Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont déclaré mardi qu’ils se retireraient de la ville d’Uvira, prise la semaine dernière, alors que les combats s’intensifient en République démocratique du Congo malgré un accord de paix négocié par les États-Unis.
Corneille Nangaa, chef de l’Alliance de la rivière Congo, dont fait partie le M23, a déclaré que ce retrait avait été demandé par les Américains et qu’il s’agissait d’une «mesure unilatérale visant à instaurer la confiance» afin de faciliter le processus de paix.
La déclaration appelait également à la démilitarisation d’Uvira, à la protection de sa population et de ses infrastructures, ainsi qu’à la surveillance du cessez-le-feu par le déploiement d’une force neutre. Elle ne précisait pas si le retrait du M23 dépendant de la mise en œuvre de ces mesures.
Des habitants ont rapporté mardi que les rebelles étaient toujours présents dans la ville.
Le M23 a pris le contrôle d’Uvira la semaine dernière à la suite d’une offensive rapide lancée au début du mois. Selon les autorités régionales, plus de 400 personnes ont été tuées et environ 200 000 ont été déplacées.
La dernière offensive des rebelles a eu lieu malgré l’accord de paix négocié par les États-Unis et signé au début du mois par les présidents congolais et rwandais.
La semaine dernière, les États-Unis ont accusé le Rwanda de violer l’accord en soutenant la nouvelle avancée des rebelles dans l’est du Congo, riche en minerais, et ont averti que l’administration Trump prendrait des mesures contre ceux qui perturberaient l’accord.
L’accord n’incluait pas le groupe rebelle. Ce dernier négocie séparément avec la RDC et a accepté plus tôt cette année un cessez-le-feu que les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir violé. Cependant, l’accord oblige le Rwanda à cesser de soutenir les groupes armés tels que le M23 et à œuvrer pour mettre fin aux hostilités.
L’avancée des rebelles vers Uvira a amené le conflit aux portes du Burundi voisin, qui maintient des troupes dans l’est du Congo depuis des années, renforçant les craintes d’une propagation régionale des hostilités.
Selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés, environ 64 000 réfugiés congolais sont arrivés au Burundi depuis le début du mois. Des obus auraient également été tirés sur la ville de Rugombo, du côté burundais de la frontière.
La RDC, les États-Unis et les experts de l’ONU accusent le Rwanda de soutenir le M23, qui est passé de quelques centaines de membres en 2021 à environ 6500 combattants, selon l’ONU.
Plus d’une centaine de groupes armés se disputent une place dans l’est du Congo, riche en minerais, le plus important étant le M23. Ce conflit a provoqué l’une des crises humanitaires les plus graves au monde, avec plus de 7 millions de personnes déplacées, selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés.
