Les États-Unis ont accordé mercredi un satisfecit au Venezuela, qui reste sur leur liste noire de pays producteurs majeurs de drogue ou par lequel la drogue transite, mais qui désormais coopère contre le narcotrafic.
«Au Venezuela, grâce à l’arrestation et à la destitution par mon administration de l’ancien dictateur illégitime et trafiquant de drogue Nicolas Maduro, nous constatons déjà les résultats d’une coopération croissante avec le gouvernement provisoire du pays dans la lutte contre les cartels», déclare le président Donald Trump dans un communiqué transmis par le département d’État.
«Compte tenu des mesures positives prises sous la présidence par intérim de Delcy Rodriguez, j’ai décidé que le Venezuela ne devait plus être considéré comme ayant manifestement manqué à ses engagements en matière de lutte contre la drogue», ajoute-t-il.
Depuis la capture du président Maduro par un raid américain en janvier, Donald Trump cherche à revigorer les relations avec Caracas et apporte un soutien inopiné à la dirigeante par intérim Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente sous Maduro.
S’agissant de la Colombie, producteur majeur de coca, le dirigeant républicain estime que ce pays «est en passe de retrouver sa place de premier partenaire en matière de sécurité dans notre hémisphère» grâce à l’élection du nouveau président de droite Abelardo de la Espriella, un proche de Trump.
Si la Colombie «réalise des progrès dans l’éradication massive de la coca et le démantèlement de ses réseaux narcoterroristes au cours de l’année à venir, j’envisagerai de lever le statut de “pays manifestement défaillant” dont elle fait l’objet», indique le président américain.
La semaine dernière, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait salué à Barranquilla, en Colombie, la nouvelle donne politique dans ce pays après des années de gouvernance à gauche. M. Rubio s’était aussi rendu en Équateur et au Pérou, deux pays alliés des États-Unis.
Le Venezuela figure parmi une vingtaine de pays sur la liste noire des États-Unis en matière de lutte contre la drogue et le narcotrafic, avec l’Afghanistan, les Bahamas, le Belize, la Bolivie, la Birmanie, la Chine, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, l’Équateur, le Salvador, le Guatemala, Haïti, le Honduras, l’Inde, la Jamaïque, le Laos, le Mexique, le Nicaragua, le Pakistan, le Panama et le Pérou.
Quatre pays, l’Afghanistan, la Bolivie, la Birmanie et la Colombie, sont pris à partie pour n’avoir pas déployé d’«efforts substantiels» contre le trafic de stupéfiants.
Le Brésil réprimandé
Washington s’en prend aussi particulièrement au Brésil, devenu «une plaque tournante des flux mondiaux de cocaïne».
«Le gouvernement brésilien doit de toute urgence prendre des mesures énergiques» pour combattre les cartels, dit le président Trump qui appelle, par ailleurs, le Canada et le Mexique à en faire plus pour cesser le flot de drogues entrant aux États-Unis.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025, le département d’État américain a désigné comme «organisations terroristes» plusieurs groupes criminels d’Amérique latine, dont Los Choneros, Los Lobos et Chone Killers en Équateur, le Tren de Aragua au Venezuela ou le cartel de Sinaloa au Mexique.
La Chine doit elle se montrer «plus agressive» pour lutter contre la production de précurseurs chimiques servant à la fabrication du fentanyl, responsable de dizaines de milliers de morts ces dernières années aux États-Unis notamment.
