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Le roi Charles III se rend aux États-Unis dans un contexte de tensions

Plusieurs thèmes sont à l’ordre du jour de cette visite.

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Le président Donald Trump et le roi Charles III passent en revue la garde d'honneur après leur arrivée au château de Windsor, à Windsor, en Angleterre, le mercredi 17 septembre 2025. AP Photo/Kirsty Wigglesworth, Pool, Archive Le président Donald Trump et le roi Charles III passent en revue la garde d'honneur après leur arrivée au château de Windsor, à Windsor, en Angleterre, le mercredi 17 septembre 2025. (Kirsty Wigglesworth/AP, pool)

Le défi qui attend le roi Charles III lors de sa visite aux États-Unis la semaine prochaine est, comme toujours, d’être à la hauteur de l’exemple donné par sa mère.

La défunte reine Elizabeth II avait séduit le Congrès en 1991 avec un discours célébrant les traditions démocratiques communes du Royaume-Uni et des États-Unis, citant Abraham Lincoln, Franklin D. Roosevelt et Ralph Waldo Emerson, et soulignant les liens profonds qui unissent les deux nations.

Ces thèmes figureront également en tête de l’ordre du jour du roi Charles alors qu’il célèbre le 250e anniversaire des États-Unis et cherche à apaiser les tensions liées au refus du premier ministre Keir Starmer de soutenir la guerre du président américain Donald Trump contre l’Iran, a déclaré Douglas Brinkley, historien spécialiste des présidents à l’université Rice au Texas.

«Nous devons toujours faire la distinction entre le gouvernement du Royaume-Uni et les rois et reines de Grande-Bretagne, qui viennent en réalité toujours pour essayer de donner une bonne image, a affirmé M. Brinkley à l’Associated Press. La politique va et vient, les premiers ministres et les présidents vont et viennent, mais il y a quelque chose de plus profond dans la relation spéciale entre les États-Unis et le Royaume-Uni. »

Charles et la reine Camilla entameront leur voyage de quatre jours lundi, où ils prendront le thé avec le président et la première dame Melania Trump, puis visiteront la ruche de la Maison-Blanche en hommage à l’engagement du roi en faveur des causes environnementales. La cérémonie officielle d’arrivée aura lieu mardi, avec une salve de 21 coups de canon, des fanfares jouant les hymnes nationaux des deux pays et un contingent de militaires américains défilant devant le roi. Les cérémonies seront suivies d’une rencontre entre le président Trump et le roi Charles.

Dans les coulisses

Derrière le faste et l’apparat se cache toutefois un événement diplomatique soigneusement orchestré, comme toutes les visites royales, à la demande du gouvernement britannique. M. Starmer a résisté aux pressions visant à l’annuler après que M. Trump eut minimisé les sacrifices de l’armée britannique en Afghanistan et l’eut critiqué personnellement pour ne pas avoir soutenu les États-Unis en Iran.

Malgré ces tensions, M. Trump a continué à parler chaleureusement du roi Charles.

«L’histoire a montré que le président Trump s’efforce vraiment de faire bonne impression chaque fois qu’il a affaire à la royauté britannique, a indiqué M. Brinkley. Et je suis sûr qu’il en sera de même cette fois-ci.»

Depuis 1939, lorsque le roi George VI est devenu le premier monarque britannique à fouler le sol de l’ancienne colonie du pays, une effervescence particulière règne chaque fois que la famille royale se rend aux États-Unis.

Cette première visite a eu lieu alors que la Seconde Guerre mondiale planait sur l’Europe. La famille royale a parcouru la côte est et a participé à un «pique-nique» à la résidence privée du président Roosevelt à Hyde Park, dans l’État de New York. «Le roi goûte un hot-dog et en redemande», a déclaré le New York Times.

Mais le moment fort fut lorsque la famille royale se rendit à Mount Vernon pour déposer une gerbe sur la tombe de George Washington, le premier président américain. Ce geste témoignait de son respect à une époque marquée par l’isolationnisme.

«Les gens voyaient venir l’inévitable et savaient qu’il serait crucial pour les États-Unis et la Grande-Bretagne de rester forts pour lutter contre Hitler», a indiqué Barbara Perry, spécialiste des présidents au Miller Center de l’université de Virginie.

Le fait de fraterniser autour de hot-dogs a eu des retombées plus larges, aidant la famille royale à tisser des liens avec le grand public ainsi qu’avec ses dirigeants. Après le déclenchement de la guerre en septembre 1939, la reine Elizabeth, épouse de George VI et mère de la future Elizabeth II, a écrit à la première dame Eleanor Roosevelt pour lui dire à quel point elle avait été émue par les lettres d’Américains qui joignaient de petites sommes d’argent destinées aux forces britanniques.

«Parfois, au cours de ces derniers mois terribles, nous nous sommes sentis plutôt seuls dans notre combat contre le mal, mais je peux honnêtement dire que nos cœurs ont été réconfortés de savoir que nos amis américains comprennent pourquoi nous nous battons», a-t-elle écrit.

Consolider les relations

La reine Elizabeth II a consolidé ces relations en effectuant 4 visites d’État aux États-Unis au cours de son règne de 70 ans. Elle a aidé le président Gerald R. Ford à célébrer le bicentenaire des États-Unis en 1976 et a rencontré le président George W. Bush en 2007 alors que les forces britanniques et américaines combattaient en Irak et en Afghanistan.

Ces voyages avaient pour but d’apaiser les tensions et de rappeler aux deux parties leurs liens communs.

La visite du roi Charles ne fera pas exception. Elle comprendra une commémoration des attentats du 11 septembre 2001, une cérémonie en l’honneur des militaires tombés au combat et un événement auquel assistera la reine Camilla pour marquer le 100e anniversaire des histoires de Winnie l’ourson de l’auteur britannique A.A. Milne.

La famille royale ne rencontrera pas les victimes de Jeffrey Epstein, malgré les appels lancés au roi pour qu’il aborde les liens de son frère avec ce délinquant sexuel condamné. Il n’est pas non plus prévu que Charles rencontre son fils, le prince Harry, qui critique la monarchie depuis qu’il a renoncé à ses fonctions royales et s’est installé en Californie.

Le discours de Charles devant une session conjointe du Congrès offre l’occasion de faire passer le message que l’amitié à long terme est plus importante que les différends passagers.