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Minneapolis: le droit au port d’arme aux États-Unis sous une nouvelle lumière

Le Deuxième amendement de la Constitution du pays stipule que «le droit du peuple à garder et porter des armes ne peut pas être enfreint».

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Immigration Enforcement Minnesota Des personnes se rassemblent près du lieu où Alex Pretti a été mortellement blessé par balle par un agent de la police des frontières américaine hier, à Minneapolis, dimanche 25 janvier 2026. (Adam Gray/Associated Press)

Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, a été tué par balle samedi par des agents fédéraux à Minneapolis. Le gouvernement a justifié sa mort par le fait qu’il portait un pistolet, un argument fustigé par l’opposition et des associations de défense du port d’arme.

Au point d’opérer une certaine inversion dans le débat traditionnel, entre des responsables républicains habituellement fervents défenseurs du port d’arme et des élus démocrates qui en viennent à défendre ce droit malgré leur combat contre la dissémination des armes à feu dans le pays.

Aux États-Unis, le Deuxième amendement de la Constitution stipule que «le droit du peuple à garder et porter des armes ne peut pas être enfreint».

Depuis des décennies, ce droit fait l’objet de fortes controverses au sein de la société américaine, marquée comme aucune autre nation développée au monde par des drames impliquant des armes à feu.

À de nombreuses reprises, la Cour suprême a réaffirmé ce droit et celui de porter une arme en public. En 2023, près d’un tiers des Américains disaient posséder une arme à feu dans une enquête du Pew Research Center.

Alex Pretti en faisait partie, et ce de manière légale, selon le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, qui a également affirmé après la mort de l’infirmier que celui-ci ne possédait pas de casier judiciaire.

«Maximum de dégâts»

Mais pour le gouvernement de Donald Trump, le fait qu’Alex Pretti portait une arme au moment des faits justifie les tirs des agents de la police aux frontières, déployés à Minneapolis pour assister les opérations de la police de l’immigration.

Rapidement après les événements, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) a posté sur X une photo d’une arme de poing, présentée comme étant celle découverte sur Alex Pretti.

Greg Bovino, un haut responsable de la police aux frontières, a affirmé lors d’une conférence de presse samedi qu’il semblait que l’infirmier «voulait faire un maximum de dégâts et massacrer des membres des forces de l’ordre».

«Vous ne devriez pas vous pointer avec des armes» à une manifestation, a soutenu dimanche sur Fox News la secrétaire Kristi Noem.

Sur la même chaîne, le chef du FBI, Kash Patel, a estimé qu’«aucune personne voulant être pacifique n’arrive à une manifestation avec une arme chargée et deux chargeurs remplis».

«Ce n’est pas une manifestation pacifique», a ajouté ce fidèle de Donald Trump.

Bill Essayli, un procureur fédéral en Californie, a de son côté déclaré sur X que «si vous approchez des membres des forces de l’ordre avec une arme, il y a de fortes probabilités qu’ils auront légalement raison de vous abattre».

«Droit donné par Dieu»

Des déclarations condamnées par plusieurs associations de défense du droit à porter des armes, dont l’organisation Guns Owners of America qui a rejeté l’idée que les policiers étaient dans le droit de tirer sur des personnes portant une arme légalement.

«Le Deuxième amendement protège le droit des Américains à porter des armes pendant qu’ils manifestent - un droit sur lequel le gouvernement fédéral ne doit pas empiéter», a ajouté GOA.

La National Rifle Association (NRA) a elle qualifié de «dangereux et faux» les propos du procureur Essayli.

«Des voix publiques responsables devraient attendre une enquête complète au lieu de faire des généralisations et de diaboliser des citoyens respectueux des lois», a souligné le puissant lobby américain pro-armes.

Rare voix dans son camp à s’élever contre le discours des autorités, l’élu républicain au Congrès Thomas Massie a déclaré sur X: «Porter une arme à feu n’est pas une condamnation à mort.»

«C’est un droit donné par Dieu, protégé constitutionnellement», a ajouté ce député connu pour ses positions libertariennes et ses critiques fréquentes à l’encontre de Donald Trump.

À gauche, certains ont aussi fustigé la réponse du gouvernement.

Dans une série de posts identiques sur X, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a répondu aux différents responsables du gouvernement qui justifiaient les actions des agents à Minneapolis.

«L’administration Trump ne croit pas au Deuxième amendement. Bon à savoir.»