Le président de l’enclave espagnole de Ceuta a réclamé mardi à Bruxelles l’aide de l’Union européenne pour assurer l’intégrité de ce territoire, après l’arrivée massive de 70 000 personnes en provenance du Maroc fin juillet.
Un peu plus d’un mois après cette «invasion», la situation dans l’enclave située en Afrique du Nord reste tendue, a affirmé devant la presse Juan Jésus Vivas. Ceuta est, selon lui, une «cocotte minute qui peut exploser n’importe quand».
En conséquence, a-t-il ajouté, «nous allons demander qu’il y ait une présence permanente de l’Europe à Ceuta», via notamment l’agence Frontex, qui assure la surveillance des frontières extérieures de l’UE. Il s’exprimait avant une rencontre prévue avec deux commissaires européens à Bruxelles.
Le dirigeant de Ceuta, membre du Parti populaire (droite), a également accusé le Maroc d’être derrière cet afflux massif de personnes, «par action ou omission».
«Vous pensez qu’on peut mobiliser 80 000 personnes, 90 000 personnes, 100 000 personnes, sans que le Maroc et les autorités marocaines s’en aperçoivent?», a lancé Juan Jésus Vivas.
Le Maroc a eu recours à la «pression migratoire pour mettre en péril l’intégrité territoriale de Ceuta, de l’Espagne et de l’Europe», a-t-il encore dénoncé.
Cette situation «intolérable» doit «recevoir une «réponse ferme de la part de l’Europe, en disant au Maroc que, si nous voulons une politique de coopération fructueuse et bénéfique, nous devons partir du respect, à commencer par celui des frontières».

La justice espagnole s’est officiellement saisie lundi d’une enquête sur l’entrée de dizaines de milliers de migrants fin juillet dans l’enclave nord-africaine de Ceuta, évoquant notamment des indices suggérant «une indéniable gestion favorisant» ce processus depuis le Maroc.
Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a pour sa part assuré jeudi dernier devant les députés n’avoir «aucune preuve» de l’implication du Maroc dans ce brusque afflux de migrants.
À Bruxelles, M. Vivas doit rencontrer mardi le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner, et la commissaire à la Méditerranée, Dubravka Suica. Ces deux responsables de l’exécutif européen rencontreront également le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, pour «discuter de la situation sur le terrain», a indiqué mardi un porte-parole de la Commission.
M. Vivas réclame en outre auprès des institutions européennes une aide financière pour aider Ceuta à obtenir le retour définitif de toutes les personnes qui y sont entrées fin juillet, et renforcer les infrastructures de l’enclave.
Bien que la grande majorité de ces migrants soient repartis peu après, plusieurs milliers d’entre eux — environ 5 000 selon le gouvernement central, 10 000 selon les autorités locales — se trouvent toujours dans l’enclave.