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Blocage des lycées en France: la crainte d’une «semaine noire»

Des centaines de lycées sont à nouveau perturbés lundi à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation.

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Des élèves brandissent une banderole sur laquelle on peut lire : « Lycée bloqué » lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Lyon, en France, le vendredi 2 octobre 2026. Des élèves brandissent une banderole sur laquelle on peut lire : « Lycée bloqué » lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Lyon, en France, le vendredi 2 octobre 2026. (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

Le début d’une «semaine noire» en France? Des centaines de lycées sont à nouveau perturbés lundi à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation pour davantage de moyens dans l’éducation, faisant craindre des débordements.

Selon les autorités, en fin de matinée, 413 établissements «ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations» soit une baisse de 27% par rapport à vendredi à la même heure.

Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement lycéen rejoint par des étudiants, s’est progressivement étendu avant de s’enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France.

«Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (…) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, dans un rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

«5000 interpellations»

Le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a confié qu’il «craignait» un embrasement au niveau national après que 30 à 40 sites universitaires ont été perturbés la semaine dernière.

Cette colère explose à sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique tendu, avec la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen donnée favorite par les sondages et la flambée des prix des carburants.

Des policiers se tiennent devant des déchets en feu face à des étudiants lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, le vendredi 2 octobre 2026. Des policiers se tiennent devant des déchets en feu face à des étudiants lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, le vendredi 2 octobre 2026. (Aurelien Morissard/AP Photo/Aurelien Morissard)

Les autorités ont fait état la semaine dernière de 5000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Éducation nationale blessés».

Les services du premier ministre ont condamné des «violences urbaines» et en ont imputé la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale).

Plusieurs syndicats et des associations, comme la Ligue des droits de l’Homme, ont accusé le gouvernement de «réprimer» les lycéens avec une brutalité «disproportionnée», pour faire taire des revendications «légitimes».

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a dénoncé lundi une «dérive globale par rapport à l’État de droit, le non-respect du cadre légal» lors des interventions des forces de l’ordre.

Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.

«Les forces de l’ordre ont fait preuve vraiment d’une très grande proportionnalité jusqu’à maintenant sur un mouvement à la fois dur et avec en face des mineurs», a répondu Philippe Baptiste, accusant LFI de «souffler sur les braises» et «quelque part de voler le mouvement».

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

«Escarmouches»

La préfecture du Rhône (centre-est) a rapporté lundi matin des «escarmouches» devant deux lycées et un collège dans Lyon et sa banlieue, et 12 établissements «impactés par des actes isolés».

À Rennes (ouest), comme à Bordeaux (sud-ouest) en revanche, les cours ont repris dans le calme dans plusieurs établissements qui avaient été fermés en fin de semaine, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Sur les 3700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», avait indiqué dimanche le ministre de l’Éducation Édouard Geffray.

Le mouvement pourrait prendre une autre dimension mardi. Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations.

Un élève tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Nous voulons être soutenus, pas surchargés » lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, devant un lycée bloqué, à Lyon, en France, le vendredi 2 octobre 2026. Un élève tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Nous voulons être soutenus, pas surchargés » lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, devant un lycée bloqué, à Lyon, en France, le vendredi 2 octobre 2026. (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

Le syndicat de la CGT, qui appelle les salariés de l’énergie, en grève, à rejoindre les lycéens a annoncé vouloir prêter main forte pour encadrer les manifestations lycéennes.

«Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens, parce que nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis dix jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée», a affirmé sa responsable Sophie Binet

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, la France insoumise a dit «déplorer» les violences, mais regretté que l’exécutif «résume» le mouvement à ces débordements.

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens.