International

Tout ce qu’il faut savoir sur la mobilisation du 24 octobre en France

Le point sur la situation.

Publié le 

Violences en France: des couvre-feux imposés Des couvre-feux sont entrés en vigueur lundi soir dans plusieurs villes de France, tandis que la crise prend un tournant de plus en plus politique, avec des critiques émanant aussi du bloc présidentiel.

Des nouvelles manifestations, strictement encadrées, sont prévues samedi à Paris, Marseille ou Lyon, une semaine après les violences observées en marge de mobilisations contre la vie chère, qui ont réuni entre 550 000 et 800 000 personnes. Le point sur la situation.

Macron recommande de ne pas manifester

Emmanuel Macron a annoncé jeudi que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées samedi.

S’exprimant à l’issue d’un Conseil de sécurité, il a affirmé que «la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir».

Sept partis politiques de gauche ont déposé vendredi un recours auprès du Conseil d’État pour contester les déclarations (Les écologistes, La France insoumise, le Parti socialiste, le Parti communiste, debout [le parti de François Ruffin], L’après [parti des ex-insoumis] et Génération.s).

La police fait face à des manifestants brandissant une banderole sur laquelle on peut lire : « Les lycéens s'en prennent au Bac. Le Bac (Brigade anti-criminalité) s'en prend à la direction », alors qu'ils se rassemblent pour dénoncer les mauvaises conditions d'enseignement à Paris, ce jeudi 22 octobre 2026. La police fait face à des manifestants brandissant une banderole sur laquelle on peut lire : « Les lycéens s'en prennent au Bac. Le Bac (Brigade anti-criminalité) s'en prend à la direction », alors qu'ils se rassemblent pour dénoncer les mauvaises conditions d'enseignement à Paris, ce jeudi 22 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

70 000 policiers et gendarmes

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait état vendredi lors d’une conférence de presse de «nombreux appels sur les réseaux sociaux à commettre des exactions», mais aussi des «pillages» samedi, indiquant que 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés.

Il a fait appel notamment à «des unités d’élite comme le RAID, le GIGN ou la BRI pour la préfecture de police» et à «une vingtaine de véhicules blindés Centaure» pour la gendarmerie «et 15 engins lanceurs d’eau» pour la police.

Le 17 octobre, 60 000 membres des forces de sécurité intérieure avaient été mobilisés.

Situation tendue en France: les derniers développements Avant la journée de mobilisation de samedi contre la vie chère, les services de renseignement assuraient que le 17 octobre «ne serait pas le grand soir». Ce fut le chaos, avec une mise en cause sévère des services devant cette faillite inédite.

Les manifestations autorisées

À Paris, la préfecture de police avait validé jeudi un parcours entre Bastille et Nation, organisé notamment par la CGT, mais interdit celui du collectif étudiant Interfac et de gilets jaunes (Bastille-Opéra).

Toutefois, l’intersyndicale de l’Ile-de-France a déclaré vendredi qu’un nouveau parcours avait été «imposé» par la préfecture : entre la Porte de Vincennes et la Porte d’Italie, «impossible à sécuriser» selon le co-secrétaire général de la CGT de Paris, Karl Ghazi.

Le couvre-feu est reconduit dans les périmètres de la place de la République et des Halles de 23h à 6h jusqu’à lundi matin.

À Marseille, une manifestation syndicale a été autorisée «à titre dérogatoire», seule ville dans le département des Bouches-du-Rhône, a annoncé la préfecture, après avoir interdit la veille tout rassemblement.

Le couvre-feu pour les mineurs dans l’hyper-centre de la ville et certaines zones commerciales va être élargi aux majeurs pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi. Il sera effectif de 23h à 5h, précise la préfecture.

Des manifestants font face aux forces de l'ordre lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie, se joignant ainsi aux revendications des étudiants, à Paris, le samedi 17 octobre 2026. Photo AP Des manifestants font face aux forces de l'ordre lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie, se joignant ainsi aux revendications des étudiants, à Paris, le samedi 17 octobre 2026. Photo AP (Emma Da Silva)

À Lyon, la préfecture du Rhône a publié vendredi un arrêté précisant la zone dans laquelle toute manifestation sera interdite de 10h à 23h : il concerne la presqu’île, dans l’hypercentre, — où plus de 150 boutiques ont été vandalisées et pour certaines pillées, et l’office de tourisme incendié —, la vieille ville, le 6e arrondissement et une partie du 3e arrondissement, où se situent notamment la préfecture, le palais de justice ou encore la gare Part-Dieu.

Quarante agents de sécurité privée seront déployés samedi dans deux zones «sensibles» du centre-ville pour protéger les commerces de potentiels débordements.

À Bordeaux, l’intersyndicale CGT-FO-FSU maintient son appel au rassemblement et compte contester en justice l’arrêté préfectoral l’interdisant.

À Strasbourg, une manifestation va pouvoir se tenir en lisière de l’hypercentre historique, a annoncé la préfecture, de même qu’à Mulhouse.

Mobilisation contre le RN à Orléans

Le préfet du Loiret Hugues Moutouh a annoncé jeudi que «20 000 à 30 000 personnes venues de toute la France» étaient attendues samedi pour des mobilisations contre le congrès du parti d’extrême droite Rassemblement national, à Orléans, qui doit accueillir 5000 personnes samedi et 10 000 dimanche.

Il a interdit «tout rassemblement» dimanche pour raisons de sécurité.

Le parcours de la manifestation, qui devait passer samedi en plein cœur du centre-ville, au départ de la cathédrale, a été modifié vendredi par la préfecture, pour s’élancer dans la matinée au nord d’Orléans.

Des musées fermés

Plusieurs grands musées parisiens seront fermés, selon le ministère de la Culture : le Louvre, Orsay, les Grand et Petit Palais, Picasso, l’Orangerie, la Fondation Cartier, la Bourse de Commerce, ainsi que l’Opéra de Paris.

La foire internationale d’art contemporain Art Basel a renoncé à rester ouverte samedi et dimanche comme prévu initialement.

Le Grand Palais de Paris, qui accueille le salon Art Basel, est photographié vendredi 23 octobre 2026, après que des manifestations antigouvernementales prévues ont poussé les organisateurs à annuler leur programme du week-end. Photo AP Le Grand Palais de Paris, qui accueille le salon Art Basel, est photographié vendredi 23 octobre 2026, après que des manifestations antigouvernementales prévues ont poussé les organisateurs à annuler leur programme du week-end. Photo AP (Teresa Suarez)

Rencontres sportives repoussées

L’affiche de la 8e journée de Ligue 1 entre le Paris SG et Lyon, initialement prévue dimanche à 20h45, a été décalée à lundi (20h30) à la demande de la préfecture de police, a annoncé la Ligue de football professionnel (LFP) vendredi.

Trois autres rencontres de soccer ont également été reprogrammées en raison des manifestations (Toulouse-Troyes en L1, Saint-Étienne - Nantes, maintenu samedi, mais dont le coup d’envoi sera retardé, et Montpellier - Red Star en Ligue 2).