Conflit au Moyen-Orient

Avec la guerre en Iran, le prix du pétrole brut dépasse les 100 $US le baril

Les prix du pétrole ont flambé alors que le conflit, qui entre dans sa deuxième semaine, a touché des pays et des régions essentiels à la production et au transport du pétrole et du gaz du Golfe persique.

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Les prix du carburant sont affichés sur une pompe à essence dans une station-service de Richardson, au Texas, le vendredi 6 mars 2026.(Photo AP/Tony Gutierrez) Les prix du carburant sont affichés sur une pompe à essence dans une station-service de Richardson, au Texas, le vendredi 6 mars 2026. (Tony Gutierrez/Associated Press)

Pour la première fois en plus de trois ans et demi, le prix du pétrole a franchi la barre des 100 $US le baril. La guerre en Iran perturbe en effet la production et le transport au Moyen-Orient.

Le prix du baril de Brent, référence internationale, s’établissait à 107,97 $US peu après la reprise des échanges au Chicago Mercantile Exchange, soit une hausse de 16,5 % par rapport à son cours de clôture de 92,69 $US vendredi.

Le West Texas Intermediate (WTI), pétrole brut léger et doux produit aux États-Unis, se vendait à environ 106,22 $US le baril, soit une hausse de 16,9 % par rapport à son cours de clôture de 90,90 $US vendredi.

Ces deux prix pourraient encore évoluer au fil des échanges. Ces hausses surviennent après l’envolée des prix du pétrole brut américain (+36 %) et du Brent (+28 %) la semaine dernière.

Les prix du pétrole ont flambé alors que le conflit, qui entre dans sa deuxième semaine, a touché des pays et des régions essentiels à la production et au transport du pétrole et du gaz du Golfe persique.

Selon le cabinet d’études indépendant Rystad Energy, environ 15 millions de barils de pétrole brut — soit près de 20 % de la production mondiale — transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz.

La menace de lancement de missiles et de drones par l’Iran a pratiquement paralysé le trafic maritime dans ce détroit, bordé au nord par l’Iran, où transitent les pétroliers transportant du pétrole et du gaz en provenance d’Arabie saoudite, du Koweït, d’Irak, du Qatar, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et de l’Iran.

L’Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis ont réduit leur production pétrolière, leurs capacités de stockage étant saturées en raison de la diminution de leurs exportations de brut. L’Iran, Israël et les États-Unis ont également attaqué des installations pétrolières et gazières depuis le début du conflit, aggravant les inquiétudes concernant l’approvisionnement.

La dernière fois que le prix du pétrole brut américain a dépassé les 100 $US le baril remonte au 30 juin 2022, lorsqu’il a atteint 105,76 $US. Pour le Brent, c’était le 29 juillet 2022, avec un prix de 104 $US le baril.

La flambée mondiale des prix du pétrole depuis l’attaque israélienne et américaine contre l’Iran, le 1er mars, a secoué les marchés financiers, faisant craindre que la hausse des coûts de l’énergie n’alimente l’inflation et n’entraîne une baisse de la consommation des Américains, principal moteur de l’économie.

Aux États-Unis, le prix du gallon d’essence ordinaire a atteint 3,45 $US dimanche, soit environ 47 cents de plus qu’une semaine auparavant, selon l’Association américaine des automobilistes (AAA). Le diesel se vendait à environ 4,60 $US le gallon, soit une augmentation hebdomadaire d’environ 83 cents.

Le secrétaire à l’Énergie américain, Chris Wright, qui s’exprimait sur CNN dans l’émission «State of the Union», a déclaré que les prix de l’essence aux États-Unis repasseraient sous la barre des 3 $US le gallon «d’ici peu».

«Écoutez, on ne sait jamais exactement quand cela va se produire, mais, dans le pire des cas, il s’agira de quelques semaines, pas de quelques mois», a ajouté M. Wright.

Plusieurs facteurs peuvent entraîner une hausse

Si les prix du pétrole se maintiennent au-dessus de 100 $US le baril, certains analystes et investisseurs estiment que l’économie mondiale pourrait ne pas y résister.

Les autorités iraniennes ont annoncé que des frappes israéliennes contre des dépôts pétroliers à Téhéran et un terminal de transbordement de pétrole ont fait quatre morts tôt dimanche matin.

L’armée israélienne a indiqué que ces dépôts étaient utilisés par l’armée iranienne pour s’approvisionner en carburant pour le lancement de missiles. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a averti que l’impact de la guerre sur l’industrie pétrolière serait catastrophique.

L’Iran exporte environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, principalement vers la Chine, qui pourrait devoir se tourner vers d’autres fournisseurs si les exportations iraniennes sont perturbées. Il s’agit d’un autre facteur susceptible d’entraîner une hausse des prix de l’énergie.

Le prix du gaz naturel a également augmenté pendant le conflit, bien que dans une moindre mesure que celui du pétrole. Il se négociait à environ 3,33 dollars les 1000 pieds cubes dimanche soir. Cela représente une hausse de 4,6 % par rapport à son cours de clôture de vendredi, à 3,19 dollars, après une augmentation d’environ 11 % la semaine dernière.

Les contrats à terme sur les indices boursiers américains, indicateurs clés du marché, ont baissé dimanche soir, laissant présager une ouverture en baisse des principaux indices de Wall Street lundi.

Les contrats à terme sur le S&P 500 ont reculé de 1,6 %, tandis que ceux du Dow Jones ont chuté de 1,8 %. Les contrats à terme sur le Nasdaq Composite ont quant à eux baissé de 1,5 %.

Le S&P 500 a perdu 1,3 % et le Dow Jones a plongé jusqu’à 945 points avant de clôturer en baisse d’environ 450 points. Le Nasdaq a quant à lui reculé de 1,6 %.