Un expert en inondations met en garde contre le risque d’inondations dans certaines régions du Canada, alors que la neige fond et que les températures augmentent avec l’arrivée du printemps.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Les inondations sont toujours un problème au Canada», a indiqué jeudi Jason Thistlethwaite, professeur à la School of Environment, Enterprise and Development de l’Université de Waterloo, à l’émission Your Morning de CTV.
«Nous allons connaître un réchauffement rapide, en particulier avec les conditions météorologiques récentes. La pluie combinée à un sol gelé et saturé signifie que (l’eau) ne peut pas être absorbée», a expliqué M. Thistlethwaite.
«L’eau va trouver un endroit où aller, et elle va chercher les zones basses, ce qui signifie souvent qu’elle va se retrouver dans les sous-sols des maisons.»
— Jason Thistlethwaite, professeur à la School of Environment, Enterprise and Development de l’Université de Waterloo
Zones à haut risque d’inondation
Selon Sécurité publique Canada, Vancouver, Calgary, Edmonton, Toronto, Montréal, Ottawa-Gatineau et Fredericton sont situées dans des zones à haut risque d’inondation.
Les régions qui ont connu de fortes chutes de neige cet hiver et qui connaissent maintenant un temps plus chaud, comme l’Ontario et le Québec, pourraient être les plus touchées par les inondations, selon M. Thistlethwaite.
Certaines régions de l’Ontario ont commencé à avertir les communautés du risque accru d’inondations au cours de la semaine dernière.
Une plus grande sensibilisation est nécessaire
Toutefois, selon M. Thistlethwaite, il est possible de faire davantage pour informer les Canadiens sur les risques d’inondation.
«La plupart des gens pensent que, comme ils ne vivent pas près d’une rivière, d’un océan ou d’un lac, ils ne seront pas touchés par les inondations», a-t-il souligné. «En réalité, ce sont les inondations urbaines qui présentent le plus grand risque au Canada, donc ce sera dans les zones basses avec des infrastructures anciennes dans nos villes, des endroits comme Toronto.»
Environ une maison canadienne sur dix se trouve dans une zone à haut risque d’inondation, mais la plupart des gens l’ignorent, ajoute M. Thistlethwaite.
Une récente enquête nationale menée auprès de 2500 Canadiens dans 10 provinces, à laquelle M. Thistlethwaite a participé, a révélé que 94 % des personnes interrogées ne savaient pas qu’elles vivaient dans une zone désignée comme étant à risque d’inondation.
Le sondage, qui interrogeait les Canadiens sur leur opinion concernant les inondations, a également révélé que 81 % des répondants n’avaient pas consulté les cartes des zones inondables de leur communauté.
Une autre étude à laquelle il a participé, qui analysait l’évaluation des risques d’inondation et les pertes économiques potentielles des propriétés résidentielles canadiennes, a révélé que les dommages causés par les inondations résidentielles se situaient entre 1,4 et 3 milliards de dollars chaque année, dont 90 % provenaient des zones à haut risque d’inondation.
«Environ 10 % des Canadiens vivent dans des zones à haut risque d’inondation. Cela représente environ deux millions de personnes», a-t-il déclaré.
En mars, le Québec devrait publier une carte mise à jour indiquant les maisons situées dans une zone à haut risque d’inondation. Cette initiative fait suite aux importantes inondations qui ont touché la province en 2017 et 2019.
Ces inondations ont causé plus d’un milliard de dollars de dommages.
Un système public et accessible pour les Canadiens
Compte tenu de l’augmentation prévue des inondations dans certaines régions, M. Thistlethwaite estime qu’un système public permettant aux Canadiens de s’informer plus facilement sur les risques d’inondation serait idéal pour atténuer les pertes subies.
«Ces informations n’ont pas été rendues publiques de manière à ce que les propriétaires puissent y avoir accès. La plupart des pays, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, etc. (disposent d’un tel système). Il suffit de saisir son code postal sur un site web pour obtenir une vue d’ensemble très claire et transparente des risques d’inondation», explique-t-il.
«Cela aidera les Canadiens à savoir où se situent les risques et quelles mesures ils doivent prendre pour se protéger et informer leur communauté des mesures à prendre.»
