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Timide reprise des cours en France, en proie à la colère étudiante

À Paris, plusieurs établissements étaient encore bloqués mercredi matin par des étudiants, des poubelles barrant les accès.

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Les manifestations lycéennes se poursuivent en France La mobilisation des lycéens se poursuit en France au lendemain d'une mobilisation massive dans les rues tandis que le gouvernement tente de désamorcer la crise dans les lycées.

Au lendemain d’une journée de mobilisation importante, les cours ont repris mercredi dans la majorité des écoles en France avec toutefois quelques blocages, le gouvernement tentant d’apaiser la crise en proposant aux manifestants de retourner dans leurs établissements pour dialoguer.

Les étudiants, dont le mouvement est né mi-septembre en banlieue parisienne, dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Mercredi, 86% des établissements ont rouvert leurs portes, selon des chiffres provisoires du ministère de l’Éducation nationale. Les cours restent totalement ou partiellement suspendus dans environ une école sur sept, une baisse de 41% par rapport à mardi.

À Paris, plusieurs établissements étaient encore bloqués mercredi matin par des étudiants, des poubelles barrant les accès. La prestigieuse université Sciences Po Paris est également bloquée par une barricade, selon un étudiant interrogé par l’AFP.

Des élèves se tiennent devant un lycée barricadé, brandissant une banderole sur laquelle on peut lire « Moins de flics, plus d'argent », alors qu'ils manifestent contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, le 7 octobre 2026. Des élèves se tiennent devant un lycée barricadé, brandissant une banderole sur laquelle on peut lire « Moins de flics, plus d'argent », alors qu'ils manifestent contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, le 7 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

Nouvelles manifestations jeudi

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, doit s’exprimer dans la soirée et évoquera «la situation dans les collèges, les prix des carburants, la crise agricole ainsi que la situation financière du pays», selon ses services.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui défend un usage proportionné de la force, a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes après qu’un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée.

Il a précisé sur la radio RTL l’ouverture de 18 enquêtes de la police des polices. En tout 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation ont été blessés et près de 800 policiers et gendarmes depuis le début du mouvement.

L’Union syndicale étudiante et l’Union étudiante ont pour leur part appelé à de nouveaux cortèges jeudi, à Paris et dans d’autres villes.

En «soutien» à la mobilisation, cinq syndicats d’enseignants ont aussi appelé à une journée de grève et de manifestation, fustigeant des «réponses tardives» du gouvernement, «décalées et hors-sol».

Des policiers montent la garde tandis que des élèves se tiennent devant un lycée barricadé lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, mercredi 7 octobre 2026. Des policiers montent la garde tandis que des élèves se tiennent devant un lycée barricadé lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les établissements scolaires, à Paris, mercredi 7 octobre 2026. (Thibault Camus/AP Photo/Thibault Camus)

Mardi, entre 266 000 et 450 000 personnes —étudiants, mais aussi professeurs et parents d’élèves — ont manifesté en France, selon les autorités et les organisateurs.

Les manifestations se sont en général déroulées dans le calme sans blessés graves, avec 488 interpellations sur l’ensemble du territoire, selon le ministère de l’Intérieur, sur 6 547 interpellations depuis le début de la contestation.

Le gouvernement, dont les marges budgétaires sont très limitées, reste sous pression sur la gestion du maintien de l’ordre, après plusieurs blessures graves d’étudiants.

Face à l’ampleur de la mobilisation, le président Emmanuel Macron a fait un point mardi soir avec plusieurs ministres, dont MM. Lecornu et Nuñez, ainsi que le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, pour trouver une issue à la crise.

Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation doivent être auditionnés mercredi à l’Assemblée nationale.

«Piège du blabla»

La stratégie du gouvernement mise sur le dialogue, au sein des établissements, pour tenter d’apaiser la contestation.

Le premier ministre a annoncé la «banalisation» de demi-journées de classe, sans cours, à partir de mercredi, pour permettre un «temps de démocratie interne», afin qu’élèves et personnels fassent remonter leurs difficultés, établissement par établissement.

«C’est encore une tentative de museler le débat, de noyer le poisson et de gagner du temps», a déclaré mercredi matin Ryad Rani, président de l’Union syndicale étudiante sur la radio Franceinfo.

Des élèves se tiennent devant un lycée bloqué alors qu'ils manifestent contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Paris, le 7 octobre 2026. Des élèves se tiennent devant un lycée bloqué alors qu'ils manifestent contre le manque de moyens dans les établissements scolaires à Paris, le 7 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

«Il faut pas tomber dans le piège du blabla infini, ce temps démocratique peut paraître une bonne idée, mais on va s’essouffler dans la parole», a abondé un élève devant l’école Marie-Curie de Strasbourg, dans le nord-est de la France.

Les différents syndicats appellent à la poursuite de la mobilisation «après le raz-de-marée du 6 octobre».

Un autre front s’est ouvert pour l’exécutif : l’enseignement supérieur, dont 40% des établissements étaient perturbés mardi, selon le ministère.

«On ne va rien arrêter», a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante. Sur les campus, la suite s’organisera en assemblée générale : «certains vont voter la reconduction ou pas des blocages», selon elle.