Le gouvernement fédéral a confirmé, dans son dernier point de situation, que 321citoyens canadiens et résidents permanents figuraient parmi les personnes portées disparues dans la région himalayenne à la frontière entre le Népal et le Tibet.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi sur Zoom, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué qu’aucun décès de ressortissant canadien n’avait été confirmé à la suite de la catastrophe qui a rasé des villages dans la région. Des agents consulaires se trouvent actuellement sur place, dans cette région isolée.
«Ils sont en contact étroit avec les représentants du gouvernement, les entreprises de randonnées et de trekking, ainsi qu’avec les organisations», explique Mme Anand.
«Cela afin de s’assurer que l’aide canadienne soit acheminée et que nous obtenions effectivement toutes les informations nécessaires concernant ces 32 personnes, que nous pourrons ensuite transmettre à leurs familles.»
— Anita Anand, ministre des Affaires étrangères
Dans une mise à jour publiée samedi sur les réseaux sociaux, Mme Anand a indiqué qu’un Canadien avait été retrouvé sain et sauf. Ce qui fait que le nombre de ressortissants canadiens portés disparus est maintenant de 31.
«Ce nombre pourrait encore fluctuer au fur et à mesure que nous recevons de nouvelles informations», selon la ministre des Affaires étrangères.
«Les Canadiens dans la région doivent continuer de faire preuve de prudence, de suivre les consignes des autorités locales ainsi que les avertissements aux voyageurs d’Affaires mondiales Canada, à mesure que la situation évolue», a souligné Mme Anand.
Les familles des Canadiens portés disparus sont de plus en plus désespérées d’obtenir des renseignements. Le couple Shubakshi et Sumit Rawla avait quitté leur domicile de Coquitlam, en Colombie-Britannique, pour se rendre au mont Kailash, au Tibet, dans le cadre d’un pèlerinage.
Leurs filles, Parnika et Kenisha, affirment avoir appelé le cellulaire de leurs parents au moins une centaine de fois depuis que l’énorme vague de boue et de débris s’est abattue sur la région.
«Nous n’avons cessé d’appeler des gens au Népal, des hôpitaux, le gouvernement canadien», explique Kenisha Rawla. «Nous n’arrivons tout simplement pas à obtenir de réponse concrète. Et cela nous inquiète vraiment, car cela fait déjà trois jours et, évidemment, cela nous préoccupe. Nous voulons simplement savoir si nos parents sont sains et saufs.»
Leur dernier contact avec leurs parents remonte à moins de trois heures avant la catastrophe, lors d’une brève conversation sur FaceTime.
«J’espère simplement que le gouvernement canadien pourra nous aider à retrouver nos parents. Je ne sais pas quoi faire sans ma mère et mon père, alors j’espère simplement les revoir bientôt», dit Parnika Rawla.

«J’espère simplement que le gouvernement canadien fera tout ce qui est en son pouvoir pour que nous puissions retrouver notre mère et notre père.»
M. Anand a indiqué que 579 corps avaient été retrouvés et que 1924 personnes étaient toujours portées disparues. Parmi ces personnes disparues, 527 sont des ressortissants étrangers.
La région est très prisée des groupes de touristes qui se rendent au mont Kailash, considéré comme un lieu sacré par de nombreuses cultures et un espace de méditation. Environ 1000 personnes avaient rejoint un trek organisé par l’organisation spirituelle ISHA. L’organisation indique qu’un groupe de près de 80 personnes est désormais porté disparu, parmi lesquelles 12 Canadiens. Dix d’entre eux sont de la région de Toronto, un de Montréal et un autre d’Ottawa.
Ils avaient donné de leurs nouvelles pour la dernière fois à 9 h 05 depuis un centre d’immigration situé à la frontière, dans la région du port de Gyirong. Des images qui ont fait le tour du monde montrent la crue soudaine catastrophique déferlant sur le centre à 9 h 14.
«Cela a été incroyablement difficile et, comme vous pouvez l’imaginer, pour les familles, c’est inimaginable», dit Leslie Crespi, agente de liaison communautaire chez ISHA. «D’après les dernières informations que nous avons obtenues de sources locales, la région a été frappée de plein fouet et est actuellement ensevelie sous des tonnes de débris.»
Mme Crespi précise que l’ISHA dispose d’une équipe déployée du côté tibétain de la frontière, à environ 25 kilomètres du site. Cette équipe est en contact avec les autorités et les équipes gouvernementales sur le terrain afin de recueillir des renseignements. Elle ajoute que l’ISHA compte des bénévoles partout dans le monde qui tentent de venir en aide aux familles des personnes portées disparues.
«Nos bénévoles se rendent dans les foyers pour soutenir les gens, leur parler, passer des appels téléphoniques, apporter de la nourriture – tout ce que nous pouvons faire pour les aider», soutient Mme Crespi.
Ottawa verse également 5 millions de dollars en aide humanitaire d’urgence à la région, ce qui devrait permettre de fournir des articles tels que des couvertures et des trousses d’hygiène. Selon les premières estimations, environ 100 000 personnes auraient besoin d’une aide humanitaire d’urgence, notamment de nourriture, d’eau potable et d’abris.


