Conflit au Moyen-Orient

Les services de renseignement demandent au Canada de se préparer à des cyberattaques

«Les hacktivistes pro-iraniens cibleront probablement le Canada dans le cadre de cyberactivités perturbatrices peu sophistiquées...»

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APTOPIX Iran US Israel Un drapeau iranien est placé parmi les ruines d'un poste de police frappé lundi lors de la campagne militaire américano-israélienne à Téhéran, en Iran, mardi 3 mars 2026. (AP Photo/Vahid Salemi)

Une agence canadienne de renseignement prévient que les représailles iraniennes incluront «très probablement» des cyberattaques.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Les opérateurs d’infrastructures critiques canadiennes et les autres entités susceptibles d’être ciblées doivent rester vigilants face aux menaces posées par les cyberacteurs alignés sur les intérêts iraniens», indique un bulletin du Centre canadien pour la cybersécurité.

«Les hacktivistes pro-iraniens cibleront probablement le Canada dans le cadre de cyberactivités perturbatrices peu sophistiquées en raison de l’appui que le Canada accorde publiquement à l’activité militaire des É.-U. et d’Israël.»

Les États-Unis et Israël ont lancé samedi une campagne conjointe contre l’Iran. L’Iran a riposté en bombardant Israël et les alliés américains voisins avec des missiles et des drones. Si le Canada est hors de portée des munitions iraniennes, il reste vulnérable aux cybermenaces soutenues par l’État.

«Cibles probables à l’étranger»

Selon le bulletin du 2 mars, les représailles iraniennes contre le Canada pourraient inclure des cyberattaques contre les réseaux énergétiques et gouvernementaux, ainsi que le harcèlement en ligne du personnel militaire, des communautés de la diaspora et des militants politiques.

« Les acteurs de cybermenaces soutenus par l’État iranien ciblent de manière opportuniste les réseaux d’infrastructures critiques et les appareils connectés à Internet mal sécurisés à travers le monde, y compris ceux associés aux secteurs de l’eau et de l’énergie », met en garde le bulletin.

«Nous estimons que les cybercriminels iraniens cibleront probablement des opposants à l’étranger, en particulier ceux qui prônent un changement de régime en Iran.»

Le Centre canadien pour la cybersécurité fait partie du Centre de la sécurité des télécommunications Canada, l’agence fédérale responsable de la cybersécurité et du renseignement d’origine électromagnétique étranger.

En déclarant que les cyberattaques iraniennes sont «très probables , l’agence leur attribue une probabilité élevée de 75 à 89 %. En décrivant le Canada comme une cible «probable», l’agence lui attribue une probabilité de 60 à 74 %.

Un défi «croissant»

Le rapport d’évaluation des menaces 2025-2026 du Centre canadien pour la cybersécurité classait précédemment l’Iran, aux côtés de la Chine et de la Russie, parmi «les plus grandes menaces cyberstratégiques pour le Canada». Le rapport mettait également en garde contre les cybermenaces étatiques provenant de la Corée du Nord et de l’Inde.

«La volonté croissante de l’Iran de mener des cyberattaques perturbatrices au-delà du Moyen-Orient et ses efforts persistants pour suivre et surveiller les opposants au régime dans le cyberespace constituent un défi croissant en matière de cybersécurité pour le Canada et ses alliés », avertissait le rapport.

«Bien qu’il soit peu probable que le Canada soit, à l’heure actuelle, une cible prioritaire du programme cybernétique iranien, les acteurs iraniens représentant une menace cybernétique ont probablement accès aux réseaux informatiques au Canada, y compris aux infrastructures critiques.»

Les infrastructures critiques désignent généralement les systèmes essentiels tels que l’énergie, l’eau, les transports, les soins de santé et les finances.

«Nous estimons que nos adversaires considèrent très probablement les infrastructures civiles critiques comme des cibles légitimes pour le sabotage cybernétique en cas de conflit militaire», indique l’évaluation des menaces.