Le président Donald Trump a indiqué samedi avoir donné instruction à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, de ne pas intervenir dans les manifestations se déroulant dans les villes dirigées par des démocrates, à moins que les autorités locales ne sollicitent l’aide fédérale, face aux critiques croissantes concernant la politique d’immigration de son administration.
«Nous n’interviendrons en aucun cas dans les manifestations et/ou émeutes qui se déroulent dans les villes mal gérées par les démocrates, à moins qu’elles ne nous demandent de l’aide», a publié M. Trump sur ses médias sociaux.
Il n’a fourni aucun détail supplémentaire sur l’impact de cet ordre sur les opérations des agents des douanes et de l’immigration, du département de la Sécurité intérieure (DHS) ou d’autres agences fédérales, mais a ajouté que «nous protégerons néanmoins, et avec la plus grande fermeté, tous les bâtiments fédéraux attaqués par ces fanatiques, agitateurs et insurrectionnels grassement payés.»
Le président américain a mentionné qu’en plus de ses instructions à Mme Noem, il avait ordonné à «l’ICE et/ou à la police des frontières de faire preuve de la plus grande fermeté dans la protection des biens du gouvernement fédéral».
L’administration Trump a déjà déployé la Garde nationale, ou des agents fédéraux des forces de l’ordre, dans plusieurs zones à majorité démocrate, notamment Washington, Los Angeles, Chicago et Portland, en Oregon. Mais le décret de samedi intervient alors que l’opposition à de telles tactiques s’intensifie, en particulier dans la région des villes jumelles du Minnesota.
Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, et les maires de Minneapolis et de Saint Paul ont contesté le renforcement des contrôles fédéraux de l’immigration dans ces villes, arguant que le DHS viole les protections constitutionnelles.
Une juge fédérale a déclaré qu’elle ne suspendrait pas les opérations de contrôle pendant la durée de la procédure judiciaire. Les autorités de l’État et locales avaient demandé une ordonnance rapide pour suspendre ces opérations ou en limiter la portée.
Les avocats du ministère de la Justice ont qualifié la plainte de «juridiquement abusive».
L’État, et plus particulièrement Minneapolis, est sous tension depuis que des agents fédéraux ont abattu deux personnes dans la ville: Renee Good le 7 janvier et Alex Pretti le 24 janvier. Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre l’action fédérale au Minnesota et dans tout le pays.
Le responsable de la politique frontalière de M. Trump, Tom Homan, a laissé entendre que l’administration pourrait réduire le nombre d’agents de l’immigration au Minnesota, mais seulement si les autorités de l’État et locales coopèrent.
Le locataire de la Maison-Blanche a envoyé M. Homan à Minneapolis après les meurtres de Mme Good et M. Pretti, semblant ainsi indiquer une volonté d’apaiser les tensions au Minnesota.
