Conflit au Moyen-Orient

À Dubaï, les ultrariches déboursent des fortunes pour fuir les missiles iraniens

Les prix s’envolent en raison du manque d’avions, beaucoup étant cloués au sol.

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Firemen and rescue workers inspect the site of an explosion at the Fairmont The Palm Hotel in Dubai, United Arab Emirates, Saturday, Feb. 28, 2026. (AP Photo/Altaf Qadri) Des pompiers et des secouristes inspectent le site d'une explosion à l'hôtel Fairmont The Palm à Dubaï, aux Émirats arabes unis, samedi 28 février 2026. (AP)

«Il est temps de partir»: les grandes fortunes de Dubaï cherchent par tous les moyens à quitter ce scintillant paradis fiscal cosmopolite, déboursant parfois des centaines de milliers de dollars pour fuir un conflit régional dont elles redoutent la durée.

Entre le désert et la mer, la ville des Émirats arabes unis attire de longue date les millionnaires, séduits par sa fiscalité avantageuse, sa sécurité et des autorités favorables à l’entrepreneuriat et au commerce.

Mais quand missiles et drones iraniens ont commencé à pleuvoir samedi au-dessus des gratte-ciels, certains ont payé des sommes astronomiques pour s’assurer une voie de sortie, l’espace aérien émirati étant partiellement fermé et les vols commerciaux extrêmement rares.

«Quand on a vu le feu, on s’est dit ‘OK, il est temps de partir», raconte Evrim, résidente turque, en référence à l’incendie survenu dans un hôtel de luxe près de sa maison, sur le célèbre archipel d’îles artificielles The Palm, après la chute d’éclats de missiles.

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Evrim, son époux et leurs deux jeunes enfants ont payé 200 000 dollars pour s’envoler du Sultanat d’Oman voisin vers Genève, où ils comptent s’installer en attendant la fin du conflit.

La famille ne voulait pas attendre, craignant un enlisement du conflit surtout en cas d’entrée en guerre de l’Arabie saoudite, qui contrôle une grande partie de l’espace aérien régional.

Pour rejoindre Mascate, ils ont conduit pendant six heures à travers le désert.

«On était très anxieux», dit-elle à l’AFP. «Surtout pour les enfants, quand ils ont entendu le son (des interceptions de missiles, NDLR), ils ont eu peur».

Jets privés

Les Émirats, ciblés selon les autorités par plus de 800 drones et 200 missiles, avec trois morts à déplorer, subissent de plein fouet les frappes iraniennes sur le Golfe, en représailles à la campagne israélo-américaine.

Les aéroports et les installations pétrolières, au cœur de l’économie, comptent parmi les cibles touchées.

Plusieurs gouvernements étrangers, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, envoient des avions à Oman pour évacuer leurs ressortissants, alors qu’un nombre réduit de vols commerciaux partent des aéroports émiratis.

Mais les plus aisés trouvent des alternatives.

Glenn Phillips, responsable des relations publiques pour Air Charter Service, un courtier proposant des services de jets privés à l’international, indique que «la demande augmente clairement».

«Nous avons déjà organisé un certain nombre de vols d’évacuation et d’autres sont prévus (...), principalement au départ de Mascate», dit-il à l’AFP.

L’itinéraire vers Oman est le plus prisé, ajoute M. Phillips, mais l’encombrement à la frontière nécessite d’attendre trois ou quatre heures.

Selon lui, les prix s’envolent en raison du manque d’avions, beaucoup étant cloués au sol. Et les opérateurs de jets privés hésitent également à voler en raison de préoccupations sécuritaires.

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«Clairement perturbé»

La demande de voitures privées pour quitter les Émirats a explosé, indique Mike D’Souza, coordinateur des opérations chez Indus Chauffeur à Dubaï, qui note que sa clientèle est principalement composée de riches occidentaux.

Beaucoup rejoignent l’Arabie saoudite, où les aéroports fonctionnent encore, même si l’obtention de visas pour le royaume peut constituer un défi.

Pour les plus modestes, la fuite est ardue.

Un expatrié britannique, qui a souhaité garder l’anonymat, a confié à l’AFP qu’il lui a été extrêmement difficile de trouver un vol commercial au départ de Mascate pour lui-même, sa femme enceinte et leur fils de trois ans.

«Les prix sont extrêmement élevés et les sièges disparaissent rapidement pendant que vous essayez de réserver», explique-t-il.

Ils ont finalement réussi à décrocher un vol pour la ville indienne d’Hyderabad, d’où ils s’envoleront pour la Thaïlande.

«Même si mon fils ne comprend pas ce qu’il se passe, cela l’a clairement perturbé et ma femme a également été anxieuse. Cela dit, nous aimons profondément Dubaï, que nous considérons comme notre chez-nous», témoigne-t-il.

«Nous avons pleinement l’intention d’y revenir une fois que notre bébé sera né et que la situation se sera calmée», poursuit-il. Sans savoir quand.