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Le journaliste Don Lemon arrêté à Los Angeles

Il a été placé en détention par des agents fédéraux.

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Don Lemon assiste à la 15e cérémonie annuelle «CNN Heroes All-Star Tribute» à l'American Museum of Natural History, le dimanche 12 décembre 2021, à New York. Don Lemon assiste à la 15e cérémonie annuelle «CNN Heroes All-Star Tribute» à l'American Museum of Natural History, le dimanche 12 décembre 2021, à New York.

Le journaliste Don Lemon et trois autres personnes ont été arrêtés vendredi en lien avec une manifestation contre la répression migratoire qui avait perturbé un service religieux dans une église du Minnesota et exacerbé les tensions entre les habitants et les autorités fédérales.

Don Lemon a été arrêté par des agents fédéraux à Los Angeles, où il couvrait la cérémonie des prix Grammy, selon son avocat, Abbe Lowell. On ignore pour l’instant les chefs d’accusation retenus contre M. Lemon et les autres personnes arrêtées après la manifestation du 18 janvier à l’église Cities de Saint Paul, où un responsable local du Service de l’immigration et des douanes (ICE) officie en tant que pasteur.

Don Lemon, qui a été congédié de CNN en 2023, affirme n’avoir aucun lien avec l’organisation qui a pénétré dans l’église et qu’il s’y trouvait en tant que journaliste, couvrant les événements.

«Don est journaliste depuis 30 ans, et son travail à Minneapolis, protégé par la Constitution, n’est pas différent de ce qu’il a toujours fait, a soutenu Abbe Lowell. Le Premier Amendement protège les journalistes dont le rôle est de faire éclater la vérité et de demander des comptes aux puissants.»

La procureure générale Pam Bondi a confirmé vendredi matin sur les réseaux sociaux l’arrestation de Don Lemon et des autres personnes présentes lors de la manifestation.

«Sur mes instructions, tôt ce matin, des agents fédéraux ont arrêté Don Lemon, Trahern Jeen Crews, Georgia Fort et Jamael Lydell Lundy, en lien avec l’attaque coordonnée contre l’église Cities Church à Saint Paul, dans le Minnesota», a relaté la procureure générale.

«Continuez d’essayer»

Depuis son départ de CNN, Don Lemon a rejoint les rangs des journalistes indépendants, publiant régulièrement des vidéos sur YouTube. Il n’a jamais caché son mépris pour le président Donald Trump.

Pourtant, lors de son émission en ligne depuis l’église, il a répété à plusieurs reprises: «Je ne suis pas ici en tant que militant. Je suis ici en tant que journaliste.» Il a décrit la scène qui se déroulait sous ses yeux et a interviewé des fidèles et des manifestants.

La semaine dernière, un magistrat a rejeté la première demande du procureur visant à inculper le journaliste chevronné. Peu après, il a prédit dans son émission que l’administration tenterait à nouveau sa chance.

«Me voilà. Continuez d’essayer. Ça ne m’empêchera pas d’être journaliste. Ça ne réduira pas ma voix au silence. Allez-y, faites de moi le nouveau Jimmy Kimmel, si vous voulez. Faites-le, tout simplement. Parce que je ne vais nulle part», a-t-il lancé.

Le révérend Al Sharpton, figure emblématique de la lutte pour les droits civiques, a qualifié l’arrestation d’«alarmante», affirmant que l’administration Trump s’acharnait sur «le Premier Amendement».

«Nous ne pouvons pas laisser Donald Trump nous bâillonner pour étouffer notre droit à la liberté d’expression, alors que son administration commet certains des actes les plus odieux de l’histoire américaine», a déclaré M. Sharpton dans un communiqué.

Georgia Fort, une journaliste indépendante, a diffusé en direct sur Facebook Live les instants précédant son arrestation vendredi, déclarant: «Des agents sont à ma porte en ce moment même» avec un mandat d’arrêt et une mise en accusation par un grand jury.

