Cinq patients se sont remis d’une forme rare du virus Ebola, a indiqué dimanche le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lors d’une visite à Bunia, en République démocratique du Congo, une ville située au cœur de l’épidémie.
«Quatre personnes vont sortir de l’hôpital dimanche et une autre est sortie avant-hier», a mentionné le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors de l’inauguration d’un nouveau centre de traitement d’Ebola à Bunia, la capitale provinciale de l’Ituri.
«Bien sûr, nous continuons à travailler sur les vaccins et les traitements, mais cela ne signifie pas que les gens ne peuvent pas guérir d’Ebola», a-t-il ajouté.
L’OMS a annoncé vendredi qu’un patient s’était rétabli du virus Bundibugyo, la souche actuelle d’Ebola, pour laquelle il n’existe ni traitement ni vaccin approuvé. Il s’agit du premier cas documenté de guérison d’un patient confirmé atteint du virus Bundibugyo depuis le début de l’épidémie actuelle.
L’organisation sanitaire a indiqué que les derniers chiffres officiels faisaient état de 906 cas suspects et de 223 décès présumés. L’Ouganda voisin a confirmé neuf cas et un décès, a déclaré vendredi le ministère ougandais de la Santé.
Le virus continue de se propager plus rapidement que les mesures de lutte mises en place, malgré des structures sanitaires mieux organisées et l’arrivée de nouvelles aides, a souligné samedi Médecins Sans Frontières, appelant à une extension immédiate des tests, à un déploiement plus rapide des travailleurs humanitaires et à un accès continu aux fournitures médicales.
Les dangers auxquels sont confrontés les agents de santé ont été exacerbés par la colère des habitants face aux protocoles médicaux stricts régissant la prise en charge des corps des victimes, qui vont à l’encontre des rites funéraires locaux. Les habitants ont lancé au moins trois attaques contre des centres de santé.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a souligné l’importance d’impliquer la communauté dans la riposte à l’épidémie lors de l’inauguration du nouveau centre de traitement dimanche.
«Si vous vous rendez dans un établissement de santé dès l’apparition des symptômes, vous pouvez bénéficier d’une prise en charge et guérir; l’essentiel est donc de se faire soigner le plus tôt possible et d’obtenir l’aide nécessaire», a affirmé le directeur général de l’OMS.
«Nous pouvons mettre fin à cette épidémie d’Ebola et toute personne atteinte peut également guérir. Mais la règle (…) c’est que cette question concerne tout le monde et que chaque citoyen doit s’impliquer », a-t-il précisé.
Les attaques menées en Ituri par les Forces démocratiques alliées, un groupe rebelle allié à Daech, et par une coalition de milices ethniques ont également entravé la riposte.
Des cas de la maladie ont également été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, au sud de l’Ituri, où le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, contrôle de nombreuses villes clés, dont Goma et Bukavu. Les rebelles ont signalé deux cas.
«Le message final que nous souhaitons transmettre à la communauté de l’Ituri est qu’il y a de l’espoir», a expliqué Pierre Akilimali, responsable des incidents à l’Institut national de santé publique, lors de l’inauguration dimanche.
«Grâce au traitement symptomatique que nous dispensons actuellement, nous voyons les patients se rétablir», a ajouté M. Akilimali.
«Nous avons vraiment de l’espoir. Le virus ici n’est pas aussi complexe que ceux auxquels nous avons été confrontés par le passé, et avec le soutien de tous nos partenaires, nous pensons pouvoir maîtriser cette épidémie aussi rapidement que possible», a soutenu Davin Ambitapio, un autre médecin du centre de traitement.
