L’Union européenne a appelé lundi la France à «protéger» le droit à manifester pacifiquement, tout en qualifiant d’«inacceptables» les pillages et incendies qui ont eu lieu au cours de la fin de semaine.
«Il ne faut pas assimiler les personnes qui manifestent pacifiquement à celles qui commettent des actes de violence», a souligné un porte-parole de la Commission, Markus Lammert.
«Les incendies volontaires, les pillages et les attaques contre les individus ou des bâtiments publics sont inacceptables», a-t-il ajouté.
Le thème des violences urbaines en France s’est aussi invité à l’ordre du jour du Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, où un débat était prévu lundi soir à la demande des groupes PPE (droite pro-européenne) et ECR (conservateurs et souverainistes).
Au programme des échanges: «les récentes violences antidémocratiques perpétrées par des groupes radicaux d’extrême gauche, leurs répercussions pour l’ordre public et le droit légitime de manifester», selon le Parlement, le débat associant à la situation française les cas de l’Italie et de la Belgique où des manifestations ont aussi donné lieu à des affrontements avec la police ces derniers jours.
«Nous sommes devenus une société qui n’est pas capable de protéger la police et les institutions. C’est extrêmement grave», a dit à l’AFP l’eurodéputée belge Assita Kanko (ECR), accusant la gauche radicale de ne pas exprimer de soutien aux policiers face aux violences.
Au lendemain d’une fin de semaine marquée par des scènes de chaos à Paris, Lyon ou Marseille, le premier ministre français, Sébastien Lecornu, a accusé le «mouvement de l’ultragauche» de vouloir «organiser un désordre (…) jusqu’à l’élection présidentielle» prévue au printemps prochain.
Lundi à Bruxelles, la Commission européenne s’est dite par ailleurs en «contact étroit» avec l’Arcom, le régulateur français du numérique, et prête à lui prêter assistance pour s’assurer que les réseaux sociaux respectent leurs obligations, et notamment l’interdiction de diffuser des messages incitant à la violence.
«Quand les plateformes en ligne soupçonnent que des actes criminels puissent être commis, elles sont obligées d’en informer de manière proactive les autorités», a rappelé Thomas Regnier, porte-parole de l’UE sur le numérique, précisant qu’une nouvelle réunion avec l’Arcom était prévue lundi.