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Les multiples défis des sauveteurs après la crue meurtrière au Népal

«Les routes ont toutes été emportées par la vague, de nombreux secteurs sont encore totalement inaccessibles.»

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Crue dévastatrice au Népal: le bilan continue de s'alourdir Les dégâts sont considérable au lendemain d'un torrent dévastateur qui a balayé le Népal, près de la frontière avec le Tibet.  Des opérations de recherche se poursuivent alors que le bilan des victimes s'alourdit.

Englués, parfois jusqu’à la taille, dans une mer de boue grise et collante, ils explorent, creusent et sondent encore, à la recherche de rescapés de plus en plus improbables. Six jours après la crue qui a dévasté le nord du Népal, les sauveteurs sont à la peine.

«Les difficultés sont considérables», résume leur chef adjoint pour le district sinistré de Nuwakot, le policier E. Hawadi, en énumérant la longue liste des défis auxquels ses troupes sont confrontées.

«Il n’y a plus de routes», commence-t-il. «Elles ont toutes été emportées par la vague, de nombreux secteurs sont encore totalement inaccessibles.»

En certains points de la vallée, le niveau des eaux reste très élevé. «C’est très compliqué pour mes hommes», poursuit l’officier, «la région est encore inondée ou transformée en marécage».

Les experts attribuent la catastrophe à l’effondrement d’un glacier de cette région isolée de l’Himalaya, dont l’eau et les morceaux ont dévalé les pentes pour grossir soudainement les flots d’une rivière jusque-là paisible, emportant tout sur son passage.

«Les dégâts causés aux routes, points, habitations et infrastructures essentielles ont considérablement isolé les populations sinistrées, ce qui complique les opérations de secours», a souligné le Programme alimentaire mondiale (PAM) des Nations unies.

Les autorités du Népal et de Chine avaient récupéré lundi plus de 900 corps, et restaient toujours sans nouvelle de près de 5000 autres personnes, dont des centaines de touristes et de pèlerins étrangers.

Le Népal n’avait pas connu catastrophe aussi meurtrière depuis le séisme de 2015, qui avait fait 9000 morts.

Manque de tout

«Même si la tâche reste immense à cause de la météo défavorable, du terrain difficile et des risques qui persistent», a résumé sur les réseaux sociaux le premier ministre Balendra Shah, «nous avançons avec détermination pour protéger la vie des citoyens».

Six jours après le passage de la vague, le temps presse.

Mais dans un environnement désormais instable, les sauveteurs ne peuvent compter que sur l’hélicoptère et le drone pour s’approcher des zones les plus isolées ou y déposer vivres et matériel.

«Une fois que mes hommes sont déposés, ils doivent marcher sur de longues distances», poursuit le superintendant E. Hawadi. «Les hélicoptères ne peuvent rester sur place car nous n’en avons pas assez et nous en avons cruellement besoin ailleurs».

Des soldats de l'armée népalaise repêchent les corps des victimes d'une crue soudaine dans une rivière à Chitwan, au Népal, ce lundi 31 août 2026. Des soldats de l'armée népalaise repêchent les corps des victimes d'une crue soudaine dans une rivière à Chitwan, au Népal, ce lundi 31 août 2026. (Dar Yasin/AP Photo/Dar Yasin)

Pour limiter la durée de leurs rotations, les autorités ont installé le quartier général de campagne des secours dans une caserne militaire de Bidur, une petite ville des rives de la rivière Trishuli.

«Nous manquons aussi de main d’œuvre», ajoute le policier. Le gouvernement népalais affirme pourtant avoir mobilisé plus de 15 000 hommes. Le matériel fait tout autant défaut, selon l’officier.

«Nous avons besoin d’experts pour intervenir dans les tunnels (…) de frigos pour conserver les corps, de soutien médico-légal pour nous aider à les identifier», détaille le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lok Bahadur Poudel Chhetri.

Et puis les débris du pan de montagne qui s’est détaché la semaine dernière font peser la menace constante de la formation de nouvelles retenues d’eau en amont. À plusieurs reprises déjà, les autorités ont appelé les secours à se mettre en lui sûr, sur les hauteurs.

«C’est totalement imprévisible. De nouvelles inondations peuvent survenir à tout moment», avertit E. Hawadi, «il est donc hors de question de travailler la nuit».