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Violences en France: Trump et d’autres dirigeants mettent en cause l’immigration

«Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard!» a dit le président américain.

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Journée de mobilisation en France contre «la vie chère»: des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre Plusieurs manifestations ont eu lieu samedi en France en soutien au mouvement étudiant et «contre la vie chère». Des affrontements entre des manifestants et les forces de l'ordre sont à signaler dans plusieurs villes du pays.

Face aux violences qui ont embrasé la France, plusieurs dirigeants internationaux, Donald Trump en tête, ont soufflé sur les braises en rejetant la faute sur l’«immigration», à rebours d’une majorité de politiques et experts français qui pointent eux du doigt l’ultra-gauche et la polarisation croissante de la société.

«La France brûle! L’immigration de personnes issues d’un monde totalement différent, des personnes qui ont la haine au cœur, a brisé ce pays autrefois grand», a lancé dimanche le locataire de la Maison-Blanche: «Fermez vos frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard!».

Une rhétorique récurrente de l’administration Trump, qui dans sa revue stratégique de défense 2026 promet à l’Europe un «déclin civilisationnel», notamment en raison d’une politique migratoire jugée laxiste.

Le vice-président américain JD Vance a lui aussi blâmé l’immigration pour les graves débordements qui ont émaillé samedi les manifestations contre le coût de la vie en France, accusant l’opposition démocrate de vouloir le même «avenir» pour les États-Unis, à deux semaines d’élections législatives mal engagées pour son Parti républicain.

Même tonalité pour le premier ministre hongrois Peter Magyar, pour qui «à la lumière de (…) cette violence injustifiable, il est désormais peut-être clair pour tout le monde pourquoi la Hongrie préconise les mesures les plus strictes possibles en matière de migrations». «Voici ce qui attend l’Europe avec l’islamo-gauchisme», a renchéri le chef du parti d’extrême droite espagnol Vox, Santiago Abascal.

«Ceux qui ont détruit doivent payer», dit Emmanuel Macron au lendemain de violences en France Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé dans une adresse à la nation dimanche au lendemain de manifestations en France qui ont été marquées par des violences.

Mais Emmanuel Macron, lui, a semblé implicitement refuser de stigmatiser la population immigrée ou issue de l’immigration. «Comment des Français peuvent faire cela à la France?», s’est-il interrogé dimanche en dénonçant «des factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants».

Le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a lui précisé que parmi les casseurs se trouvaient «une petite partie de nos quartiers populaires qui abritent une forme de délinquance notamment nourrie par les narcotrafiquants».

L’immigration est un sujet hautement inflammable au sein de l’Union européenne. Favorite à l’élection présidentielle de 2027, la cheffe de file de l’extrême droite française Marine Le Pen est partisane d’une ligne dure en la matière.

Mais au sujet des violences du week-end, son parti Rassemblement national (RN) a préféré accuser en premier lieu les activistes d’ultra gauche, «cancer de notre démocratie» et le parti de gauche radicale LFI, son grand adversaire politique, dont «l’ultragauche est devenue le bras armé», selon le président du RN Jordan Bardella.

Des manifestants passent en courant devant un magasin saccagé lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie, se joignant ainsi aux revendications des étudiants, à Paris, samedi 17 octobre 2026. Des manifestants passent en courant devant un magasin saccagé lors d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie, se joignant ainsi aux revendications des étudiants, à Paris, samedi 17 octobre 2026. (Thibault Camus/AP Photo/Thibault Camus)

Profils divers

Samedi dernier, «l’immense majorité des manifestants étaient pacifiques. Mais, comme d’habitude dans ce genre de manifestation en France, des éléments qui l’étaient beaucoup moins se sont greffés», avec des profils variés, rappelle à l’AFP le politologue Pascal Perrineau.

Parmi ces manifestants violents, des élèves et étudiants qui ont pu se «radicaliser» par «effet d’imitation par rapport à des leaders violents» ou des jeunes appartenant à des «mouvements politiques de type révolutionnaire» ou aux «black blocs», qui «prônent le chaos dans la rue» et «ont pris l’habitude d’affronter la police».

À leur côté se trouvent «des jeunes qui viennent des quartiers et qui pratiquent une violence de prédation. Ils font leur marché dans des boutiques qu’ils cassent. Ce sont des jeunes, parmi lesquels «on retrouve des Français issus de l’immigration», «que l’on a l’habitude de voir dans des émeutes, comme à la suite de la mort de Nahel», dit-il, en référence à un jeune homme de 17 ans, tué en 2023 par le tir d’un policier lors d’un contrôle routier en banlieue parisienne.

L’affaire avait entraîné un embrasement des cités à travers le pays. Les jeunes s’en étaient pris aux symboles de la République — écoles, mairie, élus —, puis les émeutes avaient rapidement pris la forme de pillages de magasins.

Des passants observent des voitures calcinées au lendemain d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie, qui s'est jointe aux revendications des étudiants, à Paris, le dimanche 18 octobre 2026. Des passants observent des voitures calcinées au lendemain d'une manifestation contre la hausse du coût de la vie, qui s'est jointe aux revendications des étudiants, à Paris, le dimanche 18 octobre 2026. (Emma Da Silva/AP Photo/Emma Da Silva)

Avant cela, le mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019, avec des manifestants venant pour beaucoup de zones périurbaines et rurales et auquel les protestations actuelles sont comparées, avait donné lieu à de nombreuses dégradations et pillages, notamment dans les beaux quartiers de Paris.

La récurrence de ces débordements est révélatrice d’un pays «profondément divisé, dans lequel il y a une atmosphère émeutière», poursuit M. Perrineau, qui prédit une campagne présidentielle «extrêmement agitée».

Pour Stéphane Sirot, historien spécialiste des mouvements sociaux, «il y a une cristallisation de colères remontant à plusieurs années (vie chère, difficultés des services publics, climat…)». Les épisodes de violences, pillages, saccages, «illustrent les problématiques d’une société de plus en plus polarisée».