Conflit au Moyen-Orient

Trois attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz en 24 heures

Le Qatar a dénoncé une «attaque inacceptable».

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Des pétroliers et des navires de marchandises sont visibles dans le golfe d'Oman, le long des voies maritimes reliant le détroit d'Ormuz et la mer d'Arabie, mardi 16 juin 2026. (Photo AP) Des pétroliers et des navires de marchandises sont visibles dans le golfe d'Oman, le long des voies maritimes reliant le détroit d'Ormuz et la mer d'Arabie, mardi 16 juin 2026. (Photo AP) (Uncredited)

Trois navires ont été attaqués en 24H dans le détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, le Qatar accusant dans un cas l’Iran d’avoir ciblé l’un de ses méthaniers, malgré le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.

Le premier navire a été touché lundi «par un projectile non-identifié sur le côté bâbord» au large d’Oman, provoquant un incendie, selon l’UKMTO.

Le Qatar a indiqué qu’il s’agissait de l’un de ses méthaniers, Al-Rakayyat, et dénoncé une «attaque inacceptable».

«Nous tenons l’Iran pleinement responsable, sur le plan juridique, de cette attaque et de tous les dommages ou répercussions qui pourraient en découler», a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.

Il a appelé Téhéran à «cesser immédiatement toute action compromettant la sécurité régionale ou menaçant la sécurité de la navigation internationale», ainsi qu’à «s’abstenir de mettre en danger l’approvisionnement énergétique mondial».

Sans les attribuer, l’agence UKMTO a ensuite signalé mardi deux autres incidents: un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant «des dommages structurels», et un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue.

Dans les trois cas, l’agence a indiqué qu’il n’y avait eu ni blessés, ni dégâts environnementaux.

20 millions de barils par jour

Le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, est l’un des principaux points de blocage des discussions entre l’Iran et les États-Unis pour mettre fin durablement au conflit régional, dans lesquels le Qatar s’est imposé comme un médiateur clé.

Les pétromonarchies du Golfe, alliées de Washington, avaient été la cible d’attaques iraniennes inédites pendant le conflit au Moyen-Orient, déclenchée par une offensive israélo-américaine contre Téhéran le 28 février.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit, alors que l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, en représailles aux frappes américaines et israéliennes, les États-Unis imposant pour leur part un blocus aux ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin aux hostilités dans l’attente d’un règlement durable.

Mais l’Iran répète, en dépit de l’opposition des États-Unis, qu’il n’y aura pas de retour à la situation d’avant-conflit, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.

Conflit avec l’Iran: «En ce qui nous concerne, nous respectons notre part de l’accord de cessez-le-feu» En entrevue au réseau américain Fox News le 29 juin 2026, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que des réunions de haut niveau auront lieu entre les États-Unis et l’Iran cette semaine avant d’ajouter que les États-Unis respectent leur «part de l’accord de cessez-le-feu» et souhaitent en «parvenir à un accord satisfaisant».

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l’Iran avait «tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux», citant deux responsables américains. Selon l’un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Ces perturbations du trafic dans le détroit interviennent alors que l’Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son ancien guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit par des frappes israélo-américaines.

Fin juin, accusant Téhéran d’avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient bombardé le pays en retour et l’Iran avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn.

Washington et Téhéran s’étaient ensuite mis d’accord pour cesser ces hostilités.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut circulaient quotidiennement à Ormuz, l’équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l’Agence américaine de l’Énergie (EIA).