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Brigitte Macron reconnaît des propos «maladroits» envers des manifestantes féministes

Dans une entrevue vidéo publiée lundi soir, Brigitte Macron a reconnu que son langage avait été «très direct».

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Brigitte Macron, épouse du président français, arrive devant le bar «La Belle Équipe», le jeudi 13 novembre 2025 à Paris, à l'occasion des commémorations du 10e anniversaire des attentats terroristes. ARCHIVES - Brigitte Macron, épouse du président français, arrive devant le bar «La Belle Équipe», le jeudi 13 novembre 2025 à Paris, à l'occasion des commémorations du 10e anniversaire des attentats terroristes. (Ludovic Marin/The Associated Press)

La première dame française a défendu ses propos injurieux à l’endroit de manifestantes féministes, qualifiant ses paroles de «maladroites», mais expliquant les avoir prononcées en privé, devant quatre personnes.

Dans une entrevue vidéo publiée lundi soir par le média en ligne Brut, Brigitte Macron a reconnu que son langage avait été «très direct». Elle a indiqué qu’elle cherchait à rassurer l’humoriste français Ary Abittan lorsqu’elle a qualifié de «sales connes» les manifestantes féministes qui avaient perturbé l’un de ses spectacles.

Cette scène a été filmée au début du mois. La première dame discutait en coulisses du théâtre des Folies Bergère à Paris avec Abittan, acteur et humoriste précédemment accusé de viol, qui s’apprêtait à se produire. La veille, des militantes féministes avaient interrompu son spectacle et scandaient: «Abittan, violeur!»

Brigitte Macron a demandé à Abittan comment il se sentait. Lorsqu’il a répondu avoir peur, elle a répliqué par une remarque désobligeante à l’égard des femmes, ajoutant: «On va les foutre dehors.»

Ces propos ont suscité une vive polémique, notamment de la part des militants contre les violences sexuelles et sexistes et des opposants politiques de son époux, le président Emmanuel Macron.

Dans son entrevue avec Brut, Brigitte Macron a fait une déclaration publique, chose relativement rare: «Je comprends tout à fait» que certaines personnes aient été choquées, a-t-elle reconnu. Elle a toutefois argué que «ce n’était absolument pas destiné à être public» et qu’elle ne s’exprimait pas en tant qu’épouse du chef d’État.

«Je suis pas tout le temps l’épouse du président de la République, j’ai aussi une vie privée, a-t-elle expliqué. Je suis désolée si j’ai blessé les femmes victimes. Ce sont elles et à elles seules que je pense.»

«J’aurais certainement pas employé ces termes-là en public», a-t-elle ajouté.

Mais elle a également critiqué les manifestantes qui s’en prennent à l’humoriste, disant ne pas comprendre pourquoi elles ne lui permettaient pas de se produire en spectacle.

«Je ne supporte pas également qu’on interrompe un spectacle. Quelqu’un est sur scène, il essaie de donner tout ce qu’il peut donner. Comment fait-il pour continuer après?», a-t-elle plaidé.

«Ça veut dire quoi, cette censure qu’on exerce sur les artistes? C’est quelque chose que je ne comprends pas. Nous ne sommes pas des juges.»

En 2024, les magistrats ont classé l’enquête pour viol visant Abittan, amorcée en 2011, comme «non-lieu», faute de preuves. Cette décision a été confirmée en appel en janvier. Des militantes du collectif féministe «NousToutes» ont perturbé son spectacle pour protester contre ce qu’elles qualifient de «culture de l’impunité» autour des violences sexuelles en France.

Interrogée par Brut sur ses regrets concernant ses propos, Brigitte Macron a déclaré: «Je ne peux pas regretter de parler. Je ne veux pas regretter. Je suis effectivement l’épouse du président de la République, mais je suis avant tout moi-même. Quand je suis dans le privé, effectivement, je peux me lâcher de manière qui n’est absolument pas adéquate, mais j’avais besoin de le rassurer.»

«Je l’ai rassuré certainement maladroitement, mais j’avais pas d’autres mots à ma disposition à ce moment-là, et puis de toute façon, je pense qu’on a le droit de parler et droit de penser.»