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Plusieurs mineurs grièvement blessés dans les manifestations en France

Main arrachée, perte de l’usage d’un œil, «mâchoire scellée»...

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Des élèves incendient des poubelles pour protester contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, le vendredi 2 octobre 2026. Des élèves incendient des poubelles pour protester contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, le vendredi 2 octobre 2026. (Aurelien Morissard/AP Photo/Aurelien Morissard)

Main arrachée, perte de l’usage d’un œil, «mâchoire scellée»: plusieurs jeunes ont été grièvement blessés en France à la suite d’interventions des forces de l’ordre face aux violences en marge du mouvement de blocage des lycées.

Au total, 215 élèves ont été blessés depuis le début de la mobilisation selon les autorités, de même que 715 policiers ou gendarmes.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a dénoncé «une dérive globale par rapport à l’État de droit» lors des interventions des forces de l’ordre.

Une main arrachée

Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée lundi matin lors d’une manifestation à Lens (nord). Les jours de l’adolescent, hospitalisé à Lille, «ne sont pas en danger», selon la préfecture.

«À l’heure où je vous parle, je ne suis pas en mesure de vous répondre si cet adolescent avait formellement récupéré une grenade qui a explosé dans sa main, ou si la grenade aurait atterri sur lui», a indiqué le procureur de Béthune, Étienne Thieffry.

D’après une source policière, l’adolescent aurait voulu ramasser une grenade de désencerclement pour la relancer et elle lui aurait explosé dans la main.

Des étudiants courent sous les gaz lacrymogènes face aux forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les écoles, à Paris, vendredi 2 octobre 2026. Des étudiants courent sous les gaz lacrymogènes face aux forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les écoles, à Paris, vendredi 2 octobre 2026. (Aurelien Morissard/AP Photo/Aurelien Morissard)

Un adolescent éborgné

Maël, un adolescent de 16 ans, blessé grièvement mercredi à la tête lors du blocus du lycée Balzac à Tours (centre), a perdu l’usage de son œil droit.

Ses blessures sont «compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD», a indiqué la procureure de Tours.

La famille du lycéen a déposé plainte pour «violences par personne dépositaire de l’autorité publique».

«Nous tenons à clarifier que Maël n’a aucune implication, ni de près ni de loin, dans quelque engagement militant ou politique que ce soit», a affirmé sa famille dans un communiqué lundi.

«Il s’agit simplement d’un adolescent qui s’est retrouvé pris dans les événements», ajoute la famille qui précise que l’adolescent est toujours hospitalisé.

«Une mâchoire scellée»

La mère d’Eden, 14 ans, grièvement blessé il y a une semaine par un tir tendu de lanceur de grenade lacrymogène devant son lycée de Saint-Ouen-l’Aumône, au nord-ouest de Paris, a confié lundi à la presse avoir «le cœur en miettes».

«Il a la mâchoire scellée, il ne peut plus parler et il s’alimente avec une paille», a-t-elle ajouté, dénonçant les violences «immondes» infligées à son fils, qui a «toutes les dents du haut cassées» et «celles du bas, arrachées».

Sur des images vidéo, on voit trois policiers, casqués, en face-à-face avec le lycéen. L’un d’eux assène un premier coup à l’adolescent, qui lui adresse à son tour un coup de pied, avant qu’un tir de lance-grenade dans le visage ne le propulse au sol.

Les parents de cet élève de seconde s’apprêtent à porter plainte pour tentative d’homicide volontaire.

Des policiers font face à des étudiants lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, vendredi 2 octobre 2026. Des policiers font face à des étudiants lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, vendredi 2 octobre 2026. (Aurelien Morissard/AP Photo/Aurelien Morissard)

Blessure à l’œil

Un adolescent de 16 ans a été blessé à l’œil jeudi à la suite d’un tir de lanceur de balles de défense (LBD) à Argenteuil, au nord de Paris.

Des policiers ont «dû faire face (…) à deux jeunes hommes situés à une vingtaine de mètres d’eux qui avaient tiré en leur direction des mortiers» d’artifice, avait expliqué le parquet local. «En riposte, deux policiers porteurs de LBD» ont fait «usage de ceux-ci».

Selon le député LFI (gauche radicale qui soutient les manifestations) Paul Vannier, l’adolescent «est encore hospitalisé, les médecins ne savent dire à cette heure s’il va perdre ou non l’usage de son œil».