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Lula obtient gain de cause: Meta doit cesser de favoriser Bolsonaro au Brésil

Meta devra s’acquitter d’une amende de 500 000 réais (140 000 $CAN) par jour en cas de non-respect de cette décision.

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Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, candidat à sa réélection, joue à un jeu vidéo brésilien avant une cérémonie de signature d'un décret réglementant le secteur des jeux vidéo à Brasilia, au Brésil, le mercredi 14 octobre 2026. Photo AP Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, candidat à sa réélection, joue à un jeu vidéo brésilien avant une cérémonie de signature d'un décret réglementant le secteur des jeux vidéo à Brasilia, au Brésil, le mercredi 14 octobre 2026. Photo AP (Eraldo Peres)

Un juge du plus haut tribunal du pays a statué jeudi que Meta devait prendre des mesures pour garantir immédiatement l’égalité de traitement entre les deux candidats à la présidence avant le second tour prévu le 25 octobre.

Cette décision intervient peu après que le président Luiz Inácio Lula da Silva, qui affronte Flávio Bolsonaro, a déposé une plainte accusant l’entreprise technologique propriétaire d’Instagram, de Facebook et de WhatsApp d’utiliser des algorithmes biaisés et des restrictions liées à l’intelligence artificielle pour favoriser le candidat de l’opposition, M. Bolsonaro, à l’approche de l’élection.

Le juge Marco Aurélio Bellizze a statué que Meta ne pouvait pas réduire la diffusion de contenus politiques, restreindre les recherches ou supprimer des publications d’une manière susceptible de créer un déséquilibre entre MM. Lula et Bolsonaro.

Sa décision ordonne également à l’entreprise de veiller à ce que son outil d’intelligence artificielle applique des critères identiques aux deux candidatures.

Dans son arrêt, M. Bellizze a précisé que Meta devra s’acquitter d’une amende de 500 000 réais (140 000 $CAN) par jour en cas de non-respect de cette décision.

Le dossier juridique de la campagne de M. Lula, auquel l’Associated Press a eu accès, indiquait que Meta avait soumis les supports de campagne et les publications organiques de M. Lula à des «réductions injustifiées de leur portée». Il précisait également que Meta ne s’était pas conformée à un plan soumis au tribunal électoral pour remédier à ces problèmes.

Meta a refusé de commenter cette décision.

La campagne du président Lula fait valoir que les comptes et les publicités associés à Flávio Bolsonaro auraient bénéficié d’une visibilité artificiellement gonflée, avec des indicateurs d’engagement rivalisant avec ceux de célébrités mondiales.

Les deux candidats sont au coude à coude dans la course à la présidence, après que le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro a recueilli 47 % des voix contre 45 % pour le président sortant lors du premier tour, le 4 octobre.

Un vendeur de rue propose à la vente des drapeaux de campagne des candidats à la présidence, le sénateur Flavio Bolsonaro et l'actuel président Luiz Inácio Lula da Silva, qui brigue un nouveau mandat, à Brasilia, au Brésil, le 29 septembre 2026. Photo AP Un vendeur de rue propose à la vente des drapeaux de campagne des candidats à la présidence, le sénateur Flavio Bolsonaro et l'actuel président Luiz Inácio Lula da Silva, qui brigue un nouveau mandat, à Brasilia, au Brésil, le 29 septembre 2026. Photo AP (Eraldo Peres)

La plainte de M. Lula dénonce également une disparité flagrante dans les outils d’intelligence artificielle de Meta: les utilisateurs ne parviennent pas à générer des images de campagne liées au président âgé de 80 ans via la fonctionnalité «Meta AI» de WhatsApp, mais peuvent le faire s’ils souhaitent promouvoir du contenu en faveur de Flávio Bolsonaro.

Gean Ferreira et Evelyn Santos, tous deux avocats de la campagne de M. Lula, ont affirmé dans un communiqué que la diffusion des contenus par Meta était sélective à l’encontre du président sortant et favorable à M. Bolsonaro, un allié du président américain Donald Trump.

«D’une part, les contenus du candidat Luiz Inácio Lula da Silva et de ses partisans sont soumis à des restrictions de diffusion, sans aucune justification ni transparence», ont déclaré les avocats.

«D’autre part, les profils agissant en tant qu’agents politiques pour le camp adverse (…) bénéficient d’une portée disproportionnée et artificielle, générant même plus de vues que des célébrités mondiales.»

L’équipe du président Lula souhaite que le plus haut tribunal du pays ordonne la levée immédiate des restrictions de contenu et fasse pression sur Meta pour qu’elle compense la perte d’audience en doublant sa portée afin de réparer le préjudice causé.

Le 11 octobre, alors que les électeurs de M. Lula commençaient à se plaindre de l’utilisation des outils de Meta, le géant de la tech a déclaré à la Cour électorale qu’il rejetait les accusations de partialité en faveur de M. Bolsonaro.

L’entreprise a admis avoir rencontré des problèmes techniques affectant des comptes au-delà du Brésil. Elle a également affirmé agir en totale conformité avec la réglementation électorale brésilienne et s’engager à garantir un accès égal à la plateforme pour tous les partis politiques.