Les autorités du Minnesota ont déposé mardi une plainte devant un tribunal fédéral, accusant l’administration Trump de dissimuler des éléments de preuve liés à trois fusillades impliquant des agents fédéraux, notamment celles ayant entraîné la mort de Renee Good et d’Alex Pretti.
La plainte affirme que le gouvernement fédéral est revenu sur sa promesse de coopérer avec les enquêtes menées par l’État après l’opération «Metro Surge», et demande au tribunal d’ordonner à celui-ci de s’y conformer.
L’administration avait envoyé des milliers d’agents dans la région de Minneapolis et de Saint Paul pour mener une opération de répression contre l’immigration dans le cadre de la campagne nationale d’expulsion du président Donald Trump. Le département de la Sécurité intérieure a qualifié cette opération, la plus importante jamais menée en matière d’application des lois sur l’immigration, de succès, mais elle a été vivement critiquée par les dirigeants du Minnesota et a soulevé des questions quant au comportement des agents.
La plainte indique que le gouvernement fédéral n’est pas autorisé à «retenir des éléments de preuve dans le but de soustraire les agents des forces de l’ordre à tout examen minutieux lorsqu’un État enquête sur de graves violations potentielles de son droit pénal, visant ses citoyens, à l’intérieur de ses frontières».
Des courriels ont été envoyés au Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) et au ministère de la Justice afin d’obtenir leurs commentaires.
En janvier, le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête fédérale relative aux droits civils sur la mort de Pretti, mais a déclaré qu’une enquête fédérale similaire n’était pas justifiée dans le cas de la mort de Good. La décision prise dans l’affaire Good marque un net revirement par rapport aux administrations précédentes, qui agissaient rapidement pour enquêter sur les fusillades impliquant des civils et des agents des forces de l’ordre afin de déterminer s’il y avait eu violation des droits civils.
Le procureur général adjoint Todd Blanche a déclaré que la Division des droits civils du ministère n’enquêtait pas sur toutes les fusillades impliquant les forces de l’ordre et qu’il fallait que des circonstances et des faits «justifient une enquête».
La procureure du comté de Hennepin, Mary Moriarty, a affirmé mardi que le gouvernement fédéral «avait adopté une politique consistant à refuser catégoriquement de communiquer des preuves», qualifiant cette pratique d’inédite et d’alarmante.
