Les villes situées de part et d’autre de la frontière canado-américaine se préparaient lundi à subir de nouvelles répercussions économiques après l’échec des négociations commerciales et l’intensification de la guerre tarifaire entre les deux pays.
Le maire de Sarnia, Mike Bradley, a déclaré que ce différend commercial sera «néfaste pour l’emploi» dans sa ville. Sarnia, une grande ville frontalière de l’Ontario et pôle pétrochimique majeur, est en effet un important exportateur de plastiques, l’un des groupes de produits visés par les derniers droits de douane américains.
Il a soutenu la réponse du gouvernement fédéral, mais a averti que le climat de soutien au sein de sa communauté pourrait être mis à rude épreuve une fois que les pleines conséquences de la guerre tarifaire se feront sentir.
«Tout le monde peut se montrer solidaire à ce stade. Lorsque les conséquences se feront réellement sentir, avec des pertes d’emplois et des secteurs d’activité dévastés, je pense qu’il sera beaucoup plus difficile de maintenir la cohésion de l’opinion publique canadienne», a-t-il déclaré, tout en appelant les autres dirigeants à faire front commun.
Le premier ministre Mark Carney a promis une riposte à hauteur de chaque dollar imposé par les droits de douane américains de 50 % appliqués à environ 28 milliards $ de produits canadiens, après l’échec des négociations commerciales. Ces mesures de rétorsion canadiennes entreront en vigueur le 8 septembre et cibleront des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, les pâtes et papiers, l’électronique et l’électroménager.
Les tensions se sont à nouveau intensifiées lundi lorsque le président Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % sur les automobiles, les pièces automobiles et l’acier canadiens à compter du 1er janvier. Sa menace visait également l’acier, déjà assujetti à un droit de douane de 50 %.
Ces nouvelles menaces ont suscité l’inquiétude à Windsor, cœur de l’industrie automobile canadienne. Le maire Drew Dilkens a expliqué que ces droits de douane entraîneraient des pertes d’emplois s’ils étaient imposés, mais il espère que «la raison l’emportera» d’ici là.
M. Dilkens a souligné que les élections de mi-mandat américaines à venir seraient l’occasion de mettre en lumière les conséquences potentielles d’un différend tarifaire dans les États indécis, comme le Michigan voisin.
«Cette guerre menée par Donald Trump contre le Canada, son principal partenaire commercial, se révélera un échec retentissant pour les États-Unis, et il y aura des victimes collatérales si elle perdure», a ajouté M. Dilkens.
Plusieurs gouverneurs démocrates des États frontaliers américains se sont prononcés la fin de semaine dernière contre la réponse de Washington.
La gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, a affirmé que les habitants de son État frontalier étaient «particulièrement touchés» par ce différend commercial, arguant que les droits de douane faisaient grimper les coûts pour les familles et les entreprises et menaçaient les constructeurs automobiles de son État.
La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a déploré que le président «cherche inutilement la confrontation» avec les alliés des États-Unis.
