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L’hôpital Nasser condamne la décision de MSF de suspendre la majorité de ses services

Cette rare friction publique entre deux prestataires de soins de santé bien connus dans la bande de Gaza est survenue alors que le nombre de morts palestiniens depuis le cessez-le-feu actuel a dépassé les 600.

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Des Palestiniens transportent le corps d'un combattant du Hamas, Ahmed Al-Bayouk, tué lors d'une frappe aérienne, le 15 février 2026. PHOTO AP/Abdel Kareem Hana Des Palestiniens transportent le corps d'un combattant du Hamas, Ahmed Al-Bayouk, tué lors d'une frappe aérienne, le 15 février 2026. (Abdel Kareem Hana/Associated Press)

L’un des derniers grands hôpitaux encore en activité dans la bande de Gaza a condamné dimanche la décision de Médecins sans frontières (MSF) de suspendre ses activités en raison de la présence d’hommes armés, affirmant dimanche que l’établissement avait engagé des policiers pour assurer la sécurité.

Cette rare friction publique entre deux prestataires de soins de santé bien connus dans la bande de Gaza est survenue alors que le nombre de morts palestiniens depuis le cessez-le-feu actuel a dépassé les 600. Au moins 11 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens au cours des dernières 24 heures, ont indiqué les hôpitaux.

MSF a annoncé samedi que toutes ses opérations médicales non cruciales à l’hôpital Nasser étaient suspendues en raison de failles de sécurité qui constituaient une grave menace pour ses équipes et ses patients. L’organisme a mentionné que le nombre de patients et de membres du personnel ayant vu des hommes armés dans certaines parties du complexe avait augmenté depuis la conclusion du cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre.

L’hôpital Nasser s’est défendu en expliquant que l’augmentation du nombre d’hommes armés était due à la présence de policiers civils chargés de protéger les patients et le personnel. «Les allégations de MSF sont factuellement incorrectes, irresponsables et constituaient un risque grave pour un établissement médical civil protégé», a déclaré l’établissement.

L’un des rares hôpitaux fonctionnels de Gaza

Des centaines de patients et de blessés de guerre ont été traités quotidiennement à l’hôpital Nasser, situé dans la ville méridionale de Khan Younis. Cet établissement était un centre d’accueil pour les prisonniers palestiniens libérés par Israël en échange d’otages israéliens dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu actuel.

MSF a déclaré que ses équipes avaient signalé «une série d’actes inacceptables, notamment la présence d’hommes armés, des intimidations, des arrestations arbitraires de patients et, récemment, des soupçons de transport d’armes». La suspension des activités a eu lieu en janvier, mais n’a été annoncée que récemment.

Le personnel de l’hôpital Nasser affirme avoir été attaqué à plusieurs reprises ces derniers mois par des hommes armés et masqués ainsi que par des milices, raison pour laquelle la présence d’une force de police civile armée est cruciale.

Le Hamas reste la force dominante dans les zones de la bande de Gaza qui ne sont pas sous contrôle israélien, y compris le secteur où se trouve l’hôpital Nasser. Mais d’autres groupes armés ont proliféré à la suite de la guerre, notamment des groupes soutenus par l’armée israélienne dans la partie de la bande de Gaza contrôlée par Israël.

Certaines personnes libérées de Gaza ont déclaré avoir passé une partie de leur captivité dans un hôpital, notamment l’hôpital Nasser.

11 Palestiniens tués

Au moins 11 Palestiniens ont été tués dimanche par des tirs israéliens à Gaza, ont indiqué les autorités hospitalières.

Parmi les morts figurent cinq hommes âgés d’une vingtaine d’années qui ont été tués dans la partie orientale de Khan Younis, selon l’hôpital Nasser. La frappe a touché un groupe de personnes près de la ligne jaune qui sépare les zones contrôlées par Israël du reste de Gaza, a-t-il déclaré.

Rami Shaqra a déclaré que son fils, al-Baraa, faisait partie des combattants qui sécurisaient la zone contre d’éventuelles attaques des forces israéliennes ou des groupes armés soutenus par Israël lorsqu’ils ont été touchés. Il a déclaré qu’ils avaient été tués par une frappe aérienne.

«Ils se trouvaient dans la zone qu’ils considéraient comme sûre», a ajouté M. Shaqra.

Des images de l’Associated Press prises à la morgue ont montré qu’au moins deux des hommes portaient des bandeaux indiquant leur appartenance aux Brigades Qassam, la branche armée du Hamas.

Dans le nord de Gaza, une frappe de drone a touché un groupe de personnes dans la zone de Falluja du camp de réfugiés de Jabaliya, tuant cinq personnes, selon l’hôpital Shifa. Une autre frappe de drone a tué un homme dans la ville de Gaza, selon l’hôpital.

L’armée israélienne a expliqué avoir mené plusieurs frappes en réponse à plusieurs violations du cessez-le-feu près de la ligne jaune, notamment des membres du Hamas qui tentaient de se cacher dans des décombres et d’autres qui tentaient de franchir la ligne alors qu’ils étaient armés.

L’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, qui est entré en vigueur le 10 octobre, visait à mettre fin à plus de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas. Si les combats les plus violents ont cessé, le cessez-le-feu a été marqué par des tirs israéliens quasi quotidiens.