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Mark Carney dit soutenir «avec regret» les frappes américaines contre l'Iran

Le premier ministre s’exprimait mercredi matin à Sydney, c’est-à-dire mardi après-midi à l’heure d’Ottawa.

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Le premier ministre Mark Carney s'apprête à parler aux médias à Sydney, en Australie, le 4 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld Le premier ministre Mark Carney s'apprête à parler aux médias à Sydney, en Australie, le 4 mars 2026. (Adrian Wyld/La Presse canadienne)

Quatre jours après que le premier ministre Mark Carney ait indiqué que le Canada soutenait les actions des États-Unis en Iran, il a déclaré qu’il soutenait «avec regret» les frappes américaines contre l’Iran, déplorant le déclin continu de l’ordre international fondé sur des règles.

Répondant aux questions des journalistes pour la première fois depuis le début des frappes samedi, M. Carney a également souligné que celles-ci semblaient enfreindre le droit international.

«Nous n’avons pas été informés à l’avance, on ne nous a pas demandé de participer, a indiqué M. Carney aux journalistes qui l’accompagnaient en Australie. À première vue, il semble que ces actions soient contraires au droit international.»

Le premier ministre s’exprimait mercredi matin à Sydney, c’est-à-dire mardi après-midi à l’heure d’Ottawa.

M. Carney s’est démarqué de la plupart des alliés européens en approuvant sans équivoque les frappes américaines contre l’Iran de cette fin de semaine, auxquelles Israël s’est depuis joint.

«Le Canada soutient les États-Unis dans leurs efforts pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et pour empêcher son régime de menacer la paix et la sécurité internationales», avait mentionné M. Carney dans un discours prononcé samedi lors du Forum sur la croissance et l’investissement Canada-Inde à Mumbai.

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, qui accompagnait M. Carney en Inde cette fin de semaine, a évoqué mardi lors d’un déjeuner d’affaires à Toronto la discussion avec le premier ministre qui a conduit à la déclaration initiale du Canada, peu après avoir été informé des attaques. 

«J’étais dans une pièce avec mon sous-ministre et certains membres de son équipe, puis il est entré et nous avons discuté de notre approche», a-t-elle expliqué.

Mme Anand a souligné que le Canada n’avait pas de relations diplomatiques avec l’Iran depuis 15 ans en raison des violations des droits de la personne et du terrorisme d’État, et qu’il y a 18 mois, le Canada avait désigné le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une entité terroriste.

«Nous avions donc une opinion très ferme, qui était déjà en place en juin dernier pendant la guerre de 12 jours, selon laquelle la prolifération nucléaire par l’Iran est inacceptable. En même temps, nous voulons nous assurer que nous défendons les vies civiles et les infrastructures civiles nécessaires à la préservation de ces vies», a-t-elle ajouté.

Certains députés libéraux ont contesté cette décision, affirmant que le Canada doit défendre la protection des civils et la souveraineté territoriale, même lorsqu’il s’agit d’États adversaires.

En Australie, M. Carney a avancé que, bien que Washington ait agi sans consulter les Nations unies, les États-Unis réagissaient à des violations graves et répétées du droit international par le régime iranien. 

Maintenant que l’opération militaire a commencé, M. Carney dit soutenir les efforts visant à mettre fin au programme nucléaire iranien et au terrorisme d’État pratiqué par le régime depuis des décennies.

«Nous n’aurions pas été en mesure [...] de rendre un jugement conforme à nos normes si on nous avait demandé de participer. Ce n’est pas le cas. Nous n’avons pas rendu de jugement officiel. C’est aux autres de rendre ces jugements», a déclaré M. Carney.

«Nous avons traité avec le monde tel qu’il est», a-t-il ajouté.

Le premier ministre a soutenu que les États-Unis et Israël devraient «respecter les règles de l’engagement international» et a appelé l’Iran à cesser ses frappes contre les civils à travers le Moyen-Orient.

— Avec des informations de Dylan Robertson à Ottawa pour La Presse canadienne

Anja Karadeglija

Anja Karadeglija

Journaliste