L’ancien présentateur de CNN devenu journaliste indépendant, Don Lemon, a plaidé vendredi non coupable des accusations fédérales relatives aux droits civils qui pèsent contre lui.
Il est accusé d’avoir participé à une manifestation dans une église du Minnesota dont le pasteur est un agent des services de l’immigration et des douanes (ICE).
Quatre autres personnes doivent également comparaître dans cette affaire.
M. Lemon n’a fait aucun commentaire aux journalistes lorsqu’il est entré dans le palais de justice, accompagné de son avocat, Joe Thompson.
Une vingtaine de manifestants se tenaient devant le bâtiment, scandant «Pam Bondi doit partir» et «Protégez la presse».
L’avocate spécialisée dans les droits civiques Nekima Levy Armstrong doit également comparaître vendredi.
Cette militante locale de premier plan a fait l’objet d’une photo truquée publiée sur les médias sociaux officiels de la Maison-Blanche, la montrant faussement en train de pleurer lors de son arrestation.
Cette image fait partie d’une avalanche d’images modifiées par intelligence artificielle qui circulent depuis les meurtres par balle de Renee Good et Alex Pretti par des agents fédéraux à Minneapolis, dans le cadre de la répression de l’immigration menée par l’administration Trump.
L’avocat de M. Lemon n’a pas répondu cette semaine aux appels visant à obtenir ses commentaires.
Les comparutions devant les tribunaux fédéraux comprennent généralement l’enregistrement des plaidoyers et la programmation des procédures futures. M. Lemon a indiqué qu’il comptait plaider non coupable.
Deux autres accusés dans le cadre de la manifestation devant une église baptiste du sud à Saint-Paul, doivent comparaître la semaine prochaine, dont une autre journaliste indépendante, Georgia Fort. Neuf personnes ont été inculpées dans cette affaire.
Les manifestants ont interrompu un office à la Cities Church le 18 janvier en scandant «ICE out» (Dehors l’ICE) et «Justice for Renee Good» (Justice pour Renee Good), en référence à cette mère de 3 enfants, âgée de 37 ans, qui a été abattue par un agent de l’ICE à Minneapolis le mois dernier.
M. Lemon a mentionné qu’il n’était pas affilié au groupe et qu’il était présent en tant que journaliste pour couvrir l’événement pour son émission en direct.
«J’ai passé toute ma carrière à couvrir l’actualité. Je ne vais pas m’arrêter maintenant. En fait, il n’y a pas de moment plus important que maintenant, à cet instant précis, pour des médias libres et indépendants qui mettent en lumière la vérité et demandent des comptes aux dirigeants», a précisé M. Lemon aux journalistes après son arrestation.
La manifestation devant l’église a suscité de vives protestations de la part des dirigeants religieux et politiques conservateurs.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a lancé un avertissement dans un message publié sur les réseaux sociaux.
«Le président Trump ne tolérera pas l’intimidation et le harcèlement des chrétiens dans leurs lieux de culte sacrés», a-t-elle soutenu.
Même les membres du clergé qui s’opposent aux mesures prises par l’administration en matière d’immigration ont exprimé leur malaise.
Les neuf personnes sont poursuivies en vertu de la loi de 1994 sur la liberté d’accès aux entrées des cliniques, qui interdit toute ingérence ou intimidation «par la force, la menace de la force ou l’obstruction physique à l’encontre de toute personne exerçant ou cherchant à exercer son droit à la liberté religieuse, garanti par le premier amendement, dans un lieu de culte».
Les sanctions peuvent aller jusqu’à un an de prison et 10 000 $ d’amende.
Me Thompson fait partie des anciens procureurs qui ont quitté le bureau du procureur fédéral du Minnesota ces dernières semaines, invoquant leur frustration face à la répression menée par l’administration Trump en matière d’immigration dans l’État et à la réponse du ministère de la Justice à la mort de Mme Good et de M. Pretti.
Joe Thompson, l’un des quatre avocats enregistrés pour représenter M. Lemon, avait dirigé l’enquête tentaculaire sur les cas de fraude à grande échelle dans les programmes publics pour le bureau du procureur jusqu’à sa démission le mois dernier.
L’administration Trump a invoqué ces affaires de fraude, dans lesquelles la plupart des accusés sont issus de l’importante communauté somalienne de l’État, pour justifier sa répression en matière d’immigration.
