Le président américain, Donald Trump, a rencontré en privé le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, mercredi. Il a ensuite déclaré avoir insisté pour que les négociations avec l’Iran se poursuivent, alors que les États-Unis font pression pour un accord nucléaire avec Téhéran.
M. Nétanyahou a passé près de trois heures à la Maison-Blanche, mais il est entré et sorti à l’abri des regards des journalistes, et ni lui ni M. Trump n’ont répondu aux questions.
Dans une publication ultérieure sur les médias sociaux, le président Trump a qualifié la rencontre de «très bonne» et a affirmé qu’«aucun accord définitif n’a été conclu», mais qu’il a «insisté pour que les négociations avec l’Iran se poursuivent afin de déterminer si un accord peut être conclu».
«Si c’est possible, j’ai fait savoir au premier ministre que c’est ma préférence. Si ce n’est pas possible, nous verrons bien ce qu’il en adviendra», a écrit le président américain.
«La dernière fois, l’Iran a estimé qu’il valait mieux ne pas conclure d’accord» et a été frappé par des frappes aériennes américaines, a-t-il ajouté. «J’espère que, cette fois-ci, ils seront plus raisonnables et responsables.»
Dans un communiqué de presse, le cabinet de M. Nétanyahou a indiqué que les deux dirigeants avaient discuté des négociations avec l’Iran, ainsi que de l’évolution de la situation à Gaza et dans la région, et qu’ils s’étaient «engagés à poursuivre leur étroite coordination et leurs relations».
Cette rencontre était la septième depuis le début du second mandat de M. Trump.
Cette autre visite de M. Nétanyahou intervient alors que Téhéran et Washington affichent un optimisme prudent après avoir tenu des discussions indirectes à Oman, vendredi dernier, sur la manière d’aborder à nouveau les négociations sur le programme nucléaire iranien.
Interrogé mardi par Larry Kudlow, de Fox Business Network, sur la possibilité de parvenir à un accord avec l’Iran, M. Trump a déclaré: «Je pense qu’ils seraient insensés de ne pas le faire. Nous avons neutralisé leur arsenal nucléaire la dernière fois, et nous verrons si nous parvenons à en neutraliser davantage cette fois-ci».
«Il faut que ce soit un bon accord sans armes nucléaires ni missiles», a-t-il précisé.
M. Nétanyahou insiste pour aller plus loin dans les négociations avec l’Iran.
Avant la rencontre de mercredi, son cabinet a indiqué qu’il souhaitait que les négociations incluent des restrictions sur le programme de missiles balistiques de l’Iran et le soutien à des groupes militants, tels que le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.
«Je présenterai au président notre point de vue sur les principes de ces négociations, des principes essentiels qui, à mon avis, sont importants non seulement pour Israël, mais aussi pour tous ceux qui, dans le monde entier, souhaitent la paix et la sécurité au Moyen-Orient», a déclaré M. Nétanyahou mardi avant de quitter Israël.
On ne sait toujours pas quelle influence il aura sur l’approche de M. Trump envers l’Iran.
M. Trump a initialement menacé de prendre des mesures militaires contre la répression sanglante des manifestations nationales en Iran, en janvier, puis s’est orienté vers une campagne de pression, ces dernières semaines, pour tenter d’amener Téhéran à conclure un accord sur son programme nucléaire.
L’Iran est encore sous le choc de la guerre de 12 jours qui l’a opposé à Israël en juin dernier. La série de frappes aériennes dévastatrices, notamment le bombardement par les États-Unis de plusieurs sites nucléaires, a fait près de 1000 morts en Iran et près de 40 en Israël.
À l’époque, M. Trump avait soutenu que l’action américaine avait «anéanti» les capacités nucléaires de l’Iran, bien que l’ampleur des dégâts reste incertaine.
Israël demande depuis longtemps à l’Iran de cesser tout enrichissement d’uranium, de réduire son programme de missiles balistiques et de rompre ses liens avec les groupes militants de la région.
L’Iran a toujours rejeté ces demandes, affirmant qu’il n’accepterait certaines restrictions sur son programme nucléaire qu’en échange d’un allègement des sanctions.
