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Le pape Léon dit une première messe devant 40 000 personnes en Uruguay

La foule était en liesse dans le stade, les gens scandant «Olé, olé, olé, olé, pape, pape!» lorsque l’avion du souverain pontife a atterri à Paysandú.

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Le pape Léon XIV salue les fidèles alors qu’il arrive pour célébrer la messe au Parque Paris Londres à Paysandu, en Uruguay, le samedi 7 novembre 2026. Photo AP/Gustavo Garello Le pape Léon XIV salue les fidèles alors qu’il arrive pour célébrer la messe au Parque Paris Londres à Paysandu, en Uruguay, le samedi 7 novembre 2026. Photo AP (Gustavo Garello)

Le pape Léon XIV a profité samedi de sa première messe en Amérique du Sud pour exhorter les quelque 40 000 personnes présentes à cette cérémonie en Uruguay à jeter des ponts de fraternité et de foi. Il a rendu hommage au «mate», cette boisson tant appréciée dans la région, et renforcé la visibilité de l’Église catholique dans ce pays, le plus laïc de la région.

La foule était en liesse dans le stade, les gens scandant «Olé, olé, olé, olé, pape, pape!» lorsque l’avion du souverain pontife a atterri à Paysandú, dans l’ouest de l’Uruguay, à la frontière avec l’Argentine. Elle a de nouveau acclamé le pape Léon, fait retentir des klaxons et agité des drapeaux jaunes lorsqu’il est arrivé à bord de sa papamobile décapotable sur le site de la messe, au Parque municipal París Londres, un vaste espace vert situé à la lisière sud de la ville.

Durant son homélie, le pape leur a rappelé que la foi catholique faisait «partie de la vie du peuple uruguayen depuis ses origines, et qu’elle doit être transmise aux générations futures avec un courage créatif !»

Plus de 30 000 personnes — dont beaucoup venaient d’Uruguay, mais aussi des pays voisins, l’Argentine et le Brésil — s’étaient inscrites à l’avance pour assister à cette messe, à environ 375 kilomètres de la capitale, Montevideo. Le Vatican a indiqué samedi que 10 000 autres personnes y avaient assisté, malgré la pluie matinale et un ciel gris et venteux.

En raison de sa situation géographique favorable au bord du fleuve Uruguay, la ville a été choisie pour accueillir la première messe du pape Léon au début de sa tournée sud-américaine dans trois pays, qui avait été remise en question après qu’il eut subi une opération pour un cancer du poumon le 13 octobre.

«Il est le représentant du Christ, mais c’est un être humain. Nous n’étions pas sûrs qu’il puisse venir, mais il a tenu bon pour nous», a déclaré Soledad Sánchez, âgée de 73 ans, venue en voiture à Paysandú depuis le nord de l’Uruguay, les yeux remplis de larmes. «Il est venu ici pour nous transmettre un message de paix, car il sait que notre monde en a besoin en ce moment.»

Promouvoir la foi catholique

Le pape Léon, arrivé la veille en Uruguay, a exhorté la population de ce pays d’Amérique du Sud, le plus laïc du continent, qui compte 3,5 millions d’habitants, à se tourner vers la foi catholique pour y trouver la force d’affronter les problèmes et les défis d’aujourd’hui.

Dans son homélie, le chef de l’Église catholique a demandé aux fidèles de construire des ponts de fraternité, évoquant le pont voisin qui enjambe le fleuve Uruguay et relie l’Uruguay à l’Argentine, et que de nombreux pèlerins ont emprunté pour assister à la messe.

Il a également évoqué le rituel de la dégustation du maté, cette tisane amère que les Uruguayens et leurs voisins emportent partout avec eux, comme un symbole poignant d’unité et de rencontre qui, selon lui, devrait être mis à profit pour diffuser la foi.

Le maté, symbole national cher au Paraguay, en Argentine et en Uruguay, est avant tout un rituel de partage. Les feuilles sont infusées dans une calebasse évidée et la boisson est sirotée à l’aide d’une paille métallique appelée «bombilla»; la calebasse circule de main en main entre amis, en famille et parfois même entre inconnus, et est remplie à nouveau pendant des heures.

