Les automobilistes devraient profiter de l’occasion si les prix affichés à la station-service de leur quartier sont toujours abordables, suggère le conseiller en communication de CAA-Québec, Simon Bourassa.
«Faites le plein maintenant, si vous voyez que les prix sont relativement raisonnables et qu’on n’a pas frappé de manière radicale votre secteur parce qu’il risque d’y avoir d’autres augmentations à venir», recommande M. Bourassa en entrevue, jeudi.
L’attaque américaine et israélienne sur l’Iran, qui a commencé samedi, a entraîné une flambée du prix mondial du baril de pétrole, ce qui exerce une pression à la hausse sur les prix de l’essence.
Le choc n’est pas réparti également à travers le Québec, pour le moment. D’une région à l’autre, l’intensité de la concurrence n’est pas la même et les stations-service ne conservent pas la même marge bénéficiaire.
Le point de départ du prix à la pompe n’était donc pas le même aux quatre coins de la province. «La hausse ne frappe pas tout le monde de la même façon», constate le porte-parole de CAA-Québec.
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, les automobilistes ont subi une moins forte hausse, jusqu’à maintenant, selon les données de la Régie de l’énergie. Ils payent toujours moins que les automobilistes montréalais avant le début des hostilités au Moyen-Orient.
Le prix moyen à la pompe au Saguenay–Lac-Saint-Jean a atteint 144 cents le litre (¢/l) jeudi, selon les données de la Régie de l’énergie. C’est une augmentation de 9,4 ¢/l, ou 7 % par rapport au prix moyen de 134,6 ¢/l la semaine dernière.
À Montréal, le prix moyen a monté jusqu’à 164,7 ¢/l, jeudi, soit une augmentation de 12,9 ¢/l, ou 8,5 %, par rapport à la moyenne de 151,8 ¢/l de la semaine dernière.
Une hausse du prix du pétrole
Le prix du pétrole a progressé de près de 20 % depuis le début du conflit. Le baril frôlait le seuil des 80 $ US en début d’après-midi à la Bourse de New York.
Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz entraînent une hausse du prix du baril de pétrole. Près de 20 % de l’approvisionnement mondial transite par ce détroit situé à l’extrémité sud du golfe Persique.
«Le coût d’acquisition des essenceries est plus élevé, donc à ce moment-là, ils doivent vendre leur essence plus chère», explique M. Bourassa.
Les pétroliers qui utilisent le détroit approvisionnent majoritairement le marché asiatique.
Un blocage ne représenterait pas un risque à l’accès au carburant au Canada, a nuancé le vice-président pour l’est du Canada de l’Association canadienne des carburants, Carol Montreuil, dans une entrevue plus tôt cette semaine.
«Rien (d’assez important) d’un point de vue volumétrique pour avoir un impact sur nous», a-t-il souligné.
La situation a toutefois des répercussions sur les prix mondiaux. Même si le Canada s’approvisionne majoritairement dans les provinces de l’Ouest et aux États-Unis.
«L’impact sur les prix, il se fait sentir partout, a expliqué M. Montreuil. Que vous soyez dans un pays autosuffisant, comme le Canada ou les États-Unis, ou un pays qui dépend des importations, le prix vous frappe de plein fouet partout.»
Avec des informations de Samira Ait Kaci Ali
