L’Iran a formulé de nouvelles exigences radicales en faveur de la réouverture du détroit d’Ormuz et les Émirats arabes unis l’accusent d’avoir pris un de leurs navires pour cible.
L’organe iranien assimilable à un bureau politique, connu sous le nom de Conseil suprême de sécurité nationale, a déclaré que le détroit d’Ormuz ne serait pas rouvert tant que les États-Unis n’auraient pas «corrigé leur comportement», formulant de nouvelles exigences susceptibles de bouleverser les négociations sur un accord visant à gérer cette voie navigable et le trafic qui y circule.
La chaîne publique iranienne a publié la déclaration du secrétaire du Conseil, Mohammad Bagher Zolghadr, qui est également commandant au sein de la puissante Garde révolutionnaire.
Les États-Unis ne doivent plus jamais menacer l’Iran, précise la déclaration, et doivent mettre définitivement fin à la guerre contre l’Iran et ses alliés armés dans la région. Les États-Unis doivent lever le blocus naval des ports iraniens et retirer leurs forces militaires de la zone. Ils doivent également «indemniser intégralement» l’Iran pour les dommages de guerre, lever les sanctions et débloquer «sans condition» les avoirs gelés.
Il n’y a pas eu de réaction immédiate de la part des États-Unis, qui souhaitent d’abord parvenir à un accord acceptable sur le détroit avant de lever le blocus.
L’Iran avait précédemment déclaré être sur le point de conclure un accord avec Oman pour la gestion du détroit, qui sépare les deux pays.
Oman, pays arabe du Golfe jouant le rôle de médiateur et qui s’est jusqu’à présent peu exprimé sur les négociations, a déclaré samedi dans un communiqué que les discussions se poursuivaient «dans une atmosphère positive et constructive» et a condamné les attaques contre des navires dans le détroit.
Un navire attaqué
Les Émirats arabes unis ont déclaré qu’un de leurs navires avait été pris pour cible par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz.
Un navire appartenant à la société publique d’exploitation pétrolière et gazière d’Abou Dhabi, l’ADNOC, a été attaqué alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, ont déclaré les autorités émiraties. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que l’Iran avait tiré ce missile dans le cadre d’attaques visant la navigation commerciale.
L’ADNOC a indiqué dans un communiqué qu’il n’y avait pas eu de victimes à la suite de cette attaque survenue tôt samedi matin. L’entreprise a précisé que plus d’une dizaine de ses navires avaient été attaqués par des missiles et des drones alors qu’ils traversaient le détroit depuis que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre l’Iran en février. Un membre d’équipage a été tué et 20 autres blessés, a-t-elle ajouté.
L’entreprise n’a pas donné plus de détails sur le lieu de l’attaque ni sur d’éventuels dégâts.
Plus tard, le Centre britannique des opérations du commerce maritime a indiqué qu’un navire situé à l’est de la ville de Khasab, à Oman, avait été touché par un projectile qui avait provoqué un incendie, lequel a été maîtrisé ; le navire et son équipage sont sains et saufs. Il n’était pas possible de déterminer immédiatement s’il s’agissait de l’incident impliquant l’ADNOC.
