Environnement

Climat: la directrice de la COP30 accuse les États-Unis de freiner d’autres pays

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Ana Toni, PDG de la COP30, s'exprime lors d'un entretien avec l'Associated Press dans le cadre d'une conférence consacrée à la transition vers l'abandon des énergies fossiles, le mercredi 29 avril 2026, à Santa Marta, en Colombie. Photo AP Ana Toni, PDG de la COP30, s'exprime lors d'un entretien avec l'Associated Press dans le cadre d'une conférence consacrée à la transition vers l'abandon des énergies fossiles, le mercredi 29 avril 2026, à Santa Marta, en Colombie. Photo AP (Ivan Valencia/AP)

Avec leur stratégie commerciale, les États-Unis «ont influé très négativement» sur les politiques climatiques d’autres pays, a déploré Ana Toni, directrice de la COP au Brésil, qui promeut pour cette année une «feuille de route» sur l’abandon des énergies fossiles.

«Directement ou indirectement, les États-Unis ont influé très négativement sur la capacité d’autres pays à avancer» dans la lutte contre le réchauffement de la planète, a déclaré à l’AFP Ana Toni, directrice générale de la COP30 l’an dernier à Belém, au Brésil.

Avant la COP31, du 9 au 20 novembre en Turquie, Mme Toni a critiqué l’administration du président Donald Trump, qui s’est retirée de l’Accord de Paris en 2025, et impacte l’agenda climatique d’autres pays, à coups de pressions et droits de douane.

La rivalité entre Washington et Pékin joue, selon elle, un rôle dans cet engrenage.

Les pays «sont plus réticents à importer des produits chinois d’empreinte carbone basse de crainte de représailles des États-Unis» ou parce que ceux-ci font «pression pour des produits d’empreinte carbone plus élevée», mais américains.

«Cela retarde logiquement la capacité de ces pays à atteindre des objectifs de décarbonation plus ambitieux», estime-t-elle.

Pour Ana Toni la hausse des prix des carburants due au conflit au Moyen-Orient démontre que la dépendance au pétrole peut être «très dommageable pour l’équilibre général» du monde.

«C’est la preuve que faire la transition au-delà des combustibles fossiles, ce n’est pas que combattre le changement climatique, c’est aussi une question de souveraineté, permet de résoudre un problème économique et d’assurer la sécurité énergétique», a-t-elle ajouté.

Après un accord historique en 2023 à la COP de Dubaï, cette question avait été abandonnée à Belém sur pression de pays producteurs.

Le Brésil s’est engagé à promouvoir une «feuille de route» globale de sortie progressive et volontaire du pétrole, du charbon et du gaz.

Ana Toni, qui a travaillé sur ce document, estime que «tous les pays peuvent progresser afin de diminuer leur dépendance et aller vers cette transition».

Elle a par ailleurs déploré le «manque de solidarité» des pays riches pour aider ceux en développement à s’adapter au changement climatique, regrettant que l’effondrement d’un glacier au Népal ne les sensibilise pas davantage.