Des dizaines de pompiers américains et français débarquent en renfort au Québec pour aider la SOPFEU à combattre les feux de forêt qui sévissent dans la province.
En date de samedi, la SOPFEU recense près de 160 incendies actifs, dont la grande majorité se trouve dans la zone nordique, au-dessus du 50e parallèle. Des pompiers forestiers sont déployés au Nord-du-Québec, en Abitibi-Témiscamingue et en Côte-Nord.
«On a près de mille ressources qui sont mobilisées un peu partout», a affirmé Léa Bédard-Beaulieu, porte-parole pour la SOPFEU, qui précise que la capacité d’intervention de l’organisation est saturée, et ce, malgré l’aide envoyée par les autres provinces canadiennes.
Aux dizaines de pompiers néo-brunswickois, albertains, britanno-colombiens et prince-édouardiens qui luttent déjà contre les flammes sur le territoire québécois, s’ajoutent 18 pompiers des États-Unis et 43 sapeurs forestiers de la France.
Les renforts américains sont arrivés vendredi du Maine, du Connecticut, et du New Hampshire en vertu du Pacte des États du nord-est sur la protection contre les feux de forêt, alors que les pompiers français arrivent samedi. Ces derniers sont le fruit d’une entente conclue avec l’Unité internationale de sapeurs forestiers, une organisation privée.
Selon la SOPFEU, le nombre d’incendies qui font rage dans la zone nordique du Québec est bien au-delà de la normale.
«La moyenne de 10 ans, à la même date, c’est 50 feux, mais depuis le début de l’année, on en a eu 277», a souligné Mme Bédard-Beaulieu.
Quant au nombre de feux «en zone de protection intensive», qui englobe les régions au sud du 50e parallèle, la SOPFEU indique qu’il se trouve dans les moyennes de saison.
Mme Bédard-Beaulieu a rappelé de respecter les interdictions de feux à ciel ouvert en vigueur dans l’ouest du Québec qui s’appliquent à l’Abitibi-Témiscamingue, l’Outaouais, Lanaudière, dans les Laurentides et au Nord-du-Québec. L’interdiction doit être respectée, même en cas de pluie, a insisté la porte-parole.
«L’appel qu’on lance à la population, c’est de respecter ces mesures préventives, parce qu’on ne peut pas se permettre à ce moment-ci d’ajouter en plus des feux de cause humaine. On est déjà à pleine capacité», a affirmé Mme Bédard-Beaulieu.
Avertissement de fumée
Le panache des 200 feux de forêt déclarés en Ontario se déplace vers le Québec et risque d’affecter la qualité de l’air de certaines régions.
Environnement Canada a lancé une alerte jaune de mauvaise qualité de l’air pour l’Abitibi-Témiscamingue, l’Outaouais et le sud-ouest du Nord-du-Québec. Cependant, l’air devrait s’éclaircir au cours de la journée en raison d’un système dépressionnaire provenant du nord, a relevé Catherine Vallières, météorologue pour Environnement Canada.
«La circulation vient du Nord et elle amène avec elle de l’air plus fin, moins pollué, qui va venir chasser les particules polluantes», a expliqué Mme Vallières en début d’après-midi.
«L’épisode tire à sa fin. La qualité est en train de s’améliorer, mais on continue de surveiller la situation», a-t-elle ajouté.
L’agence calcule que les risques pour la santé seront tout de même élevés samedi pour ceux qui résident dans les environs de Gatineau. «Réduisez ou réorganisez les activités exténuantes en plein air. Les enfants et les personnes âgées devraient également modérer leurs activités», peut-on lire sur le site d’Environnement Canada.
Environnement Canada prévoyait que la qualité de l’air chuterait au cours de la journée de samedi. Vers 16 h 30, Environnement Canada a lancé un avertissement de mauvaise qualité d’air pour le sud du Québec, incluant Montréal ainsi que des parties de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie.
«Cet après-midi et tôt ce soir, la fumée provenant des feux de forêt cause une mauvaise qualité de l’air et une visibilité réduite par endroits», peut-on lire dans l’avertissement.
Cependant, Mme Vallières indique que l’impact sera modéré et que le smog ne devrait pas empêcher les personnes en bonne santé de pratiquer leurs activités à l’extérieure.
«Ça va glisser un petit peu sur Montréal en fin d’après-midi, mais on ne s’attend pas à ce que ça entraîne une mauvaise qualité de l’air. Il y aura une petite dégradation, mais pas au point où la qualité sera mauvaise », a précisé Mme Vallières.
Le Centre interservice des feux de forêt du Canada dénombre près de 950 feux actifs à la grandeur du pays, dont 78 se seraient déclarés samedi. Les nuages de fumée provenant de ces brasiers canadiens se déplacent également vers le sud de la frontière et nuisent à la qualité de l’air de plus de régions aux États-Unis.
Le président Donald Trump a d’ailleurs menacé vendredi d’augmenter les droits de douane contre le Canada en raison de la fumée provenant des incendies de forêt en Ontario.
«Nous tenons le Canada pour responsable du fait qu’il n’entretient pas correctement ses forêts et la végétation qui s’y trouve, et que les États-Unis sont inutilement envahis par un air sale, pollué et malsain, dont la qualité est dangereuse et totalement inacceptable!», a déclaré le président.

