la base où ils se trouvaient ne soit attaquée, et ils estimaient qu’il était plus sûr de se regrouper en petits groupes dans des endroits séparés», a-t-il dit.
Après la publication d’informations sur le centre des opérations, le porte-parole en chef du Pentagone, Sean Parnell, a indiqué sur les réseaux sociaux que «l’installation sécurisée était fortifiée par des murs de 1,80 mètre». Il a ajouté que l’armée disposait «actuellement du système de défense aérienne le plus étendu au monde au-dessus du Moyen-Orient et que le contrôle de l’espace aérien s’intensifiait à chaque vague de puissance aérienne».
Le bureau de M. Parnell n’a pas répondu aux questions concernant le rôle que les murs auraient joué dans la défense contre une attaque de drones ou les défenses aériennes présentes à portée du centre de commandement du port.
Le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain, a déclaré qu’«il serait inapproprié de faire des commentaires étant donné que l’incident fait l’objet d’une enquête».
