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Violences en France: des couvre-feux imposés

Le «bordel» est «très localisé sur des centres urbains», a estimé le premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’issue d’une cellule interministérielle de crise.

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Le gouvernement français a annoncé lundi ses premières mesures en réponse aux émeutes du week-end dans plusieurs villes du pays, à commencer par des couvre-feux «partiels» et «localisés», tandis que la crise prend un tournant de plus en plus politique, avec des critiques émanant aussi du bloc présidentiel.

Le «bordel» est «très localisé sur des centres urbains», a estimé le premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’issue d’une cellule interministérielle de crise.

En conséquence, il a déclaré avoir «demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir» lundi, précisant qu’ils seront «localisés» et «partiels».

Dans l’après-midi, les premiers couvre-feux ont été déclarés dans certains quartiers de Paris de 23H00 à 06H00, Lyon (centre) et Lille.

«Ceux qui ont détruit doivent payer», dit Emmanuel Macron au lendemain de violences en France Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé dans une adresse à la nation dimanche au lendemain de manifestations en France qui ont été marquées par des violences.

Dans l’opposition, la cheffe des écologistes, Marine Tondelier, a jugé cette décision «lourde de conséquences». «Avant de multiplier les mesures d’exception, le gouvernement doit rendre compte des décisions opérationnelles et stratégiques prises et des moyens engagés», a-t-elle estimé.

Sébastien Lecornu a écarté l’instauration de l’état d’urgence, mais s’est dit prêt à le faire «si c’est nécessaire». D’autres manifestations sont prévues : le mouvement des gilets jaunes a annoncé un «acte II» pour samedi, avant des mobilisations le 31 octobre et le 5 novembre.

Ce week-end, «au moins 3000 commerces» ont été touchés par des dégradations ou des pillages, a précisé Serge Papin, le ministre responsable du secteur. Des mesures de chômage partiel seront mises en place pour les commerces dès mardi, ainsi qu’un «fonds de soutien spécifique».

Des passants passent devant une inscription sur laquelle on peut lire « pouvoir corrompu, jeunesse rayonnante », après que des violences ont éclaté lors de manifestations nationales contre la hausse du coût de la vie et les mauvaises conditions dans les écoles, à Paris, le 19 octobre 2026. Des passants passent devant une inscription sur laquelle on peut lire « pouvoir corrompu, jeunesse rayonnante », après que des violences ont éclaté lors de manifestations nationales contre la hausse du coût de la vie et les mauvaises conditions dans les écoles, à Paris, le 19 octobre 2026. (Christophe Ena/AP Photo/Christophe Ena)

Lors d’une réunion, le gouvernement va demander à plusieurs plateformes en ligne le retrait d’annonces de revente d’articles issus de commerces pillés. Vinted, Amazon, eBay, Leboncoin, Meta et TikTok sont concernées. L’Alliance française des places du commerce et la Fédération du cybercommerce et de la vente à distance (Fevad) seront présentes.

Sollicité par l’AFP, Vinted a affirmé appliquer «une tolérance zéro» en la matière.

Réponse «pas à la hauteur»

À six mois de la présidentielle, la crise a pris un tour politique.

Pour l’opposition, le gouvernement et les forces de l’ordre ont mal préparé les manifestations et mal réagi aux débordements.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait son mea-culpa lundi, en reconnaissant une «perte de contrôle» dans certaines villes. Mais le président Emmanuel Macron a refusé sa démission.

L’exécutif est sous le feu des critiques, jusque dans son camp : pour l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, «la réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur de la situation. Il faut aller beaucoup plus loin pour reprendre le contrôle sans délai».

Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a lié les violences à une «forme de pourrissement de ce mouvement social organisé par le gouvernement».

Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate à la présidentielle, a jugé que le «chaos» profiterait à la candidate du Rassemblement national (RN, extrême-droite), Marine Le Pen.

Si l’exécutif reconnaît des failles, il pointe du doigt La France insoumise (LFI, gauche radicale), qui porterait selon lui «une responsabilité morale et politique dans les violences».

«L’ultragauche est le cancer de notre démocratie», a de son côté affirmé le président du RN, Jordan Bardella.

France Protests Un manifestant brandit une pancarte sur laquelle on peut lire « Leur pouvoir ne tiendra que tant que notre colère restera assise » lors d’une manifestation contre la hausse du coût de la vie, en solidarité avec les revendications des étudiants, à Lyon, en France, le samedi 17 octobre 2026. Crédit image | Photo AP/Laurent Cipriani (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

Sébastien Lecornu a aussi accusé le «mouvement de l’ultragauche» de vouloir semer «un désordre profond» et «même remettre en cause le calendrier de l’élection présidentielle et la tenue de l’élection présidentielle». Une réunion sur ce point, avec le ministre de l’Intérieur et les services de renseignement, est prévue lundi soir.

En réponse, le candidat de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a exprimé son «étonnement» et dit n’avoir «pas entendu qui que ce soit parler de

Résonance internationale

Le candidat de droite à la présidentielle Bruno Retailleau a dénoncé «une convergence entre l’extrême gauche et des racailles» issues de l’immigration, promettant la déchéance de nationalité pour les «pilleurs».

Dans ce contexte tendu, le premier ministre a été chargé par Emmanuel Macron de réunir partis, syndicats, collectivités et parlementaires.

Jordan Bardella a prévenu que ni lui, ni Marine Le Pen ne comptaient se rendre à ce rendez-vous. La réunion avec les syndicats est programmée mercredi matin.

À l’appel de l’Association des maires de France (AMF), des milliers d’élus et de citoyens se sont rassemblés à la mi-journée devant des mairies partout en France, témoignant de leur «peur», de leur solidarité et de leur désir d’«ordre».

Pour aider les collectivités à faire face aux dégâts, le gouvernement a annoncé un fonds exceptionnel afin de financer la reconstruction des équipements publics détruits.

La crise française n’est pas passée inaperçue à l’étranger : le président des États-Unis, Donald Trump, a écrit que «la France brûle», jugeant le pays «brisé» par l’immigration.

La Chine a appelé ses ressortissants se trouvant en France à «renforcer leur vigilance face aux risques» et «suivre de près l’évolution de la situation locale».

De son côté, l’Union européenne (UE) a dénoncé les pillages et incendies, tout en appelant la France à «protéger» le droit à manifester pacifiquement.