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Ce directeur d’école népalais a sauvé 900 élèves avant que les inondations n’emportent leur école

«J’ai immédiatement décidé d’interrompre les cours… et de faire sortir les enfants.»

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Rajendra Dawadi, enseignant à l'école secondaire Tribhuvan Trishuli, parle au téléphone portable dans la vallée de Trishuli, dans le district de Nuwakot au Népal, ce lundi 31 août 2026. Photo AP Rajendra Dawadi, enseignant à l'école secondaire Tribhuvan Trishuli, parle au téléphone portable dans la vallée de Trishuli, dans le district de Nuwakot au Népal, ce lundi 31 août 2026. Photo AP (Rajesh Kumar Singh)

Rajendra Dawadi se trouvait dans sa salle de classe lorsque le comptable de l’école a fait irruption pour lui annoncer une alerte: des crues déferlaient dans la vallée du Trishuli, au Népal, emportant sur leur passage des maisons, des ponts et des villages entiers.

Puis, un enseignant a reçu un autre avertissement par téléphone. Quelques instants plus tard, une mère est arrivée pour ramener son enfant à la maison. Le danger n’avait pas encore été confirmé, mais M. Dawadi avait peu de temps pour agir. Il a sonné la cloche de l’école et a ordonné à ses élèves et au personnel de sortir du bâtiment et de se diriger vers un terrain plus élevé.

«J’ai immédiatement décidé d’interrompre les cours… et de faire sortir les enfants», a-t-il raconté à l’Associated Press.

Alors qu’il les suivait vers une colline voisine, les eaux de crue montaient derrière lui. Depuis la sécurité du flanc de la colline, il s’est retourné pour voir l’école où il avait lui-même été élève — et où il avait enseigné pendant des années — disparaître sous un torrent d’eau, de boue, de rochers et de débris. Deux membres du personnel n’ont pas pu s’échapper et sont toujours portés disparus.

Sa décision d’évacuer l’école a sauvé la vie d’au moins 900 élèves lors des crues soudaines dévastatrices survenues la semaine dernière au Népal, provoquées par l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya. Cette catastrophe a fait plus de 900 morts au Népal et en Chine, tandis que plus de 4700 personnes sont toujours portées disparues.

Alors que le Népal est aux prises avec cette catastrophe naturelle, l’histoire de M. Dawadi apparaît comme un exemple saisissant de clairvoyance et de courage.

L’école secondaire Tribhuvan Trishuli, située dans la vallée de Trishuli, au centre-nord du Népal, comptait 1643 élèves. Au moins 900 d’entre eux se trouvaient sur le campus ce matin-là, tandis que certains élèves étaient encore en route vers l’école. M. Dawadi a ordonné à ceux qui étaient déjà sur place de partir et a appelé les chauffeurs d’autobus, leur demandant de ne s’arrêter qu’à des endroits plus sûrs.

Crue dévastatrice au Népal: le bilan continue de s'alourdir Les dégâts sont considérable au lendemain d'un torrent dévastateur qui a balayé le Népal, près de la frontière avec le Tibet.  Des opérations de recherche se poursuivent alors que le bilan des victimes s'alourdit.

Un autobus, bondé d’élèves, avait déjà atteint l’école lorsque M. Dawadi a demandé au chauffeur de faire demi-tour. L’autobus a traversé un pont nouvellement construit et, quelques instants plus tard, l’ancien pont situé à côté s’est effondré.

Pour le directeur, l’ampleur des dégâts a pris une dimension personnelle, car l’école était à la fois son lieu de travail et une grande partie de sa vie.

«Je suis sans voix. J’ai fait mes études dans cette école. Et j’y ai enseigné», a-t-il confié.

La destruction de son école n’est pas un cas isolé.

Dans tout le nord du Népal, les inondations ont privé des milliers d’enfants de salles de classe, perturbé leur scolarité et fait craindre que la catastrophe ne leur fasse perdre des mois d’études. L’organisme de bienfaisance Save the Children a déclaré dans un communiqué qu’au moins 69 écoles du nord du Népal ont été complètement détruites, mettant en péril la scolarité de près de 19 000 élèves.

La vivacité d’esprit et la réaction rapide du directeur pendant la catastrophe ont été saluées comme un acte d’héroïsme. Lorsqu’il est retourné sur les lieux de l’école quelques jours plus tard, les parents l’ont serré dans leurs bras pour le remercier d’avoir sauvé leurs enfants.

«Leurs parents m’ont serré dans leurs bras, ils ont pleuré avec moi», a-t-il dit. «Ils étaient très émus.»

Suvina Tamang, une élève de 14 ans, a expliqué que le bâtiment de trois étages de l’école avait été emporté peu après l’évacuation de tous les élèves. «Je le remercierai quand je le verrai de m’avoir sauvé la vie», a-t-elle affirmé.

Mais M. Dawadi hésite à endosser le rôle de héros. Pour lui, sauver ses élèves relevait de sa responsabilité. Il affirme aujourd’hui que les élèves auront besoin d’un accompagnement psychologique. Ensuite, les cours devront reprendre, même si l’école doit être temporairement relogée.

Son appel au gouvernement népalais est simple: reconstruire les écoles et permettre aux enfants de retourner en classe.