Tout le monde boit avec la même paille, et les Uruguayens consomment plus de maté par personne que n’importe quel autre peuple, soit environ 9 kilogrammes (environ 20 livres) de feuilles séchées par an, selon les estimations du secteur.

«Nous devons réfléchir à ces symboles que nous partageons, qui nous donnent une identité et un sentiment d’appartenance, qui nous parlent de nos origines et nous orientent vers l’avenir», a déclaré le pontife.

Le message a fait son chemin

«Je ne suis pas croyant. Je n’irais jamais à la messe si ce n’était pas le pape, mais il m’a surpris. Il a su rendre son discours attrayant, en parlant de choses que nous avons tous en commun, comme le maté», a déclaré Jorge Monzón, âgé de 64 ans, originaire de Paysandú. «Personnellement, j’ai ressenti un sentiment de communion.»

Le pape devait réaffirmer samedi, plus tard dans la journée, l’engagement de l’Église à aider les Uruguayens en se rendant dans un quartier de Montevideo en proie au trafic de drogue et à la violence des gangs. L’Église travaille dans ce quartier avec les autorités municipales pour construire des logements et proposer des programmes de désintoxication aux toxicomanes.

Son dernier événement de la journée de samedi devait sans doute renforcer l’appel à rejeter l’indifférence religieuse et à embrasser la foi: une veillée de prière au stade du Centenaire de Montevideo.

Les Argentins affluent pour voir le pape

Située à l’ouest de l’Uruguay, juste de l’autre côté d’un pont menant à la ville de Colón, à l’est de l’Argentine, Paysandú était plus facile d’accès pour de nombreux Argentins que n’importe quelle autre étape de la tournée de Léon en Argentine, sa prochaine destination après l’Uruguay.

Il se rendra alors à Buenos Aires, Luján et Córdoba avant de se diriger vers le Pérou, sa seconde patrie et la destination finale de sa tournée.

«L’Argentine est un pays bien plus religieux que l’Uruguay, et il y a cette envie d’être ici pour assister à un événement historique», a déclaré Luciana Lobato, âgée de 20 ans, une organisatrice de voyages argentine qui a nolisé des autobus pour 180 pèlerins venus de l’autre côté de la frontière.

Certains jeunes catholiques engagés dans des groupes paroissiaux locaux espéraient que la vue d’un pape attirant les foules remettrait en question l’image de l’Uruguay, perçu comme un pays indifférent à la religion.

«Ce que je constate dans ma ville, c’est qu’il y a énormément de jeunes qui s’intéressent vraiment à la religion, qui cherchent un sens à leur vie et une communauté dans les moments difficiles», a déclaré Teresa Sabellini, 18 ans, originaire de Paysandú.

«Et maintenant, regardez autour de vous. Cet endroit est bondé», a-t-elle ajouté.

La référence du pape Léon aux «ponts» dans son homélie a trouvé un écho chez Laiana Córdoba, qui a roulé vingt heures et franchi la frontière depuis Cascavel, dans le sud du Brésil, pour l’entendre. «C’est quelque chose que nous comprenons : être voisins, c’est plus que simplement partager une frontière. Cela signifie trouver des moyens de se rapprocher, ouvrir des voies les uns vers les autres», a-t-elle déclaré.

Pourtant, Paysandú a accueilli le pape dans le calme, comme s’il s’agissait d’un week-end ordinaire, avec peu de décorations et seulement quelques maisons arborant des drapeaux du Vatican.

Samedi, certains jeunes participants ont déclaré que le ton humain du pape Léon et l’accent qu’il mettait sur la protection des plus vulnérables trouvaient un écho bien au-delà des fidèles dans leur pays laïc, alors que les gens sont confrontés à un monde en pleine tourmente.

«Je ne me qualifierais pas de croyant, mais j’apprécie ce pape. Il a un très beau message pour l’humanité», a déclaré Santiago Biglieri, âgé de 18 ans, un Colombien résidant en Uruguay. «Même pour les non-croyants, il y a quelque chose à retenir de ses idées.»