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La détention de militants aggrave les tensions entre l'Espagne et Israël

«Il s’agit d’une détention illégale en eaux internationales, hors de la juridiction des autorités israéliennes. Je l’ai clairement fait savoir à mon homologue israélien.»

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Une manifestante scande des slogans devant le ministère grec des Affaires étrangères à Athènes, le jeudi 30 avril 2026, lors d'un rassemblement pour protester contre l'interception de navires d'aide humanitaire à Gaza par les forces israéliennes près... Une manifestante scande des slogans devant le ministère grec des Affaires étrangères à Athènes, le jeudi 30 avril 2026, lors d'un rassemblement pour protester contre l'interception de navires d'aide humanitaire à Gaza par les forces israéliennes près des eaux grecques. AP (Petros Giannakouris)

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a exigé samedi la libération immédiate d’un militant détenu par Israël après l’interception, en eaux internationales, d’une flottille humanitaire à destination de Gaza par la marine israélienne.

Saif Abukeshek, citoyen hispano-suédois d’origine palestinienne, a été interpellé samedi en Israël pour être interrogé, en même temps que Thiago Ávila, de nationalité brésilienne. Une organisation d’aide juridique a indiqué que les deux hommes avaient entamé une grève de la faim.

Des dizaines d’autres militants ont été secourus par les garde-côtes grecs après l’intervention israélienne et conduits sur l’île de Crète.

«Il s’agit d’une détention illégale en eaux internationales, hors de la juridiction des autorités israéliennes. Je l’ai clairement fait savoir à mon homologue israélien», a déclaré José Manuel Albares lors d’une entrevue à la radio publique.

Adalah, une organisation de défense des droits des minorités arabes basée en Israël, a indiqué avoir rendu visite aux deux hommes dans un centre de détention d’Ashkelon, ville portuaire israélienne. Selon Adalah, les deux hommes ont entamé une grève de la faim après avoir été, selon leurs dires, battus à plusieurs reprises en détention.

«Adalah maintient que le traitement infligé aux deux militants, notamment le recours à l’isolement, l’obligeance à avoir les yeux bandés pendant de longues périodes et les violences physiques, constitue une grave violation du droit international», a assuré l’organisation.

Dans une publication en ligne, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que M. Abukeshek et M. Ávila étaient interrogés sur leurs liens possibles avec le groupe armé Hamas. Il a précisé que les deux hommes avaient bénéficié de visites consulaires.

La détention de M. Abukeshek a encore tendu les relations entre Israël et l’Espagne, pays critique envers la guerre à Gaza et qui a reconnu officiellement l’État palestinien en 2024.

Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a critiqué vendredi son homologue israélien, Benyamin Nétanyahou, lors d’une rencontre de campagne pour les prochaines élections régionales dans le sud de l’Espagne. «Maintenant que M. Nétanyahou a emmené des citoyens étrangers, dont un ressortissant espagnol, en Israël, j’ai quelques mots à dire au premier ministre Nétanyahou», a souligné M. Sánchez sous les applaudissements des partisans de son parti socialiste.

«Premièrement, l’Espagne protégera toujours ses citoyens. Deuxièmement, nous respecterons toujours le droit international — et il s’agit là d’une nouvelle violation, a-t-il affirmé. Troisièmement, nous exigeons la libération du citoyen espagnol détenu illégalement par le gouvernement de Nétanyahou.»