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Le journaliste américain Don Lemon décrit son arrestation par une douzaine d’agents fédéraux

«Je suis allé là-bas en tant que journaliste. Je suis allé là-bas pour raconter, documenter et enregistrer ce qui se passait.»

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Don Lemon arrive à la 68e cérémonie annuelle des Grammy Awards, le dimanche 1er février 2026, à Los Angeles. Don Lemon arrive à la 68e cérémonie annuelle des Grammy Awards, le dimanche 1er février 2026, à Los Angeles.

Don Lemon a raconté qu’une douzaine d’agents fédéraux s’étaient rendus à son hôtel de Los Angeles pour l’arrêter la semaine dernière, alors même que son avocat avait informé les autorités qu’il se rendrait pour répondre à des accusations fédérales relatives aux droits civils suite à sa couverture d’une manifestation anti-immigration qui avait perturbé un office religieux dans une église du Minnesota.

M. Lemon a affirmé à Jimmy Kimmel, animateur de l’émission de fin de soirée sur ABC, que l’envoi d’agents était un gaspillage de ressources, car les forces de l’ordre n’auraient pas eu à envoyer d’agents pour le suivre s’il avait été autorisé à se rendre aux autorités.

«Je me dirigeais vers ma chambre et j’ai appuyé sur le bouton de l’ascenseur, puis tout à coup, je me suis senti bousculé et des gens ont essayé de m’attraper et de me passer les menottes», a confié lundi le journaliste indépendant dans l’émission Jimmy Kimmel Live !

Il a demandé aux agents qui ils étaient et ils se sont identifiés. M. Lemon a demandé à voir un mandat et on lui a répondu qu’ils n’en avaient pas. Les agents ont alors appelé un agent du FBI pour qu’il vienne de l’extérieur afin de montrer le mandat à Lemon sur un téléphone portable.

Noovo Info sur les traces de l'ICE Suivant les traces de la police de l’immigration du gouvernement de Donald Trump (ICE), Noovo Info a été interpellé par des policiers lors d’une intervention des agents fédéraux dans un hôtel de Minneapolis.

Le ministère américain de la Justice et le FBI n’ont pas immédiatement répondu aux messages leur demandant de commenter.

Jimmy Kimmel a présenté Don Lemon, son premier invité de la soirée, en disant qu’il avait été «arrêté pour avoir exercé son métier de journaliste».

L’avocat du journaliste a indiqué que son client comptait plaider non coupable. Il a lancé aux journalistes: «Je ne me tairai pas» après avoir été libéré sur ordre du juge.

Un grand jury du Minnesota a inculpé Don Lemon, une autre journaliste indépendante, Georgia Fort, et d’autres personnes pour complot et atteinte aux droits garantis par le premier amendement des fidèles lors de la manifestation du 18 janvier à la Cities Church de St. Paul, où un responsable de l’agence américaine de l’immigration et des douanes est pasteur.

Don Lemon, qui a été congédié de CNN en 2023 après une carrière mouvementée en tant qu’animateur matinal, a soutenu qu’il n’avait aucun lien avec le groupe qui a perturbé le service dominical en entrant dans l’église.

Il a précisé qu’il ne pouvait pas en dire beaucoup sur l’affaire, mais qu’il n’était pas un manifestant.

«Je suis allé là-bas en tant que journaliste. Je suis allé là-bas pour raconter, documenter et enregistrer ce qui se passait. Je suivais ce groupe, et c’est ce que j’ai fait. J’ai fait un reportage sur eux», a-t-il insisté.

M. Lemon a dit avoir demandé aux agents qui l’ont arrêté s’ils le laisseraient passer un coup de fil. Il a déclaré qu’on lui avait répondu que non et qu’il pourrait parler à son avocat le lendemain. Il a essayé d’utiliser Siri sur son Apple Watch pour appeler son mari et son avocat, mais aucun des deux n’a répondu.

Le bracelet en diamants qu’il portait ne cessait de s’accrocher à ses menottes, ce qui lui faisait mal, et les agents ont dit à Lemon qu’ils allaient le lui retirer. M. Lemon dit avoir demandé aux agents s’ils pouvaient le remettre à son mari dans sa chambre d’hôtel, ce qu’ils ont accepté de faire.

«C’est ainsi que mon mari a appris la nouvelle. Sinon, personne n’aurait su où j’étais», a déploré le journaliste.

Il a été détenu dans une salle d’attente du tribunal fédéral de minuit jusqu’à 13h le lendemain.

Jimmy Kimmel lui-même est devenu le symbole de la lutte contre la censure l’année dernière, lorsque ABC a suspendu Jimmy Kimmel Live ! pour des remarques faites à la suite de l’assassinat de l’activiste conservateur Charlie Kirk. Le président de la Commission fédérale des communications, Brendan Carr, avait fait pression sur les diffuseurs pour qu’ils retirent Kimmel de l’antenne peu avant cela.

ABC a levé la suspension après un tollé, et Jimmy Kimmel est revenu à l’antenne avec des audiences bien plus élevées qu’auparavant. Au Congrès, les sénateurs démocrates ont fait part de leurs inquiétudes quant au fait que les actions de Carr bafouaient le premier amendement.