Méfiez-vous des ouragans dont le nom commence par la lettre «I».
La neuvième lettre de l’alphabet arrive en tête de toutes les autres en ce qui concerne le nombre de tempêtes de l’Atlantique ayant reçu un nom et dont le nom a été retiré au fil des décennies en raison de leurs ravages ou de leur lourd bilan humain.
Le prochain sur la liste est Isaias, qui est devenu le premier ouragan de la saison atlantique mercredi soir. Reste à voir s’il sera à la hauteur des ravages causés par les autres ouragans dont il partage la première lettre. Les dernières prévisions semblaient moins alarmantes que celles d’autres tempêtes plus redoutables.
L’ouragan Isaias devait toucher terre sur la côte nord du golfe du Mexique tard vendredi ou tôt samedi, selon le Centre national des ouragans de Miami.
«Nous devons simplement nous préparer au pire», a expliqué Jeff Collier, maire de Dauphin Island, en Alabama, une île-barrière de 15 milles (24 kilomètres) de long située à l’embouchure de la baie de Mobile. «Nous prenons toutes les tempêtes au sérieux dès qu’elles pénètrent dans le golfe.»
Les ouragans de l’Atlantique portent des noms depuis 1953, et 100 d’entre eux ne sont plus utilisés. On dénombre 14 tempêtes dont les noms commençant par « I » ont été retirés, dont 12 au cours de ce siècle. Si l’on inclut les ouragans du Pacifique oriental et central, cette liste de noms commençant par «I» retirés s’élève à 20.
Dix noms de tempêtes de l’Atlantique commençant par «F» ont été retirés, suivis par «C» avec neuf, puis «D» et «M» avec huit chacun, selon une liste établie par le centre des ouragans.
Pourquoi «I» est-elle une lettre si inquiétante?
Les ouragans commençant par «I» se produisent généralement au milieu de la saison, qui s’étend du 1er juin au 30 novembre, lorsque le réchauffement des eaux océaniques peut amplifier considérablement l’énergie d’une tempête.
Le moment choisi par Isaias fait exception à cette tendance, en raison du phénomène météorologique actuel super El Niño, qui a freiné la formation d’ouragans dans l’Atlantique jusqu’en septembre tout en générant des tempêtes dans toute la région du Pacifique.
L’ouragan Isaias est arrivé à un jour près d’égaler un record vieux de 121 ans, celui du premier ouragan de la saison atlantique à s’être formé le plus tardivement.
Question de coûts
Parmi les 55 ouragans les plus coûteux à avoir frappé les États-Unis, une douzaine commençaient par la lettre «I», dont quatre figurent parmi les 10 premiers.
L’ouragan Ian, de catégorie 4, en 2022, s’est classé au 3e rang avec des dommages s’élevant à 119,6 milliards de dollars. Ian a frappé la Floride avec une telle violence qu’il a rasé des quartiers entiers, projeté des bateaux sur les autoroutes, emporté des plages et inondé des maisons jusqu’au toit.
L’ouragan Ida, qui a dévasté certaines régions de la Louisiane en 2021, s’est classé au sixième rang des ouragans les plus coûteux, avec 84,6 milliards de dollars de dommages. Irma, de catégorie 4, a ravagé les Keys de la Floride en 2017, se classant au huitième rang avec un coût de 64 milliards de dollars. Ike, de catégorie 2, a touché terre près de Galveston, au Texas, en 2008, se classant au dixième rang avec 43,2 milliards de dollars de dommages. L’Administration nationale océanique et atmosphérique a précisé que ces chiffres étaient basés sur le coût ajusté selon l’indice des prix à la consommation de 2024.

En 2020, ils ont épuisé leur liste de noms, puis arrive Iota
La saison des ouragans de 2020 a épuisé la liste alphabétique des noms de tempêtes de cette année-là dès la mi-septembre. Les tempêtes suivantes ont donc été identifiées à l’aide de lettres grecques, notamment Iota, la 30e tempête nommée de cette année qui a battu tous les records.
Iota, un ouragan de catégorie 4, a dévasté le Nicaragua et le Honduras en novembre 2020, seulement deux semaines après le passage d’un autre ouragan dans la région.
L’Organisation météorologique mondiale, qui supervise la dénomination des tempêtes, a par la suite décidé de ne plus utiliser l’alphabet grec pour les futures tempêtes, invoquant un risque de confusion lors de la traduction dans d’autres langues. À la place, une liste supplémentaire de noms sera utilisée lorsque la liste standard sera épuisée au cours d’une saison donnée.
Ivan a causé 118 tornades au cours de sa trajectoire
L’ouragan Ivan a ravagé l’île de Grand Cayman en 2004, endommageant ou détruisant environ 95% des bâtiments de l’île, a indiqué le Service météorologique national. Il s’est ensuite abattu sur les États-Unis, engendrant 118 tornades de la Floride à la Pennsylvanie, soit plus que tout autre système tropical depuis le début des relevés modernes en 1950, a précisé le service météorologique. La tempête a causé 124 décès, dont 57 aux États-Unis.
L’ouragan Ivan s’est formé pendant un épisode El Niño, et a suivi une trajectoire sinueuse. Après avoir touché terre près de Gulf Shores, en Alabama, il s’est dirigé vers la Virginie, puis est redescendu par le sud-est de la Floride, avant de regagner le golfe du Mexique et le Texas.
Irene parmi les ouragans les plus coûteux de sa catégorie
En 2011, l’ouragan Irene a entraîné des autos dans les rivières, emporté des ponts couverts, plongé des millions de personnes dans l’obscurité et causé la mort de dizaines de personnes. Il a touché terre le long de la côte de la Caroline du Nord, puis a bifurqué vers le nord en suivant un corridor densément peuplé. La ville de New York a été directement touchée, mais les pluies les plus abondantes se sont abattues plus à l’intérieur des terres.
Au Vermont, la tempête a fait six morts, a emporté des maisons de leurs fondations et a endommagé ou détruit plus de 200 ponts et 500 milles (805 kilomètres) d’autoroute. Il s’agit de l’ouragan de catégorie 1 le plus coûteux jamais enregistré aux États-Unis depuis au moins 1980, avec des dommages totaux estimés à 18,8 milliards de dollars.
