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Une tente de traitement contre Ebola a de nouveau été incendiée en RDC

Il s’agit de la deuxième attaque de ce type dans la région en une semaine.

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Un agent d'assainissement de la municipalité de Bunia pulvérise du chlore pour désinfecter le marché central, alors que la province d'Ituri continue de lutter contre une épidémie d'Ebola, à Bunia, au Congo, le samedi 23 mai 2026. Photo AP/Moses Sawas... Un agent d'assainissement de la municipalité de Bunia pulvérise du chlore pour désinfecter le marché central, alors que la province d'Ituri continue de lutter contre une épidémie d'Ebola, à Bunia, au Congo, le samedi 23 mai 2026. Photo AP (Moses Sawasawa)

Des habitants en colère d’une ville située au cœur de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ont attaqué et incendié une tente faisant partie d’un centre de santé où des personnes sont soignées pour ce virus, a indiqué samedi le personnel sur place.

Il s’agit de la deuxième attaque de ce type dans la région en une semaine.

Selon les premiers rapports, personne n’a été blessé lors de l’attaque, mais alors que les patients s’enfuyaient pour échapper au feu, 18 personnes suspectées d’être infectées par le virus Ebola ont quitté l’établissement et sont désormais portées disparues, a mentionné le directeur d’un hôpital local.

Les habitants en colère s’étaient rendus à la clinique de la ville de Mongbwalu vendredi soir et avaient mis le feu à une tente installée par l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières pour accueillir les cas suspects et confirmés d’Ebola, a raconté à l’Associated Press le Dr Richard Lokudi, directeur de l’hôpital de Mongbwalu.

«Nous condamnons fermement cet acte, car il a semé la panique parmi le personnel et a également entraîné la fuite de 18 cas suspects dans la communauté», a-t-il souligné.

Jeudi, un autre centre de traitement, situé dans la ville de Rwampara, a été incendié après que des proches se sont vu interdire de récupérer le corps d’un homme de la région soupçonné d’être décédé des suites d’Ebola.

Un vol dérouté vers Montréal en raison des restrictions entourant l’Ebola Les services frontaliers américains ont indiqué qu’un vol d’Air France à destination des États-Unis a été dérouté vers Montréal après l’embarquement «par erreur» d’un passager originaire de la République démocratique du Congo malgré des restrictions de vol liées à l’épidémie d’Ebola en Afrique.

Les corps des personnes décédées d’Ebola peuvent être très contagieux et entraîner une propagation supplémentaire lorsque les gens les préparent pour l’enterrement et se rassemblent pour les funérailles.

La tâche dangereuse consistant à enterrer les victimes présumées est gérée dans la mesure du possible par les autorités, ce qui peut susciter des protestations de la part des familles et des amis.

Un enterrement collectif de patients atteints d’Ebola a eu lieu samedi à Rwampara sous haute sécurité, alors que les tensions entre les agents de santé et la communauté locale étaient vives, a mentionné David Basima, chef d’équipe de la Croix-Rouge chargé de superviser les enterrements.

Des soldats et des policiers armés ont supervisé les enterrements tandis que des agents de la Croix-Rouge vêtus de combinaisons de protection blanches descendaient des cercueils scellés dans le sol. Les membres de la famille, en larmes, se tenaient à distance.

M. Basima a affirmé que son équipe, après son arrivée sur les lieux, «a rencontré de nombreuses difficultés, notamment la résistance des jeunes et de la communauté».

«Nous avons été contraints d’alerter les autorités afin qu’elles viennent à notre secours, simplement pour des raisons de sécurité», a précisé M. Basima.

Vendredi, les autorités du nord-est du Congo ont interdit les veillées funéraires et les rassemblements de plus de 50 personnes afin d’endiguer la propagation du virus.

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie représentait désormais un risque «très élevé» pour la République démocratique du Congo, contre un niveau «élevé» auparavant, mais que le risque de propagation mondiale de la maladie restait faible.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait savoir vendredi que 82 cas et 7 décès avaient été confirmés en République démocratique du Congo, mais que l’épidémie serait «bien plus importante».

Il n’existe aucun vaccin contre le virus de Bundibugyo, une souche rare d’Ebola, qui s’est propagé sans être détecté pendant des semaines dans la province congolaise de l’Ituri après le premier décès connu, tandis que les autorités effectuaient des tests pour un autre virus Ebola, plus courant, qui se sont révélés négatifs.

On recense désormais 750 cas suspects et 177 décès suspects, mais ce nombre devrait augmenter à mesure que la surveillance s’étend.

Le Dr Jean Kaseya, directeur général des Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies, a soutenu qu’une réponse à l’épidémie devait passer par l’établissement d’une relation de confiance avec les communautés.

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a déclaré samedi que trois de ses volontaires étaient décédés des suites de l’épidémie à Mongbwalu.

L’agence a indiqué qu’elle pensait que ces trois professionnels de santé avaient contracté le virus le 27 mars alors qu’ils manipulaient des cadavres dans le cadre d’une mission humanitaire sans rapport avec Ebola.

Si cela se confirme, cela repousserait considérablement la chronologie de l’épidémie par rapport au premier décès confirmé fin avril dans la ville de Bunia, capitale de l’Ituri.