La ministre fédérale de l’Industrie et ministre responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Mélanie Joly, a tenté de rassurer les entreprises face au choc tarifaire en lien avec la guerre commerciale avec les États-Unis.
Lors d’une conférence de presse avec la Chambre de commerce du Montréal, la ministre Joly a réitéré que les tarifs douaniers sont en vigueur et qu’il faut continuer de «se battre» pour protéger la souveraineté canadienne.
«Les tarifs sont présents et on doit diminuer les risques géopolitiques», a lancé Mme Joly, précisant aux entrepreneurs qu’il faut un «plan pour diversifier le marché, diversifier les produits et diminuer leur exposition au marché américain.»
Mme Joly a également expliqué qu’il ne fallait pas attendre un changement d’administration aux prochaines élections présidentielles américaines, car le changement de politique n’est pas garanti.
Ottawa poursuit les discussions avec différents élus américains, dont des démocrates et futurs candidats aux présidentielles. Ils prévoient aussi des discussions avec des républicains «très influents», a indiqué Mme Joly.
D’ailleurs, lors de la conférence de presse lundi à Montréal, la ministre Joly a tenu à rassurer les entreprises en rappelant l’objectif du gouvernement Carney.
«On va continuer de protéger vos intérêts et d’essayer avoir une bonne entente», a-t-elle ajouté. «Mais, l’entente ne peut pas être au détriment de notre souveraineté. [...] ce sont des considérations économiques mais aussi géopolitiques et culturelles.»
«On va continuer à se battre pour protéger cela», a-t-elle dit, précisant que les efforts en vigueur ont pour but de protéger le Québec, le Canada et les prochaines générations.
Retour sur les dernières attaques de Trump
Rappelons que la semaine passée Donald Trump a continué de s’en prendre au Canada dans des publications sur les réseaux sociaux, alors que Mark Carney se rendait aux États-Unis pour la première fois depuis l’échec des négociations commerciales.
Alors que M. Carney partait pour New York afin d’assister à l’Assemblée générale des Nations unies, M. Trump a publié lundi un message indiquant qu’il envisageait de conclure un accord avec le Bélarus pour l’achat de potasse agricole plutôt que de s’approvisionner auprès du Canada.
Les premières déclarations du président américain ont été condamnées lundi par le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, qui a estimé que l’achat de potasse bélarusse était contraire à l’éthique en raison de l’implication de ce pays dans l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Des chefs de file du secteur et des économistes se sont également interrogés sur la manière dont les États-Unis pourraient se procurer de la potasse à moindre coût auprès du Bélarus, alors que le Canada est beaucoup plus proche et dispose d’une infrastructure de chaîne d’approvisionnement fiable.
Cette décision faisait suite à l’annonce par le premier ministre Mark Carney de son «ambition» de devenir le premier membre associé de l’Union européenne, ce à quoi Trump a répondu qu’il riposterait s’il considérait cela comme un «acte hostile».
Le président américain est ensuite revenu en partie sur ces propos, déclarant que les États-Unis continueraient à s’approvisionner auprès du Canada, mais le Bélarus souhaiterait vendre ce produit à un prix bien inférieur.»
Mercredi, le président s’en est de nouveau pris au Canada, publiant sur les réseaux sociaux que le pays était en train de «s’autodétruire» en laissant entrer des millions de personnes pratiquement sans contrôle ni vérification».
Mark Carney et Donald Trump ne se sont pas rencontrés alors que les deux dirigeants se trouvaient à New York pour l’ONU, et aucune rencontre n’était prévue entre le premier ministre et des membres de l’administration américaine.
Avec des informations de La Presse canadienne