«Je n’ai plus le sentiment de bénéficier de la liberté d’expression garantie par le Premier Amendement en tant que membre de la presse, car des agents fédéraux sont maintenant à ma porte pour m’arrêter pour avoir filmé la manifestation devant l’église il y a quelques semaines», a soutenu Mme Fort, ajoutant qu’elle savait figurer sur une liste de prévenus tenue secrète.

On ignore pour l’instant si Mme Fort et les deux autres individus arrêtés ont un avocat.

Manœuvre d’intimidation

Kelly McBride, vice-présidente du Poynter Institute, a déclaré que ces arrestations et la récente perquisition au domicile d’une journaliste du «Washington Post» envoient un message clair dissuadant les journalistes de documenter l’opposition à l’administration Trump.

«Il s’agit d’une manœuvre d’intimidation. Et il semble que cette administration n’apprécie pas d’être scrutée par le public et les journalistes. Elle ne veut pas que l’on voie ce qu’elle fait», a-t-elle ajouté. 

L’émissaire de Trump promet «bientôt» une baisse des effectifs de police à Minneapolis L’envoyé spécial de Donald Trump à Minneapolis a promis jeudi de «bientôt» réduire les effectifs de la police de l’immigration déployés dans la ville.

Cela représente un fardeau supplémentaire pour les journalistes indépendants qui ne bénéficient pas du soutien d’un média pour financer leur défense.

Trahern Jeen Crews est une figure de proue du mouvement Black Lives Matter Minnesota, qui a mené de nombreuses manifestations et actions pour la justice raciale, notamment après la mort de George Floyd à Minneapolis en 2020.

Après que des responsables de l’administration Trump eurent annoncé plus tôt que des arrestations seraient effectuées après la manifestation devant l’église, M. Crews a déclaré à l’Associated Press qu’il existe une «tradition» de violences et de ciblage des militants et leaders noirs.

«En tant que personne noire, il faut toujours garder cela à l’esprit», a-t-il souligné.

Des manifestants déjà inculpés

Un avocat spécialisé dans les droits civiques et deux autres personnes impliquées dans la manifestation ont été arrêtés la semaine dernière. Le parquet les accuse de violation des droits civiques pour avoir perturbé un service religieux à l’église Cities Church de Saint Paul, où un fonctionnaire local du Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE) officie en tant que pasteur.

Le département de la Justice a ouvert une enquête pour violation des droits civiques après qu’un groupe eut interrompu un service religieux en scandant «ICE dehors!» et «Justice pour Renee Good!», en référence à cette mère de trois enfants de 37 ans tuée par balle par un agent de l’ICE à Minneapolis.

«Soyons clairs: NOUS NE TOLÉRONS AUCUNE ATTAQUE CONTRE LES LIEUX DE CULTE», a lancé la procureure générale Pam Bondi sur les réseaux sociaux la semaine dernière.

Des résidents apeurés de sortir et des employés arrêtés: des commerces complètement vides à cause de l’ICE au Minnesota Brooklyn Center, Minnesota. Les résidents de cette municipalité située en banlieue de Minneapolis se butent à de nombreux commerces fermés ou complètement vides depuis l’arrivée de la police américaine de l’immigration (ICE), qui ébranle l’économie dans le secteur.

L’église Cities Church appartient à la Convention baptiste du Sud et compte parmi ses pasteurs David Easterwood, qui dirige un bureau de l’ICE. De nombreuses églises baptistes ont des pasteurs qui exercent également d’autres professions.

«Nous sommes reconnaissants envers le département de la Justice d’avoir agi rapidement pour protéger Cities Church, ce qui nous permet de continuer à vivre fidèlement la mission de l’église: adorer Jésus et le faire connaître», a déclaré le pasteur principal, Jonathan Parnell, vendredi dans un communiqué.

La rapidité avec laquelle le département de la Justice a ouvert une enquête sur cette perturbation contraste avec sa décision de ne pas enquêter sur la mort de Renee Good, tuée par un agent de l’ICE. Le département n’a pas indiqué s’il ouvrirait une enquête sur la mort d’Alex Pretti, âgé de 37 ans, tué par des agents fédéraux.