🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Les consommateurs canadiens sont «anxieux», constate le patron de Dynamite

Le chef des finances, Jean-Philippe Lachance, qualifie les ventes comparables canadiennes de «stagnantes».

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Des gens passent devant un magasin Garage, à Montréal, le vendredi 15 novembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Des gens passent devant un magasin Garage, à Montréal, le vendredi 15 novembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

Les clientes canadiennes des magasins de vêtements Garage et Dynamite ont moins le goût à la dépense que les Américaines, constate le grand patron de l’entreprise québécoise propriétaire des deux enseignes.

«Vous avez une économie américaine qui est vraiment, vraiment forte, affirme Andrew Lutfy, lors d’une conférence téléphonique, jeudi, avec les analystes financiers. L’économie canadienne est définitivement plus faible.»

Il qualifie la croissance économique «d’anémique» et constate que les ménages canadiens sont «anxieux».

Au contraire, l’économie américaine «roule à plein régime», juge M. Lutfy. «Le chômage est bas, l’endettement des ménages est bas et la croissance des revenus est grande.»

Le son de cloche est différent de ceux d’autres détaillants québécois qui ont des activités aux États-Unis. La direction d’Alimentation Couche-Tard, par exemple, a signalé à quelques reprises dans les derniers trimestres que le coût de la vie était une préoccupation pour les Américains.

L’humeur est différente pour les Américains de la classe moyenne supérieure, qui se trouvent dans une meilleure posture financière.

«C’est une économie en forme de “K” là-bas (aux États-Unis). Au sommet, les consommateurs sont plus résilients dans une économie qui est plus résiliente.»

—  Andrew Lutfy, patron de Dynamite

Le chef des finances, Jean-Philippe Lachance, qualifie les ventes comparables canadiennes de «stagnantes». Cette donnée mesure la progression des ventes en excluant les ouvertures et les fermetures de magasins.

Pour l’ensemble de l’entreprise, les ventes comparables ont augmenté de 12,3 % en excluant l’effet de devise, ce qui démontre que les activités sont plus dynamiques aux États-Unis. En comparaison, la progression était de 25,7 % à la même période l’an dernier.

Résultats supérieurs aux attentes

Au deuxième trimestre clos le 1er août, Dynamite a dévoilé des résultats financiers supérieurs aux attentes, même si le rythme de la croissance des ventes comparables diminue.

La direction en a profité pour bonifier ses prévisions. Elle prévoit que ses revenus augmenteront de 25 % à 27 % au cours de l’exercice en cours. La fourchette précédente était de 22 % à 25 %.

La société a dévoilé un bénéfice net de 113,4 millions $ par rapport à 63,9 millions $ à la même période l’an dernier.

Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 0,96 $. Les revenus, pour leur part, ont progressé de 29,8 % pour s’établir à 423,6 millions $.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 0,80 $ et des revenus de 401,4 millions $, selon la firme de données financières LSEG.

«L’attention des investisseurs va continuer de porter sur les ventes comparables au cours de la deuxième moitié de l’année, mais nous croyons que les principaux vecteurs de croissance sont intacts», réagit l’analyste Brian Morisson, de Valeurs mobilières TD, dans une note.

L’action de Groupe Dynamite a gagné 2,25 $, ou 3,96 %, à 59,12 $ à la fermeture de la séance à la Bourse de Toronto.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX: GRGD)

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste