Le haut diplomate chargé de superviser l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis à Gaza a prévenu vendredi que les violations continues de l’accord constituaient des obstacles majeurs pour le comité palestinien chargé de superviser le territoire après la guerre.
Nickolay Mladenov, haut représentant pour Gaza auprès du Conseil de paix établi par les États-Unis, s’est exprimé lors d’une table ronde à la Conférence de Munich sur la sécurité. Le conseil créé par le président américain Donald Trump doit se réunir la semaine prochaine.
Le comité de transition, composé d’administrateurs palestiniens, s’est réuni en Égypte, mais n’est pas encore entré à Gaza. M. Mladenov a déclaré qu’il ne pourrait pas faire son travail tant que le Hamas, le groupe armé qui gouverne Gaza depuis 2007, n’aurait pas cédé le contrôle institutionnel. Il a également appelé à une hausse de l’aide humanitaire et à une amélioration de la sécurité.
L’accord prévoit que le Hamas dépose les armes et qu’une force de sécurité internationale sera déployée, mais aucun progrès visible n’a été réalisé sur ces deux points. Israël a continué à mener des frappes en réponse à ce qu’il qualifie de violation de la trêve. Les militants palestiniens ont également attaqué les forces israéliennes.
«Nous devons veiller à ce que les violations du cessez-le-feu cessent, a urgé M. Mladenov. Nous ne faisons qu’embarrasser le comité et, en fin de compte, le rendre inefficace.»
M. Mladenov n’a pas établi un calendrier précis, mais a déclaré que «tout cela doit se faire très vite».
Deux ans de guerre
Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian Shahin, s’exprimant lors du même panel, a déclaré que le calendrier était essentiel, ajoutant que Gaza ne devait pas être séparée de la Cisjordanie occupée par Israël. L’Autorité palestinienne souhaite gouverner les deux territoires avant la création éventuelle d’un État, ce à quoi Israël s’oppose fermement.
L’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 10 octobre visait à mettre fin à plus de deux ans de guerre entre Israël et le Hamas.
Si les combats les plus violents ont cessé, les tirs israéliens ont continué de manière quasi quotidienne. Les forces israéliennes mènent des frappes aériennes répétées et tirent fréquemment sur les Palestiniens près des zones contrôlées par l’armée. Selon les responsables sanitaires de Gaza, 591 Palestiniens ont été tués.
Le ministère, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas, tient des registres détaillés des victimes, considérés comme généralement fiables par les agences des Nations unies et les experts indépendants. Mais il différencie par les civils et les membres du groupe.
Les militants ont mené des attaques armées contre les troupes, et Israël affirme que ses frappes sont une réponse à ces attaques et à d’autres violations. Quatre soldats israéliens ont été tués.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a donné à M. Mladenov, un diplomate bulgare, le poste de directeur général du comité chargé de superviser la mise en œuvre de la deuxième phase, beaucoup plus complexe, du cessez-le-feu.
Enterrements de Palestiniens
Les corps de 53 Palestiniens non identifiés, ainsi que 86 dépouilles humaines non identifiées, ont été inhumés vendredi lors d’un enterrement collectif dans un cimetière de Deir Al-Balah, dans le centre de Gaza.
Au début du mois, Israël a transféré à Gaza, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, les corps de 54 Palestiniens et 66 boîtes contenant des restes humains, tous non identifiés. Un seul corps a été identifié par une famille, les autres ont été enterrés vendredi.
Israël n’a fourni aucune identification pour les corps et n’autorise pas l’entrée de matériel de test ADN à Gaza.
«Un délai est accordé aux familles pour identifier ces corps et ces restes. Malheureusement, aucun de ces restes ou organes n’a été identifié», a indiqué Ziyad Obeid, directeur du département des cimetières au ministère des Dotations, depuis le lieu de l’inhumation.
